Les régulateurs ont échoué, le week-end dernier, à trouver une solution pour que la Silicon Valley Bank (SVB) puisse se faire racheter. Les dépositaires de la banque en faillite se sont retrouvés lundi matin sans annonce à ce sujet, mais avec une bonne nouvelle : le gouvernement s’est lancé dans un plan de renflouement, et prend la responsabilité de redonner aux dépositaires l’accès à leurs fonds.
Pas de repreneur encore, et un établissement placé sous tutelle, catégorisé “systémique”, dont les dépôts des clients, évaporés par l’effondrement de la banque, sont artificiellement de retour grâce à l’État. L’heure est venue d’accélérer la cadence et chercher un compromis – un plan B. Une nouvelle vente aux enchères se prépare.
Le choix du gouvernement de voler au secours de la banque et de ses clients a été jugé comme une “trahison” et comme “une perte de discipline financière” par les plus libéraux. Mais après, qui continuera de s’occuper d’eux ? Qui remboursera les prêts contractés par la Réserve fédérale (FED) ?
Sans surprise, les intéressés se font rares et on ne se pousse pas pour rafler la mise. La banque a beau avoir été la 16e plus importante aux États-Unis, elle se concentre sur un secteur spécifique (la tech) et des entreprises dépendantes du capital-risque, dans une dynamique plus délicate en 2023. Pour l’heure, aucune grande banque n’a déposé d’offre.
La deuxième vente aux enchères arrive
La Federal Deposit Insurance Corp (FDIC) a repris le contrôle sur la Silicon Valley Bank et se charge aujourd’hui d’organiser une séance de ventes aux enchères. Dimanche dernier, elle s’est pourtant soldée par un échec. Il se pourrait que le plan soit maintenant d’aller viser plusieurs acheteurs, qui se répartiront les actifs de l’établissement en fonction de leurs parts, lors d’une seconde vente.
Le Wall Street Journal, qui s’est procuré les notes du briefing de la FDIC au Sénat sur le sujet, a néanmoins dit que la date de la prochaine vente aux enchères n’était pas clair.
Au Royaume-Uni, HSBC a repris la filiale locale de la SVB, ce qui permettra aux clients locaux de retrouver l’accès à leurs fonds. Qui encaissera le coup côté américain ? Sur place, où l’établissement possède le plus gros de ses clients (des milliers de startups et de fonds d’investissement).
Sans accès à leurs fonds le week-end dernier, une génération entière de startups risquait le dépôt de bilan. Sans accès à leurs fonds, elles se retrouvent dans l’incapacité de payer leurs employés, survivre en attendant qu’elles deviennent rentables, et investir.
Il ne reste plus qu’à attendre pour savoir quand la seconde phase de vente sera organisée, et si des repreneurs se montreront intéressés maintenant. Avant son effondrement, la Silicon Valley Bank comptait de nombreux actionnaires dont The Vanguard Group (10,9 % de parts), SSgA Funds Management (5,22 %) mais aussi JP Morgan (3,67 %) et BlackRock (2,27 %).
Depuis 2008 et la crise des subprimes, aucun défaut bancaire ne s’était présenté. Les craintes de contagion sont élevées, d’autant plus que la remontée des taux et le manque de liquidités dans les caisses des banques ont aussi anéanti Silvergate Bank et Signature Bank.
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