« Le luxe ne connaît pas la crise ». Distillée à l’envi dans les journaux, cette célèbre expression pourrait-elle être révolue en ces temps difficiles ? En tout cas, les problèmes économiques parviennent aujourd’hui à tracasser Porsche, une marque pourtant située au sommet de la pyramide automobile. En parallèle d’une conjoncture particulièrement complexe, le constructeur paie cash ses erreurs stratégiques.
Ainsi, après un premier plan présenté cet été visant à réduire de près de 15 % ses effectifs d’ici 2029, Porsche réduit aussi la voilure en compétition. Parmi les nombreuses disciplines dans lesquelles la marque est engagée, c’est le Championnat du Monde d’Endurance FIA (WEC) qui en fait les frais. Le hurlement strident du moteur hybride de la 963 LMDh pourrait donc vivre ses derniers mois, au profit de la Formule E et de l’IMSA américaine.
Des ventes électriques poussives chez Porsche
« Dans ce contexte concurrentiel, nous allons continuer à accélérer le développement de véhicules hautes performances », déclare dans un communiqué Michael Steiner, membre du directoire en charge du développement chez Porsche AG. Véritable vitrine pour les constructeurs, la treizième saison de la Formule E qui se tiendra en 2026/2027 réclamera des investissements himalayesques avec des monoplaces électriques de nouvelle génération.
Plantée au milieu de l’océan houleux de l’industrie automobile, la marque allemande doit en plus composer avec une demande en voitures électriques plus faible que prévu. Un vrai coup dur pour celle qui avait le plus misé sur les véhicules à batterie. Comme un feuilleton, les revirements de situation se multiplient. Après avoir annoncé que le Macan ne serait qu’électrique, Porsche fait machine arrière avec une version thermique attendue pour 2026.
Les 24 Heures du Mans sur la sellette ?
L’histoire se répète pour le coupé 718 qui ne devait initialement carburer qu’aux électrons. Forcément, ces changements de dernière minute engrangent d’importantes dépenses qui risquent de mettre la marque encore plus en difficulté. À cela s’ajoutent des ventes en baisse en Chine où Porsche se heurte désormais à une concurrence extrêmement agressive proposant des modèles très performants à prix attractifs.
Et les ennuis se poursuivent outre-Atlantique, où les droits de douane américains grignotent encore la marge du constructeur. Bref, où tailler davantage pour conserver une rentabilité minimale ? Encore en compétition ? Quid des coûteuses 24 Heures du Mans, où Porsche présente un palmarès spectaculaire (19 victoires) ? La marque ne s’est pas encore prononcée sur le sujet mais son possible départ fera grand bruit sur une planète automobile déjà mal en point.

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