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Une mère de famille tuée en France par l’airbag de sa Citroën C3 : nouveau drame du scandale Takata

Une mère de famille est décédée des suites d’un accident de la route provoqué par l’explosion inopinée des airbags Takata de son véhicule Citroën.

Mercredi 11 juin à Reims, une femme d’une quarantaine d’années a perdu la vie dans de bien sombres circonstances. En tentant d’esquiver un camion sur la voie rapide, sa Citroën C3 a frotté la glissière de sécurité. L’airbag s’est déclenché, mais l’explosion du dispositif de sécurité, censé protéger, a provoqué une blessure faciale si violente que les secours n’ont rien pu faire. Sa fille, 14 ans, blessée, a néanmoins survécu à l’accident.

Scandale Takata : Stellantis pointé du doigt

Ce n’est malheureusement pas une première. Depuis 2016, dix-neuf décès ont été recensés en France à cause des airbags Takata, du nom du fabricant japonais qui fournit d’autres constructeurs comme Toyota ou Mercedes. Ces airbags sont en réalité très mal conçus : au lieu d’utiliser un gaz stable ou une cartouche inerte, Takata a fait le choix du nitrate d’ammonium (NH₄NO₃) comme agent propulseur. Un composé chimique bon marché, mais extrêmement sensible aux variations de température et d’humidité. Avec le temps, ce gaz se dégrade, devient instable, et peut provoquer une surpression incontrôlée au moment du déploiement.

Lors d’un accident, le système de gonflage ne libère pas simplement l’airbag, mais peut exploser. La cartouche pyrotechnique se désintègre alors sous la pression, projetant des éclats métalliques à très haute vitesse dans l’habitacle, avec une force comparable à celle d’une arme à feu de type revolver (de plusieurs centaines à plusieurs milliers de joules). Voilà comment est morte la conductrice de Reims.

Suite à ce drame, Stellantis a fait savoir que le véhicule de la conductrice faisait bien partie de sa seconde campagne de rappel, après une première lancée sur les véhicules C3 et DS3 produits entre 2009 et 2013.

Selon nos confrères de franceinfo, la conductrice n’aurait reçu aucun message d’alerte, aucun courrier recommandé qui aurait pu lui indiquer qu’elle roulait en réalité dans un cercueil roulant. Une information démentie par Stellantis auprès de la rédaction de Presse-citron. Le constructeur explique que le courrier a bien été envoyé à la cliente en recommandé avec accusé réception. Problème : elle n’avait pas fait de changement d’adresse sur carte grise. Or, Stellantis se base sur cette adresse pour envoyer ses courriers de rappel.

Le courrier est donc revenu à l’envoyeur. Dans ces cas, Stellantis prend contact avec les compagnies d’assurance afin de retrouver la bonne adresse. Malheureusement, le drame est survenu à cette étape du processus. Dans son statement officiel, Stellantis déclare :

Nous avons été informés hier en fin d’après-midi par le service de surveillance du marché des véhicules de ce tragique accident survenu à Reims.

Notre première réaction, c’est évidemment de penser à la conductrice et à sa fille qui était dans la voiture.
Pour mémoire, nous avons fait un opération stop drive pour les véhicules jusqu’en 2013 et nous avons lancé la procédure de rappel pour les véhicules 2014 et au-delà.

  • En France, nous avons adressé à tous les propriétaires de véhicules de l’année 2014 un courrier par lettre recommandée de rappel au cours du mois de mai.
  • Un courrier recommandé a été adressé le 20 mai à la cliente, il nous a été retournée pour cause d’adresse incorrecte. Malheureusement, l’adresse de la carte grise n’avait pas été mise à jour à la suite de son changement de domicile.

Nous ne disposons pas encore de tous les éléments sur cet accident cependant nous sommes en train de réévaluer la situation afin de pouvoir prendre au plus vite les mesures appropriées pour assurer la sécurité de nos clients.

Avez-vous la bonne base de données pour les adresses que vous utilisez ?
Nous utilisons les adresses de la base de données des cartes grises qui est la plus précise disponible en France. Nous avons demandé avec insistance également que les véhicules sujets à une campagne de rappel Takata soit notifiés de la campagne au moment du contrôle technique.

Enfin depuis peu, nous vérifions les adresses incorrectes avec les assureurs mais cette démarche peut prendre jusqu’à plusieurs semaines.

Pourquoi ne pas avoir rappelé les véhicules post-2013 en même temps que la première vague de rappel ? L’entreprise explique :

Nous faisons en permanence des analyses sur les airbags qui sont en circulation et que nous remplaçons afin de mesurer la nature des composant de ces airbags. Lorsque nous avons pris la décision de faire un Stop drive, nos analyses ne montraient pas de risque de dégradation au-delà de 2013 et nous continuons à faire des analyses.
Pensez-vous désormais lancer un stop drive pour les véhicules après 2013 ?

Des lors que nous avons été informés de cet incident, nous sommes en train de réévaluer la situation afin de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de nos clients.

En France, sur 690 329 véhicules C3 DS3 équipés d’Airbags Takata, 481 000 ont été traités, c’est à dire ont eu leurs airbags changés. C’est à dire que le réseau Citroën à – a ce jour – traité 69,7% des C3 DS3 ayant des airbags Takata en France.

 

  • Une conductrice a trouvé la mort suite à l’explosion de l’airbag Takata de sa Citroën C3
  • Elle n’avait pas reçu le courrier de rappel de Stellantis à cause d’un problème de changement d’adresse.
  • Stellantis dit “prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de [ses] clients”

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