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Le New Space est face à son plus grand défi, la rentabilité

Le “New Space” n’arrive plus à séduire les investisseurs. Ils attendent désormais des résultats et la concrétisation des promesses faites.

C’est l’heure de vérité pour le « New Space ». Cet ensemble de start-up travaillant dans le domaine spatial a connu une forte croissance juste avant la pandémie, grâce notamment à des investissements records. Mais aujourd’hui les conséquences de la crise se font ressentir et les investisseurs sont de plus en plus frileux.

Ce manque de capital se fait déjà ressentir dans plusieurs entreprises qui n’ont plus assez d’entrée de liquidités pour suivre leur croissance à deux chiffres. Selon la société Euroconsult, la baisse des investissements dans le « New Space » serait un vrai drame.

Le marché serait passé de 11,5 milliards de dollars en 2021, à 4,8 milliards en 2022. Le pire restant à venir avec une année 2023 qui tourne pour le moment autour des 2,7 milliards de dollars.

Le temps des doutes et des déceptions

Après près d’une décennie « euphorie collective, il est désormais temps de faire le tri. Les nombreuses strat-up qui ont reçu des financements promettaient toutes de révolutionner le monde d’ici à 2030, un objectif qui se rapproche de plus en plus.

Alors que les premiers échanges (test en orbite, lancement commercial…) arrivent à grands pas, les investisseurs décident de patienter et d’observer le marché. Dans cet Hunger Games spatial, toutes les entreprises ne franchiront pas le cap de la réalité expérimentale.

Après avoir produit des maquettes 3D, des schémas et des représentations à l’échelle, il est désormais temps pour ses entreprises de faire une démonstration de leur savoir. Même en interne, les start-up en question savent que toutes ne passeront pas ce coche.

Des entreprises lucides sur leur avenir

En France notamment, le gouvernement, avec son plan France 2030, a massivement investi dans les entreprises spatiales. Des sociétés qui savent très bien que tous leurs projets n’iront pas au bout. Lors de la dernière édition de la PSW, rassemblant les plus grandes sociétés spatiales françaises et européennes, plusieurs directeurs échangeaient dans les couloirs du salon, discutant de l’après, prévoyant le pire en espérant le meilleur.

Car cette heure de vérité effraye. Ces jeunes entreprises savent bien qu’en une fraction de seconde, ce sont des années de travaux qui peuvent être réduites à néant. Perdre la confiance des investisseurs avec une mission de démonstration ratée, c’est le pire cauchemar pour une start-up.

Repousser, encore et encore

Alors pour mettre toutes les chances de leur côté, les échéances sont légèrement repoussées. Des entreprises qui avaient promis une démonstration « en fin d’année » parlent aujourd’hui du « premier semestre 2024 ». Une stratégie de procrastination qui ne fait que déplacer le problème, sans jamais le résoudre.

Cette stratégie, loin de plaire aux investisseurs, ne fait que lever des doutes supplémentaires sur les réelles capacités d’une entreprise. En repoussant de la sorte leur calendrier initial, ces jeunes sociétés rappellent également au monde de la finance et de l’investissement que le spatial est tout sauf une science exacte. Aucune journée ne se passe sans problèmes, et les investisseurs se doivent de prendre conscience de cette réalité changeante sur le terrain.

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