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Les enfants de centenaires vivent-ils plus longtemps ? Une étude démontre que cet « avantage biologique » peut se transmettre génétiquement

Si vous avez un parent qui souffle ses cent bougies, cela ne vous garantit pas nécessairement l’immortalité, mais vous avez de plus fortes chances, vous aussi, d’atteindre un âge vénérable.

Aujourd’hui, même s’ils n’ont jamais été aussi nombreux, les centenaires ne représentent environ que 0,01 % de la population mondiale. D’un point de vue médical, il est désormais établi que plusieurs atouts les distinguent du reste de l’humanité, expliquant leur longévité exceptionnelle : marqueurs sanguins particuliers, cellules immunitaires plus combattives contre les tumeurs, meilleure résistance à l’inflammation, profil métabolique et rénal préservé…

On ignorait, en revanche, si elle pouvait « se transmettre » d’une génération à l’autre, et surtout, si elle persistait une fois les habitudes de vie, le tabagisme, la consommation d’alcool, le niveau socio-économique et le degré d’instruction mis de côté. La plus vaste étude jamais menée sur le sujet vient d’être publiée, le 26 août, dans la revue JAMA Network Open. Menée par une équipe de généticiens et de chercheurs en gérontologie de l’Albert Einstein College of Medicine, de l’Université de Boston et du Tufts Medical Center, elle s’est appuyée sur l’analyse de trois vastes cohortes longitudinales de référence : LonGenity, le New England Centenarian Study et la UK Biobank.

L’hérédité a-t-elle le dernier mot sur le grand âge ?

Au total, 2 319 descendants de centenaires ont été comparés à 2 703 individus témoins dont les parents n’avaient pas dépassé 85 ans, sur des périodes de suivi allant de 16 à 29 ans selon la cohorte.

À âge équivalent, les enfants de centenaires affichent un risque de décès inférieur de 42 %, un risque de maladie cardiovasculaire réduit de 33 % et un risque d’hypertension artérielle abaissé de 32 %. Même lorsque ces pathologies finissent, un jour, par se déclarer, elles surviennent, en moyenne, cinq ans plus tard (hypertension). Quant au décès, il est repoussé de trois ans en moyenne par rapport au reste de la population testée.

Un avantage qui résiste à tous les correctifs statistiques appliqués par les chercheurs : que ce soit le tabac, l’alimentation, l’exercice physique, les revenus ou l’éducation. Un résultat qui oriente très fortement l’explication vers des mécanismes biologiques héréditaires, et non vers un simple héritage culturel de bonnes habitudes.

Un privilège biologique qui ne concerne toutefois pas toutes les pathologies : l’incidence des cancers, par exemple, reste inchangée et la protection contre les AVC n’apparaît que dans deux des trois cohortes, ce qui interdit de généraliser ces conclusions. Les auteurs ne prétendent pas non plus avoir identifié quels gènes sont responsables de cette meilleure résistance au vieillissement pathologique ; ils démontrent qu’ils existent, ce qui est déjà considérable d’un point de vue médical. À charge désormais pour la génomique de mettre un nom sur ces protecteurs ; si elle y parvient, nos approches thérapeutiques de la lutte contre le vieillissement pourraient être complètement chamboulées.

  • Les enfants de centenaires présentent un risque de décès inférieur de 42 % et des maladies cardiovasculaires réduites de 33 %.
  • Les facteurs environnementaux n’affectent pas cette longévité, suggérant une transmission génétique des avantages biologiques.
  • Des recherches futures en génomique visent à identifier les gènes responsables de cette meilleure immunité face à la sénescence.

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Par : Gouvernement français
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