Jamais, un conseiller fédéral, n’y avait mis les pieds en 23 ans. À Pyongyang, jeudi 29 octobre, le responsable Ignazio Cassis a inauguré un nouveau bureau diplomatique censé aider à « maintenir un contact direct avec la RPDC », la République populaire démocratique de Corée.
Le bureau, qui a ouvert en réalité le 19 octobre dernier, vient mettre fin à six ans d’absence. Précédemment rattaché à celui de Pékin, il avait fermé en 2020, lors de la pandémie de Covid.
« Après plusieurs années d’isolement, la Corée du Nord reprend progressivement ses contacts diplomatiques », a déclaré Nicolas Bideau, le porte-parole du Département des affaires étrangères (DFAE), avant d’ajouter que « la Suisse saisit cette occasion pour renouer le dialogue ».
Arrived in #Pyongyang 🇰🇵
#Switzerland will open a diplomatic office to maintain direct contact with the DPRK from Pyongyang and support our #GoodOffices.
#Dialogue remains essential for peace and stability in the region. https://t.co/L8VK6xBmgi
— Ignazio Cassis (@ignaziocassis) October 29, 2026
« Dans une période de fortes tensions géopolitiques, nous avons besoin de davantage de canaux de communication, pas de moins. La Suisse cherche à se rendre utile là où ses bons offices peuvent faire la différence », expliquait le porte-parole, rappelant la position historique du pays à vouloir offrir un terrain neutre, discret et sécurisé pour accueillir des négociations entre des blocs ennemis qui se parlent peu ou pas du tout.
La Corée du Nord n’est pas totalement isolée alors qu’elle entretient des liens de plus en plus étroits avec la Russie et la Chine. Depuis quelques jours, un pont suspendu de 3 kilomètres de long a été inauguré, avec 4 voies routières, sur le fleuve Yalu. Ce dernier relie la ville chinoise de Dandong à la ville nord-coréenne de Sinuiji.
La France, à Pyongyang, ne possède aucune ambassade. Son absence s’explique notamment, car, notre pays, à l’instar de l’Estonie, ne reconnait pas officiellement le régime de la Corée du Nord sur le plan diplomatique. Le seul pays occidental présent à Pyongyang est la Suède. Sa présence y est devenue une forme d’assistance consulaire indirecte quand les diplomates occidentaux cherchent à y aller.
L’Occident renouvelle ses sanctions à la Corée du Nord
Toujours soumis aux sanctions internationales, le régime autoritaire de Kim Jong-un mène toujours une forte pression sur ses voisins, et notamment la Corée du Sud. Le 22 septembre, Pyongyang testait de nouveaux missiles hypersoniques, capables de voler à 5 fois la vitesse du son.
En même temps que la Confédération helvétique inaugurait son nouveau bureau, l’Allemagne, l’Australie, le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, la République de Corée, le Royaume-Uni et l’Union européenne publiaient une déclaration commune à l’encontre du régime.
« Tout au long du mois d’octobre et encore aujourd’hui l’Union européenne ainsi que les gouvernements de l’Australie et des États-Unis ont imposé des sanctions visant le recours par la République populaire démocratique de Corée (RPDC) à des travailleurs à l’étranger, ses activités cybernétiques malveillantes et les acteurs participant à la coopération illicite entre la RPDC et la Russie », peut-on y lire.
« Ces mesures s’inscrivent dans leurs efforts visant à entraver la capacité de la RPDC à appuyer le développement illicite de ses programmes d’armes de destruction massive et de missiles balistiques, ainsi ».
Parmi les principales sanctions de l’Occident envers la Corée du Nord, il faut noter celle de l’interdiction des exportations clés, pour ne pas que le pays puisse faire affaire avec son charbon, son fer et son plomb notamment. Un embargo sur l’énergie est aussi en place, avec des livraisons limitées sur le pétrole brut et les produits pétroliers raffinés. L’importation de textiles nord-coréens est également bannie par l’UE, tout comme les exportations d’articles de luxe.
Les autres sanctions sont de l’ordre bancaire et financier (gel des avoirs, interdictions de transactions, coupure du système financier) mais aussi sur le travail et les transports (travailleurs expatriés, transports aériens et maritimes), bien que la Corée du Nord arrive à infiltrer de nombreuses entreprises internationales.
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