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Avec ce nouveau moteur surpuissant, Blue Origin muscle sa fusée New Glenn pour faire de l’ombre à Starship

Blue Origin accélère après une période compliquée. Au programme, un nouveau moteur ultra-puissant, et un étage inédit pour sa fusée phare.

Blue Origin a profité de la conférence UP.Summit, organisée au centre spatial Kennedy en Floride, pour dévoiler deux innovations majeures à venir sur sa fusée géante New Glenn. À commencer par Northstar, un nouveau moteur pour le premier étage, voué à devenir la pièce maîtresse du lanceur.

Ainsi, ce propulseur va fonctionner avec le même mélange de carburant que l’actuel BE-4, du méthane et de l’oxygène liquide (methalox). Mais c’est sur le plan des performances et de la fabrication que le bond est colossal : Northstar va afficher une poussée de 715 000 livres-force (environ 3 180 kilonewtons), surpassant nettement les 640 000 livres (environ 2 847 kilonewtons) de son prédécesseur.

Surtout, il a été pensé pour être beaucoup plus simple sur le plan industriel grâce à des avancées majeures en fabrication additive. Plus de 65 % du moteur est directement imprimé en 3D, de quoi réduire de moitié le nombre de pièces et alléger la structure de 30 %. Résultat, le coût de production est divisé par quatre par rapport au BE-4, et le temps d’assemblage d’un moteur est réduit à moins d’une seule journée.

Une rapidité illustrée par le calendrier de développement du projet, passé de l’approbation initiale aux premiers essais en seulement 11 mois, assure Blue Origin.

New Glenn Tir
© Blue Origin

Le 3e étage GS3, pour la Lune et l’espace profond

Mais ce n’est pas tout, car pour propulser sa fusée au-delà de l’orbite terrestre, l’entreprise de Jeff Bezos a également dégainé un tout nouvel étage supérieur : le Glenn Stage 3 (GS3). Il viendra s’intégrer directement dans l’inter-étage sans rogner sur le volume de la coiffe, et sera propulsé par un moteur BE-7, développé à l’origine pour l’atterrisseur lunaire Blue Moon.

Le GS3 va offrir à la fusée des capacités décuplées, lui permettant d’assurer des injections directes vers l’orbite géostationnaire, située dans le plan de l’équateur à une altitude de 35 786 kilomètres, ou vers la Lune. Afin de le rendre le plus léger possible, Blue Origin a opté pour des réservoirs en matériaux composites capables de stocker de l’hydrogène liquide, un défi technique immense et inédit en raison de la volatilité du gaz.

Blue Origin Gs3
© Blue Origin

Une période difficile pour Blue Origin

Des annonces d’envergure, qui interviennent dans une période charnière pour la société. Elle doit en effet tourner la page d’un printemps très délicat avec la perte d’un satellite en avril dernier, puis l’explosion accidentelle de New Glenn sur son pas de tir un mois plus tard.

Mais ce n’est pas suffisant pour freiner ses ambitions. Le PDG Dave Limp vise un rythme de 1 000 lancements annuels. Et pour y parvenir, Blue Origin a récemment levé 10 milliards de dollars lors du tout premier tour de table de ses 26 ans d’histoire. Le timing est crucial : New Glenn pourrait participer au retour de l’être humain sur la Lune si Starship n’est pas prête à temps.

  • Blue Origin a dévoilé le moteur Northstar, une version plus puissante destinée à remplacer à terme le BE-4 sur ses lanceurs New Glenn.
  • L’entreprise a également présenté le GS3, un troisième étage innovant en matériaux composites conçu pour propulser des charges directement vers la Lune dès 2028.
  • Ces annonces interviennent alors que le constructeur tente de rebondir après ses récents échecs.

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