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La Pologne veut devenir une fabrique géante pour la guerre, en plus de la plus grande armée d’Europe

En parallèle à son ambition de devenir la plus grande armée d’Europe, Varsovie veut s’approvisionner et compter majoritairement sur une production locale. Désormais, les tanks, drones, missiles et munitions seront polonais, pour assurer sa résilience face aux perturbations mondiales.

Parmi les principaux pays exposés à la Russie, la Pologne prend très au sérieux les prédictions des renseignements américains, affirmant que Moscou devrait attaquer un pays de l’OTAN dans un avenir proche. Depuis l’année dernière, Varsovie communique sur son ambition à devenir « la plus grande armée d’Europe » devant l’Allemagne et la France.

Elle compte aujourd’hui 212 000 hommes et vise à dépasser le cap des 300 000 en 2030. Son budget alloué à la défense a encore augmenté, passant de 44 milliards d’euros en 2025 à 53 milliards d’euros cette année. Le pays fait partie des prétendants à atteindre l’objectif des 5 % de son PIB alloué à la guerre d’ici 2035, avec l’Estonie.

Le 31 août 2026, Reuters a soulevé une autre tendance dans la politique polonaise liée à l’armement. En plus d’un renforcement dans ses rangs et d’une augmentation du budget consacré à l’armement, Varsovie a aussi quadruplé ses dépenses en matière d’armement spécifiquement tourné vers des entreprises nationales.

La Pologne compte augmenter sa résilience face à « des perturbations mondiales » en privilégiant sa production locale. « Le fait qu’un produit soit utilisé par notre armée et qu’il soit fabriqué en Pologne prend une importance croissante », a confirmé à l’agence de presse le vice-ministre des Biens de l’État, Konrad Golota.

« Si vous voulez vendre en Pologne, vous devez investir en Pologne, vous devez transférer des technologies, vous devez travailler avec nous sur des projets communs », ajoutait le vice-ministre.

armee pologne europe
© Shutterstock / FotoDax

De nouvelles opportunités pour les entreprises de la défense polonaises et étrangères

Au cours de l’année écoulée, les entreprises de défense polonaises ont bel et bien rapporté cette augmentation des dépenses d’investissement. Pour de nombreuses entreprises, auparavant trop en retard et petites pour concurrencer des fournisseurs étrangers, de nouvelles opportunités se créent.

Même si la Pologne continue de débourser des centaines de millions d’euros dans les missiles Patriot américains, les chars Abrams et les avions de chasse F-35, des responsables polonais ont indiqué à Reuters que la priorité pour les drones, les tanks, les munitions et les missiles est une production locale. « Cela garantir un approvisionnement indépendant en première ligne en cas de besoin », déclarait le ministre de la Défense et vice-premier ministre, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz.

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Pour les entreprises étrangères, cela voudra aussi dire que leurs productions devront être délocalisées en Pologne, si celles-ci comptent profiter du budget généreux de Varsovie. L’addition d’une forte dynamique d’investissement par l’Etat et la nécessité de venir produire localement pourrait être un cercle vertueux pour la Pologne.

Certains de ces fournisseurs tournent déjà à un régime important pour fournir l’Ukraine, à l’instar de CSG, une société basée en République tchèque, devenue fournisseur de munitions à l’Ukraine. Elle a signé ces derniers mois une série d’accords visant à accroître sa production en Pologne. Le fabricant d’armes polonais Grupa Niewiadow produira aussi des munitions de 155 mm avec KNDS Ammo France (180 000 cartouches par an à partir de l’année prochaine).

« Pendant des années, les approvisionnements en provenance des États-Unis ont été une priorité pour garantir l’interopérabilité de l’OTAN », a déclaré Rod. « Désormais, la Pologne cherche également à assurer sa résilience face aux perturbations mondiales en se tournant davantage vers les fournisseurs régionaux et européens. » Des pays devraient essayer de se greffer à cette dynamique polonaise. Parmi eux, Reuters mentionne la Slovaquie et la Hongrie.

« La demande générée par le programme de modernisation de la défense polonaise justifie l’implantation de sites de production à grande échelle, qui peuvent être intégrés aux chaînes d’approvisionnement européennes et contribuer à la redondance et à la résilience du système industriel de défense européen », a aussi déclaré l’entreprise allemande Rheinmetall.

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