En 2035 il sera interdit en Europe de vendre des voitures thermiques. Cette décision de Bruxelles oblige les constructeurs présents sur le vieux continent à s’adapter et les marques commencent déjà à proposer des voitures électriques. Symbole de ce changement en cours, il s’est vendu en France en septembre 2022 plus de voitures électriques neuves que de diesel.
Mais alors que tout le monde semble vouloir mettre les voitures thermiques à la poubelle, des chercheurs de l’IFPEN (institut français du pétrole et des énergies nouvelles) ont trouvé un début de solution pour sauver ces voitures.
Ils proposent en effet de transformer les voitures thermiques en voitures à hydrogène. Dans son test, l’IFPEN reprend le même fonctionnement que le passage à l’E85. La première étape serait donc l’installation d’un boîtier électronique au niveau du moteur. Cela permettra à la machine de recalculer son rythme de combustion.
Quelques modifications et le tour est joué
En plus de cet ajout électronique, les chercheurs demandent à ce que le réservoir et le circuit d’injection soient adaptés à ce nouveau carburant. Une fois ces modifications faites, la voiture peut rouler simplement avec de l’hydrogène. L’autonomie est très intéressante (aussi grande qu’une voiture thermique), mais c’est surtout le temps nécessaire pour recharger la voiture qui séduit.
Il faut en effet entre 40 et 90 secondes pour faire « son plein », les automobilistes ne seront donc pas vraiment perturbés, eux qui passent en moyenne 3 minutes dans les stations-service. Mais le plus grand avantage de ce passage à l’hydrogène, c’est le côté écologique de la voiture.
En effet, en roulant à 120 km/h autour des 3000 tr/min, le moteur expérimental de l’IFPEN n’a émis aucune molécule de CO2. Quelques particules fines ont quitté le pot d’échappement, mais c’est beaucoup moins qu’avec une voiture diesel.
Malgré cet atout environnemental, l’hydrogène est aujourd’hui une solution qui divise dans le monde de l’automobile. Des entreprises comme Hyperion ou encore le français Hopium tentent de viabiliser ce nouveau système tandis que de grands groupes comme Volkswagen suivent de près l’évolution de ce marché, sans directement se positionner.
La voiture à hydrogène : une vraie solution ?
Car produire de l’hydrogène pour remplir ces voitures demande aujourd’hui d’utiliser l’industrie des hydrocarbures. Une situation qui freine de nombreux acteurs, soucieux de l’impact environnemental de cette production.
Face aux difficultés de l’électrique, notamment sur les longues distances, un dernier groupe d’expert préconise le compromis. Bertrand-Olivier Ducreux, ingénieur transport et mobilité pour l’ADEME, l’explique bien.
Pour lui l’avenir de l’automobile se trouve dans la voiture électrique, mais les solutions à hydrogène ne sont pas à oublier pour autant. Elles pourront être utilisées pour de longs trajets ou par des professionnels. Dans la ville de Pau, une ligne de bus a déjà été équipée de modèles à hydrogène.
Ce nouveau mode de consommation est à l’étude dans plusieurs grandes villes pour faire la bascule sur les lignes de transport en commun incapable de fonctionner à l’électrique sur les centaines de kilomètres à parcourir tous les jours.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
L’adaptation consiste sans doute à faire fonctionner un moteur thermique avec de l’hydrogène et non à installer une pile à combustible.