- Un sondage réalisé par Ipsos pour le Forum économique mondial révèle les différences d’attitudes face à l’intelligence artificielle (IA) dans le monde.
- Les Français se montrent plutôt méfiants et pessimistes sur les impacts de l’IA sur la société, l’économie et l’emploi, contrairement aux Chinois qui affichent une confiance et un optimisme élevés
- Ces divergences s’expliquent par des facteurs culturels, politiques et économiques, mais aussi par le niveau de connaissance et d’utilisation de l’IA dans les différents pays.
Aussi impressionnante qu’inquiétante, l’intelligence artificielle (IA) est une technologie qui n’est pas accueillie de la même manière selon les pays et les individus. Un sondage réalisé par Ipsos pour le Forum économique mondial auprès de 20 000 personnes dans 27 pays permet de mesurer les différences d’opinions et d’attentes face à l’IA dans le monde.
Les résultats montrent que les Français sont parmi les plus sceptiques et les plus pessimistes (quelle surprise !) sur les impacts de l’IA sur la société, l’économie et l’emploi. Seuls 25% des Français interrogés pensent que l’IA aura un impact positif sur la société dans les cinq prochaines années, contre 48% en moyenne mondiale. Ils sont aussi 25% à penser que l’IA aura un impact positif sur l’économie, contre 53% en moyenne mondiale. Et ils sont 24% à penser que l’IA aura un impact positif sur l’emploi, contre 41% en moyenne mondiale.
À l’inverse, les Chinois sont parmi les plus confiants et les plus optimistes sur les bénéfices de l’IA. Ils sont 88% à penser que l’IA aura un impact positif sur la société, 92% sur l’économie et 91% sur l’emploi. Ils sont aussi les plus nombreux à se dire prêts à utiliser des produits ou des services basés sur l’IA (90%), à faire confiance aux décisions prises par des algorithmes (85%) et à partager leurs données personnelles avec des entreprises qui utilisent l’IA (74%).
Survey by country:
"Products and services using AI have more benefits than drawbacks"
China: yeah, AI good!
South Korea, Turkey, Brazil: Meh.
Europe: AI bad.
France, Canada, Netherlands, US: OMG, we are doomed!From the Stanford AI Index:https://t.co/qzGXd5oApw pic.twitter.com/P7e2vEQys7
— Yann LeCun (@ylecun) April 8, 2023
Quand les Français ont peur, les Chinois adhèrent
Comment expliquer ces écarts d’attitudes face à l’IA ? Plusieurs facteurs entrent en jeu, selon les experts. D’une part, les différences culturelles entre les pays pèsent pour beaucoup dans les résultats de l’étude. De manière générale, les Chinois ont une vision plus positive et plus pragmatique de la technologie, qu’ils considèrent comme un moyen d’améliorer leur vie quotidienne et leur compétitivité économique. Les Français, eux, ont une vision plus critique et plus éthique de la technologie, qu’ils associent davantage à des risques de déshumanisation, de surveillance et de perte de contrôle. Une tendance que l’on retrouve d’ailleurs en Europe.
D’autre part, les dimensions politiques et économiques font partie de l’équation. Alors que la Chine a fait de l’IA une priorité stratégique nationale, avec un soutien massif du gouvernement et des investissements importants dans la recherche et le développement, la France a également mis en place une stratégie nationale avec une approche plus régulée et des investissements moins importants. Preuve s’il en faut, deux géants chinois, Baidu et Alibaba, ont déjà annoncé leurs concurrents de ChatGPT quand la France apprend seulement à utiliser l’IA d’OpenAI.
Enfin, les différences de connaissance et d’utilisation de l’IA entrent en jeu. Selon un autre sondage réalisé par IFOP pour le collectif #ImpactAI, 88% des Français ont déjà entendu parler de l’IA, mais 48% seulement savent précisément ce que c’est. Pourtant, ils utilisent déjà l’IA (au sens large) au quotidien sans forcément s’en rendre compte (propositions de mots sur smartphone, assistants vocaux, agents virtuels…), mais ils sont peu nombreux à avoir utilisé l’IA dans leur vie professionnelle (23%).
Ces différences d’attitudes face à l’IA ont des implications importantes pour l’avenir de cette technologie, qui est appelée à transformer en profondeur les modes de vie, de travail et de production. Comme les Etats-Unis, la Chine apparaît comme un leader mondial de l’IA, tant sur le plan technologique que sur le plan des usages et des perceptions.
La France, en revanche, semble à la traîne, malgré ses atouts en matière de recherche et d’innovation. Pour rattraper son retard et profiter pleinement du potentiel de l’IA, la France devra sans doute renforcer sa stratégie nationale mais aussi sensibiliser et former davantage ses citoyens et ses entreprises à cette technologie.
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Peut etre car le Français est fidèle a sa réputation vu de l extérieur , des bibochons 🤣