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Fintech

Le statut de “néo-banque”, Revolut veut s’en débarrasser

Une troisième licence bancaire arrive pour Revolut.

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Revolut Carte
© Revolut

En l’espace de douze mois, la communication des néo-banques a bien changé. Après le modèle gratuit et la promesse d’atteindre plus de 100 millions de clients, ces établissements rêvent de devenir de vraies banques. Cette semaine, Revolut a déposé une demande pour pouvoir opérer indépendamment aux États-Unis. Une troisième licence bancaire, après l’obtention de son sésame européen (en devenant une banque lituanienne), et la récente demande d’une licence britannique.

Lire aussi : Notre comparatif des néo-banques en 2021

Une “vraie” banque

Le changement d’objectif des néo-banques s’explique simplement par le besoin de chacune à se préparer face à la future consolidation du marché, qui éliminera de nombreux concurrents. Pour ce faire, adieu la politique de gratuité et l’acquisition de masse : place aux comptes bancaires premium et aux services bancaires digne d’un établissement comme Boursorama Banque, pour pouvoir espérer devenir la banque principale de leurs clients, et rentabiliser les investissements.

« Une licence bancaire américaine nous permettrait à terme de fournir aux clients américains tous les produits et services financiers essentiels auxquels ils peuvent s’attendre de leur banque principale, y compris les prêts et l’épargne », expliquait Nik Storonsky, le cofondateur et PDG de Revolut dans un communiqué.

Mais alors, comment fonctionne une néo-banque, sans licence bancaire ? Bien que Revolut possède une licence bancaire en Europe, nombre de ses clients sont gérés par la néo-banque via sa licence de monnaie électronique. “Seuls les clients qui le souhaitent, et si la licence bancaire lituanienne est déployée dans leur pays, peuvent décider de déplacer leur compte sur Revolut Bank” expliquait à Presse-citron le responsable de la communication de Revolut en France, Emmanuel Boulade.

Via sa licence de monnaie électronique, Revolut a besoin d’une banque pour opérer et gérer les dépôts. Habituellement, c’est aussi avec elle que les cartes sont émises via des contrats avec Visa ou Mastercard. Chez Revolut, cette compétence reste gérée en interne néanmoins.

Aux États-Unis, Revolut est associé à la Metropolitan Commercial Bank depuis un an et son arrivée sur le territoire. C’est elle qui gère vos dépôts et qui permet à vos encours d’être assurés par la banque nationale locale. Avec une licence, Revolut pourra notamment décider de mettre en place une offre bancaire avec un Livret A (N26 serait en train de travailler dessus) mais aussi et surtout des offres de prêt.

Pour pouvoir proposer ses services de trading, d’achat de Bitcoin, et l’investissement dans l’or et l’argent, Revolut suit la même logique de partenariat. Aux États-Unis, son principal concurrent Square (avec l’application Cash App) vient d’obtenir sa licence.

Réalité du monde bancaire

Revolut a récemment quitté le Canada pour se recentrer économiquement. Après un an et demi sur le territoire, la néo-banque n’y trouvait pas son compte. Il faut dire que les rêves d’acquisition de masse et de déploiement mondial ont rencontré la réalité du monde bancaire – ses sévères et lents protocoles.

En prenant l’exemple de Monzo, il n’est pas sûr que Revolut puisse avoir une réponse de sitôt pour sa demande de licence bancaire américaine. Son concurrent attend depuis plus d’un an. Le département californien de la protection financière et de l’innovation (FDIC), à qui la néo-banque a fait appel, pourrait donner sa réponse en 2022. Revolut devra se montrer patient, d’autant plus que depuis janvier, elle attend aussi de connaître les débouchés pour sa demande de licence bancaire britannique.

Pour l’heure, Revolut amorce sa transition d’un modèle gratuit vers une vraie banque avec plus d’intelligence selon nous que son concurrent N26. Tous deux ont lancé une offre pour concurrencer les banques en ligne, à mi-chemin entre leur formule gratuite et leur ancienne première formule payante (autour de 10 euros par mois). Malheureusement pour N26, la nouvelle est moins bien passée, avec une formule très proche de la gratuite en termes de fonctionnalités et d’accès. De plus, la néo-banque allemande a décidé de supprimer la carte bancaire physique de son offre gratuite, s’efforçant de dire que ses clients n’en avaient plus besoin.

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