La Société Générale a parcouru un fabuleux chemin en trois ans. Car le 18 septembre 2023, la première journée investisseurs de Slawomir Krupa, fraîchement désigné pour succéder à Frédéric Oudéa, s’est soldée par un échec cuisant en Bourse. Le titre a chuté de 12 % en une seule séance, en raison d’une feuille de route jugée excessivement prudente.
Mais finalement, la méthode Krupa, fondée sur la discipline opérationnelle et la tenue stricte des engagements, a convaincu même les plus sceptiques. Depuis 2023, l’action de la Société Générale a grimpé de plus de 220 %, et la banque a même signé la plus forte progression de l’ensemble de l’indice CAC 40 sur la seule année 2025 avec une envolée de 153 %.
Fort de ce bilan, le groupe aborde sa nouvelle étape stratégique. Dans un communiqué officiel publié à l’occasion de sa journée investisseurs, il indique vouloir « ancrer une culture de performance durable et renforcer la rentabilité de l’ensemble de ses activités ». Ainsi, la banque aborde la période 2026-2029 avec des ambitions rehaussées, bien décidée à transformer l’essai de son redressement.

Entre 500 et 600 millions d’euros d’économies grâce à Claude
Sur le plan des coûts, l’entreprise maintient une trajectoire stricte et vise une réduction brute de ses charges de 1,9 milliard d’euros d’ici à 2029. Une baisse qui doit s’effectuer sans plan de départs massifs, en misant principalement sur le non-remplacement des départs naturels. C’est sur un levier bien précis que la Société Générale compte s’appuyer pour respecter ses objectifs : l’intelligence artificielle (IA).
Elle a ainsi annoncé un partenariat avec Anthropic afin de déployer massivement l’outil Claude à tous les niveaux de l’entreprise. Grâce à l’automatisation des tâches administratives complexes et la simplification du quotidien des équipes, la banque prévoit de générer entre 500 et 600 millions d’euros de gains de productivité. « L’intégration de l’intelligence artificielle générative constitue un moteur essentiel de notre efficacité opérationnelle et de la modernisation de nos métiers », note-t-elle.
Société Générale vise désormais une rentabilité des capitaux propres (ROTE) comprise entre 13 % et 14 % à l’horizon 2029, avec la volonté d’avoir « franchi un palier décisif pour installer durablement le groupe parmi les banques européennes les plus performantes ».
S’adapter aux nouvelles habitudes de consommation
Mais ce n’est pas tout. Cette transformation passe aussi par une refonte en profondeur de l’activité de banque de détail en France. La banque rapproche ses réseaux sous une direction unique pour s’adapter aux nouvelles habitudes des clients. BoursoBank devient ainsi le moteur de la gestion au quotidien et des services 100 % en ligne pour l’ensemble des clients. Elle vise 14 millions d’utilisateurs d’ici à 2029, contre 9 millions aujourd’hui.
Les agences physiques, elles, vont se concentrer sur le conseil à forte valeur ajoutée, l’accompagnement des projets complexes et la gestion de patrimoine. L’idée est d’« offrir à chaque segment de clientèle le modèle le plus adapté, alliant la fluidité du digital et l’expertise de nos conseillers ».
Ces engagements s’accompagnent d’un signal fort envoyé au marché : la banque prévoit en effet de redistribuer plus de 21 milliards d’euros à ses actionnaires sur les trois prochaines années, sous forme de dividendes et de rachats d’actions.
- Société Générale a dévoilé sa feuille de route 2026-2029.
- Elle mise sur l’intelligence artificielle et une réorganisation de sa banque de détail pour générer des gains de productivité décisifs.
- Le groupe prend un virage stratégique fort en confiant la gestion digitale du quotidien à BoursoBank, tandis que ses agences physiques se recentrent sur le conseil patrimonial à forte valeur ajoutée.
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