Aujourd’hui, l’avenir que l’on imagine pour notre monde n’est pas forcément des plus plaisants. Crises économiques, tensions géopolitiques grandissantes, pénuries alimentaires et d’eau, réchauffement climatique qui s’accélère… Tout n’est pas rose, loin de là. Dans les années 1960, et plus particulièrement en 1967, le ton était tout à fait différent. Walter Cronkite, présentateur et journaliste américain de renom, connu pour avoir présenté le journal télévisé CBS Evening News pendant presque 20 ans, faisait partie de ces personnes qui aimaient s’imaginer un futur radieux.
Un avenir truffé de technologies extrêmement avancé et ponctué de bouleversements sociétaux. Le plus drôle dans tout cela, c’est que certaines de ses prédictions se sont avérées étonnamment précises, mais d’autres sont tombées à l’eau. Explorons ensemble le vrai et le faux de ces projections futuristes.
Des prévisions technologiques précises
Walter Cronkite était surnommé « l’homme le plus fiable d’Amérique » (rien que ça !), proposa des prédictions pour le moins surprenantes dans le cadre de sa série télévisée explorant le 21ᵉ siècle baptisé The 21st Century. Parmi ces visions d’avenir, l’une des plus saisissantes concernait les systèmes de navigation GPS. Cronkite dépeignit avec une certaine clairvoyance « un système d’aide à la conduite, d’information et de routage » guidant les conducteurs grâce à des signaux intégrés aux routes elles-mêmes.
Bien que cette intégration de signaux aux infrastructures routières ne se soit jamais concrétisée, la prédiction de Cronkite s’avéra tout de même assez proche des technologies que l’on utilise. Aujourd’hui, de nombreux conducteurs utilisent le GPS à travers l’usage d’applications comme Waze ou Google Maps. Nous avons donc fait mieux, en intégrant ces dispositifs directement dans les véhicules plutôt que dans le réseau routier, mais il y avait de l’idée dans sa proposition.
Les clairvoyances de Cronkite ne s’arrêtèrent pas là. Il testa également un « médecin mécanique » dans le cadre de sa série, une espèce de chaise médicale capable de réaliser des électrocardiogrammes instantanément. Une innovation que l’on peut considérer comme une cousine (très) lointaines des montres intelligentes comme l’Apple Watch ou des Galaxy Watch.
Des anticipations manquées : l’échec des voitures sur rails et des robots domestiques
Cependant, certaines des visions futuristes émises par Cronkite demeurèrent dans les limbes de l’irréalisé. Il envisageait notamment que les voitures seraient acheminées sur des rails incorporés aux routes, permettant ainsi un voyage automatisé à travers le pays. Une conception trop ambitieuse qui ne se concrétisa jamais, entravée bien évidemment par la complexité et le coût faramineux qu’aurait impliqué la mise en œuvre d’un tel système à grande échelle.
Par ailleurs, Cronkite imaginait un avenir où les hovercrafts et petits sous-marins personnels permettraient d’explorer les profondeurs océaniques et d’en extraire les ressources. Si ces technologies existent bel et bien, elles n’ont cependant jamais atteint l’usage domestique ou quotidien escompté par Cronkite dans ses prédictions.
Il imaginait également un avenir où tous les foyers bénéficieraient de l’aide de robots entièrement automatisés, conçus spécifiquement pour s’atteler aux tâches domestiques. Une automatisation généralisée qui reste, pour le moment, encore très loin d’être atteignable au vu de la difficulté d’incorporer des systèmes d’IA dans les robots. Plutôt que des robots multifonctions, ce sont plutôt des appareils très spécialisés comme les aspirateurs robots qui ont connu un véritable essor sur le marché domestique.
Les attentes économiques et sociales : une image optimiste mais incomplète
Les prédictions de Cronkite concernant le revenu moyen des ménages à l’aube du 21ᵉ siècle s’avérèrent quelque peu éloignées de la réalité. Il envisageait que ces revenus atteindraient 15 000 à 25 000 dollars après impôts en l’an 2000. Pourtant, les chiffres effectifs démontrèrent un revenu moyen nettement plus élevé, avoisinant les 42 000 dollars.
Toutefois, cette estimation omettait un facteur clé : l’impact de l’inflation et la stagnation consécutive des salaires réels. Ainsi, en termes de pouvoir d’achat, les gains réels s’avérèrent moins impressionnants qu’escompté par Cronkite.
Cronkite n’était donc pas entièrement dans le faux lorsqu’il spéculait sur l’an 2000, même si certaines de ses prévisions restent en total décalage avec la réalité que nous connaissons vraiment. Les réflexions de cet homme, mort en 2009, nous rappellent au moins une chose : l’anticipation du futur reste un exercice très complexe et les conclusions que l’on en tire sont souvent plus révélatrices de l’époque d’où elles émanent que du futur lui-même.
- Dans les années 1960, Walter Cronkite, journaliste américain, animait l’émission The 21st Century où il s’amusait à établir des prévisions pour l’an 2000.
- Parmi celles-ci, certaines se sont révélées plutôt justes : la navigation GPS et les dispositifs de monitoring de santé personnels.
- D’autres étaient plus fantasques ou techniquement infaisables : voitures sur rails et robotique domotique généralisée.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
On se sera trompé dans le passé pour imaginer notre présent ce qui nous interroge sur la fiabilité de nos prévisions pour l’avenir, bien entendu.
Peut-on raisonnablement concevoir que nos erreurs de prévisions s’amenuisent avec le temps, que la fiabilité pour envisager maintenant l’an 2124 est plus importante que celle de 1924 pour 2024 ? Le savoir s’accroît avec le temps, mais avec le temps la complexité s’accroît et se nourrit de paramètres nouveaux.
Nous étions à New York au moment du World Fair 1962, je me souviens de mon émerveillement de gosse à découvrir un téléphone muni d’un tout petit écran affichant la personne à l’autre bout du fil, démonstration alors de ce qu’il était possible de réaliser et d’envisager pour le futur… il aura fallu attendre quelques décennies tout de même.
Finalement une vie humaine est bien courte et ne nous autorise que des horizons bien proches.