Chouette, un petit V8 de 4.5 l pour cet essai, le rédac’ chef a été bien généreux sur ce coup ! Comment ça, il n’en est rien ? M’aurait-on menti ? Un rapide tour de la – grosse – carcasse du bébé me permet effectivement de constater la terrible vérité : rien. Enfin, si, un coffre de 58 l pouvant contenir un bagage cabine et un orifice bleu ciel permettant de faire l’appoint en lave-glace, mais pas le moindre cylindre en vue.
Pour le coup, l’inscription « 4.5 S » flanquée sur le hayon risque d’en flouer plus d’un car celle-ci n’indique aucunement la cylindrée du Sealion 7 mais plutôt le temps nécessaire pour abattre le 0 à 100 km/h. Une chinoiserie finalement compréhensible puisque ce chrono est très honorable pour un SUV familial accusant près de 2,4 tonnes sur la balance. Il faut dire que les deux électromoteurs développant 530 ch et 690 Nm de couple n’y sont pas étrangers…
BYD Sealion 7 : un style plutôt original
Ce qui demeure en revanche une curiosité est notre sujet du jour. Une auto chinoise, ce n’est pas encore très commun sur nos routes, ce qui interpelle, forcément. Surtout quand elle a son propre design, ce qui est le cas du BYD Sealion 7, dont le centre de style n’a pas effrontément pompé sur les voisins européens. De fait, bien qu’il s’agisse d’un énième SUV coupé, le chinois montre des lignes inédites qui ne sont pas désagréables.
Ses feux en crochets surmontant de généreuses entrées d’air signent une face avant proche de celle de la berline Seal. L’air de famille est aussi manifeste de profil, où le SUV jouit de lignes plutôt fluides accentuées par la présence de poignées érectiles favorisant l’aérodynamisme. A l’arrière, c’est surtout la ligne plongeante surplombée par deux becquets qui se fait remarquer, couronnée d’un bandeau de feux singeant des écailles, bien entendu.
BYD Sealion 7 : un habitacle surprenant
On avait coutume de dire que les marques chinoises, c’est de la quincaillerie, voire de la camelote. Le BYD Sealion 7 tord violemment le cou à ces idées reçues puisque c’est bien la qualité de finition qui étonne, plus encore que l’originalité de sa planche de bord. Si les assemblages sont assez sérieux dans le global, c’est surtout le choix des matériaux utilisés qui aura de quoi choquer les réfractaires de la première heure.
Le cuir Nappa matelassé recouvrant les sièges impressionne en effet par sa qualité tandis que les assises se révèlent moelleuses et douces au toucher. Les contreportes multiplient les surpiqûres alors que le cache airbag se voit lui aussi gainé de cuir. D’autre part, de l’aluminium vient encore rehausser l’ambiance intérieure. Bref, hormis les menus plastiques durs en partie inférieure, l’ensemble n’a absolument pas à rougir face aux ténors allemands du segment.
BYD Sealion 7 : à conduire, ça dérape… littéralement
Là où les concurrents d’outre-Rhin peuvent en revanche donner des leçons, c’est bien sur le bitume, où le BYD Sealion 7 n’est pas franchement au point. Je ne dirai nullement qu’il s’agit d’une voiture dangereuse mais plutôt que l’on a affaire à une auto qui passe à côté de ce qu’elle est censée être. Bien sûr, les 530 équidés de la version Excellence envoient du bois en ligne droite et les reprises sont diablement efficaces.
Mais dès que le tracé se met à serpenter, le résultat n’est guère convaincant car on a l’impression de conduire un char surmotorisé. En d’autres termes, le châssis ne parvient pas à encaisser décemment la puissance des deux électromoteurs. De plus, les suspensions peinent à contenir dignement le roulis alors que la direction se montre bien trop légère pour lire précisément le revêtement.
BYD Sealion 7 : un confort tout juste correct
Cet amortissement chewing-gum laisse logiquement présager un confort de premier ordre. Eh bien ce n’est pas vraiment le cas non plus. Les suspensions, qui adoptent des amortisseurs à fréquence variable, se révèlent assez fermes, que l’on soit en ville ou sur route, preuve que le calibrage des ressorts semble encore manquer de soin par rapport aux européens. Le Sealion 7 n’est donc ni moelleux, ni dynamique. Le mode One Pedal est par ailleurs absent.

Les sièges se révèlent heureusement confortables et embarquent en série une fonction chauffante et ventilée, appréciable en ces températures caniculaires. Pour autant, la position de conduite n’est pas parfaite puisque le volant souffre d’une amplitude de réglages limitée, notamment en vertical. On se consolera avec une insonorisation réussie grâce au double vitrage avant livré d’office sur toutes les versions, rendant le mammouth reposant sur autoroute.
BYD Sealion 7 : un voyageur bien gourmand
Cependant, malgré la batterie maousse costaud de 91,3 kWh, l’autonomie réelle du Sealion 7 ne mérite pas une flopée de louanges. La faute à une consommation élevée causée par la masse du bestiau (plus de 2,4 tonnes en Excellence) combinée à ses deux machines électriques, loin d’être les plus efficientes qui soient. Avec un débit compris entre 28 et 30 kWh/100 km, le rayon d’action autoroutier dépasse tout juste les 300 km.

Pour profiter davantage de la taille de la pile, il faudra abaisser la vitesse, voire emprunter le réseau secondaire où la consommation parvient à glisser sous les 25 kWh/100 km. En ville, c’est encore mieux, avec moins de 20 kWh/100 km, ce qui demeure cependant excessif par rapport à la concurrence. La bonne nouvelle, c’est que le Sealion 7 parvient à regagner aussi rapidement ses kilowattheures avec une charge en courant continu pointant à 230 kW. Attention, la batterie de 82,5 kWh se limite en revanche à 150 kW, ce qui est très décevant.
BYD Sealion 7 : un bon sens de l’accueil
Les dimensions généreuses du Sealion 7 profitent pleinement à l’habitabilité. Ainsi, l’espace ne manque pas à l’avant comme à l’arrière, où la place aux jambes est impressionnante et la largeur aux coudes, très bonne. Seule la garde au toit pourra gêner les plus grands en raison de la ligne de toit fuyante. Aussi, la place arrière centrale n’est pas des plus confortables à cause d’un dossier extrêmement dur.
Le coffre, pour sa part, accuse un volume de 520 l, ce qui est légèrement moins que la concurrence. Son plancher est réglable en hauteur, mais sur une trop petite amplitude pour que cela soit réellement pertinent. On aurait d’autre part aimé que les dossiers de banquette soient rabattables depuis le coffre. Un rangement de 58 l logé à l’avant est également de la partie. Mais là encore, sa capacité est trop restreinte et on pourra seulement y ranger une petite valise.
BYD Sealion 7 : un multimédia acceptable
Oh oui, qu’il est rigolo cet écran tactile pivotant à l’envi ! Mais soyons honnêtes, il s’agit juste d’un gimmick tant la dalle de 15,6 pouces est peu pratique à la verticale. Revenons donc au format paysage pour une meilleure facilité d’usage. Et là, on remarque immédiatement une interface fluide aux graphismes modernes. L’ergonomie, par contre, n’est pas optimale puisque les icones pullulent souvent de manière illogique.
Impossible aussi de ne pas voir l’inspiration très Tesla de l’interface, avec notamment les commandes de ventilation constamment affichées en partie basse. L’instrumentation de 10,25 pouces, pour sa part, présente une multitude d’informations… peut-être même trop d’informations qui se bousculent sur l’afficheur. Chaque centimètre carré devient cher et cela manque d’épuration, surtout quand les indications deviennent minuscules.
BYD Sealion 7 : pas si discount que cela
Minuscule n’est en revanche pas l’adjectif idoine pour désigner le prix du BYD Sealion 7. A 46 990 €, le chinois est plutôt cher dans l’absolu. Replacé dans son univers de concurrence, il reste également au-dessus de certains rivaux comme le Tesla Model Y (44 990 €) ou le Xpeng G6 (42 990 €) qui n’ont pourtant rien à lui envier. Les deux compères profitent en effet d’une meilleure autonomie et se paient le luxe de se recharger encore plus vite en courant continu.
Le Sealion 7 peut leur opposer sans sourciller une qualité de finition supérieure, surtout en version Excellence facturée 56 490 €. Pour avoir un intérieur aussi léché, il faut aller chercher le premium représenté par l’Audi Q6 e-tron et le Mercedes EQE SUV. Mais là, les tarifs explosent puisqu’il faudra débourser respectivement 72 170 € et 85 300 €. Et c’est sans compter les options pour rattraper l’équipement de série du chinois !
Particulièrement généreux, celui-ci comprend la pompe à chaleur, le toit panoramique, le hayon électrique, les jantes de 19 pouces, les vitres avant feuilletées, les sièges arrière chauffants, la sonorisation Dynaudio à 12 haut-parleurs, la caméra 360°, la recharge V2L ou encore la conduite semi-autonome de niveau 2. Bref, le Sealion 7 courtise par sa dotation, ce qui, au final, n’a rien de surprenant.
BYD Sealion 7 : notre avis

Le BYD Sealion 7 réalise une percée en demi-teinte. L’effort est salutaire, notamment sur la qualité du mobilier, mais demeure au global insuffisant pour inquiéter les références du secteur. Le chinois souffre en premier lieu d’une consommation trop élevée, même rapporté à sa puissance. Cela impacte grandement l’autonomie, qui n’est pas aussi bonne qu’escompté. L’ergonomie de l’infodivertissement est également imparfaite alors que l’absence de planificateur d’itinéraire complique les longs trajets.
Mais le Sealion 7 butte surtout sur le réglage brouillon de son châssis qui ne se montre pas assez confortable à train de sénateur et pas suffisamment tenu à allure plus soutenue. Une plus grande finesse dans la gestion des aides à la conduite aurait aussi été appréciée. Dommage, car les 530 ch de la version Excellence assurent effectivement de belles performances tandis que l’équipement de série ne mérite aucune critique.
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