L’Angleterre pourrait bien dire au revoir à l’une de ses néo-banques ces prochains mois. Les cinq millions de clients britanniques de Monzo ne permettraient pas à l’établissement de s’y retrouver économiquement. C’est en tout cas le doute jeté par l’analyste bancaire de GlobalData, Katherine Long, en faisant un lien avec la tragique histoire de Xinja en Australie, qui a fermé ses portes en décembre dernier.
Monzo évolue dans un paysage très concurrentiel en Angleterre, avec la présence de Revolut et de Starling Bank. Comparé à ses deux concurrents, Monzo se serait réveillé trop tardivement et n’aurait pas su convertir ses comptes bancaires premium pour pouvoir redresser sa situation économique.
Revolut fait partie de ces acteurs européens à chercher la rentabilité en visant un nombre d’utilisateurs à plusieurs dizaines de millions, mais a su se débrouiller avec la crise sanitaire l’année dernière pour proposer de nouveaux services l’année dernière susceptibles d’augmenter ses revenus (trading, crypto-monnaies, cashback). Pour Starling Bank, qui tutoie déjà la rentabilité, le succès proviendrait d’une bonne mise en place des contrats de crédit.
Monzo dans une situation difficile
Monzo est donc ce troisième acteur qui n’avait pas complètement trouvé sa voie. La néo-banque restait fidèle à son modèle simplifié au maximum et se concentrant sur les paiements de ses clients via leur carte bancaire.
Elle se voulait plus simple et moins chère qu’une banque en ligne classique, mais doit aujourd’hui se rendre à l’évidence que les pertes économiques sont lourdes. Pour l’analyste Katherine Long, la comparaison avec Xinja, en Australie, qui a fermé ses portes en décembre, serait pertinente.
« Xinja n’a pas donné de priorités dès le début, essayant de créer un avenir durable avec des produits générateurs de revenus. [La néo-banque] s’en est rendue compte trop tard quand elle a finalement compris qu’elle avait besoin de prêts personnels et de services patrimoniaux » déclarait-elle dans son rapport. Un problème similaire à Monzo :
“Pour Monzo, le problème est très similaire […] L’établissement a lancé un compte courant de premier plan qui ne génère pratiquement aucun revenu ».
La semaine dernière, le calendrier de Monzo commençait à s’assombrir par le départ de son cofondateur Tom Blomfield. Lui qui avait quitté Starling Bank par conflit d’accès au poste de PDG avec Anne Boden, et qui avait monté Monzo en 2015, commentait son départ par la pression exercée avec la situation sanitaire.
113,8 millions de pertes
Nous devrions devoir patienter jusqu’à cet été pour découvrir les indicateurs de la santé financière de la banque. L’année dernière, elle avait attendu jusqu’en juillet pour annoncer son bilan de 2019. Dans celui-ci, nous apprenions que la banque avait généré 67,2 millions de livres sterling pour des pertes atteignant 113,8 millions £.
Pour le cabinet d’audit EY, à l’annonce de ces précédents résultats, la situation était déjà préoccupante. Des « incertitudes significatives » étaient présentes, « qui pourraient jeter le doute sur la capacité du groupe à continuer son entreprise en cours ». Même avec 50 000 clients sur l’offre Business, l’avenir de Monzo n’en est pas moins compromis.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.