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Guerre spatiale : comment la Chine et la Russie prévoient d’anéantir Starlink le moment venu

Des documents confidentiels dévoilent le plan établi par la Chine et la Russie pour neutraliser Starlink, jusqu’à envisager la destruction physique de ses satellites. La guerre spatiale prend un nouveau tournant.

Une enquête conjointe menée par trois médias, The Insider, Der Spiegel et Le Monde, lève le voile sur une coopération militaire entre la Russe et la Chine bien plus poussée qu’on ne le pensait. Menée sur un an, cette investigation a débuté lorsqu’une source anonyme a transmis des documents cruciaux au magazine allemand. Il s’agissait de quatre présentations PowerPoint livrées lors du troisième Forum de coopération militaro-technique Russie-Chine, qui s’est déroulé à Ghanghzou. Ce rendez-vous bilatéral, qui existe depuis 2020 seulement, était tenu dans la plus grande des discrétions.

Un protocole de travail signé à Moscou en juin 2023, entre des responsables militaires russes et chinois, a également pu être consulté par les journalistes. Ensemble, ces documents couvrent plusieurs domaines stratégiques clés établis entre les deux puissances, et ce qu’ils révèlent est ahurissant.

Starlink Operateur
© Below the Sky / Shutterstock.com

Un plan en trois niveau

Au cœur de cette entente, on retrouve l’ambition pure et simple de détruire Starlink. Car la constellation de SpaceX dispose aujourd’hui d’une emprise colossale sur le monde occidental, qui va bien au-delà du simple fournisseur d’accès à Internet. Son rôle sur le champ de bataille ukrainien est primordial : il coordonne les évacuations médicales, guide les tirs d’artillerie et pilote les drones en temps réel.

De même, son lien extrêmement fort avec le Pentagone, à travers le service Starshield, en fait une cible stratégique de premier ordre. Problème, son architecture distribuée, sans réel point central, rend le dispositif quasiment impossible à neutraliser par des moyens classiques. Si l’on savait que la Russie avait déjà le dispositif en ligne de mire, il semble que c’est aussi le cas de l’Empire du Milieu. Selon la Société de sciences et technologies aérospatiales (CASC) de Chine, principale entreprise publique spatiale du pays, Starlink a imposé un « blocus spatial » en orbite basse. Un narratif qui lui permet de présenter une attaque contre la constellation comme de la légitime défense.

L’organisation propose une escalade en trois niveaux. Le premier reste diplomatique, puisqu’il s’agit de bâtir une coalition internationale afin d’imposer des limites réglementaires à l’expansion de Starlink, en s’appuyant sur les risques de collision en orbite. Le deuxième niveau, lui, vise à bloquer le système par la régulation et le brouillage.

Ainsi, la Chine et la Russie déposeraient conjointement des demandes sur les fréquences et créneaux orbitaux critiques afin, là aussi, de bloquer son évolution future. Le document présente d’ailleurs cette étape comme une contre-mesure militaire à part entière. En parallèle, les deux pays fusionneraient leurs programmes anti-satellites respectifs en un système commun de brouillage électromagnétique, capable de neutraliser Starlink dans des zones géographiques ciblées.

Le troisième niveau va encore plus loin puisqu’il prévoit la destruction physique du réseau. D’abord par une cyberattaque pour infiltrer des logiciels malveillants via les terminaux utilisateurs et paralyser le système. Puis par l’élimination des satellites eux-mêmes, à l’aide d’armes en mesure d’en neutraliser un grand nombre à la fois. Un concept russe de billes métalliques est évoqué, il criblerait les panneaux solaires des satellites, et ferait très probablement des dégâts sur les engins à proximité.

Les alternatives locales à Starlink

Face aux plus de 10 000 satellites de Starlink, les alternatives chinoises Guowang et Qianfan cumulent à peine 350 à 380 satellites lancés. Côté russe, le projet Rassvet n’en compte qu’une quarantaine. Impossible de rattraper un tel écart à court terme.

Une coopération extrêmement poussée face aux États-Unis.

Mais cette vendetta contre Starlink ne représente qu’un volet du programme. Les deux pays ont également conclu, en juin 2023, un protocole sur le développement d’un système de défense antiaérienne et antimissile capable d’intercepter des missiles hypersoniques américains en phase terminale, c’est-à-dire juste avant qu’ils n’atteignent leur cible. Les objectifs de performance fixés dépassent tout ce dont dispose aujourd’hui l’armée russe, y compris le S-500, son missile le plus avancé.

On apprend, en outre, que les puissances entendent allier leurs forces communes. Car, si la Chine dipose de 160 types de drones, elle ne possède que très peu de retour d’expérience réel, contrairement à la Russie. Le V2U, une technologie exploitée par les forces russes, embarquerait d’ailleurs une IA, des capteurs lidar et des batteries chinoises.

Même logique sur les blindés : les pertes russes en Ukraine servent de base à un véhicule de nouvelle génération, pendant que Pékin et Moscou se répartissent les rôles pour contourner les sanctions occidentales sur les semi-conducteurs.

En Europe, l’inquiétude monte face à la montée de cette menace. Johann Wadephul, ministre allemand des Affaires étrangères, juge la situation « extrêmement préoccupante ». Car le partage de technologies de défense antiaérienne par Moscou est jugé comme inédit, témoignant d’un rapprochement sans précédent entre les deux nations.

  • Des documents inédits révèlent que la Chine et la Russie ont élaboré un plan concret pour neutraliser Starlink, jusqu’à sa destruction physique en orbite.
  • Le partenariat va bien plus loin : les deux pays développent aussi un système anti-missile capable de dépasser tout ce dont dispose la Russie aujourd’hui.
  • La situation est jugée préoccupante par les alliés européens.

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Par : Opera