Après le scandale du mois dernier concernant la protection des mineurs contre la pédocriminalité aux USA, la série noire pour Meta continue. Ici, c’est le système d’abonnement payant que l’entreprise avait lancé à la rentrée qui est dans le collimateur. L’UFC-Que Choisir ainsi qu’un groupement d’associations de consommateurs issus de huit pays européens ont décidé de porter plainte contre l’entreprise. La raison ? Des pratiques plus que controversées concernant la récolte de données sur Instagram et Facebook.
Une offre commerciale dans la ligne de mire
En novembre dernier, Meta a introduit auprès de ses utilisateurs une nouvelle option, sous la forme d’un abonnement payant à Facebook et Instagram. Contre 9,99 euros mensuels, les utilisateurs pouvaient éviter les publicités et la collecte de données.
Une démarche qui avait rapidement attiré l’attention du Bureau européen des unions des consommateurs ainsi que de l’UFC-Que Choisir, qui avaient porté plainte pour pratiques commerciales trompeuses. Meta s’était également attiré les foudres de l’ONG Nyob quelque temps après le lancement de son offre.
Le feuilleton judiciaire ne s’arrête pas là, puisque cette fois, c’est du RGPD (Règlement général sur la protection des données) dont il est question. Plutôt de son non-respect de la part de Meta. Est-ce vraiment une surprise ?
Le RGPD, ce casse-tête que Meta préfère ignorer
Lorsque l’UFC-Que Choisir saisit l’appareil judiciaire, c’est rarement pour de mauvaises raisons. On connaît la détermination de l’association lorsqu’il s’agit de défendre les consommateurs et c’est un véritable sniper qui ne laisse aucune chance aux entreprises qui transgressent les lois.
Frithjof Michaelsen est chargé de mission pour le secteur numérique chez l’UFC-que Choisir. Il critique assez sévèrement la manière dont Meta gère les données personnelles des usagers de ses services. Selon lui, l’entreprise continue bel et bien à collecter les données des personnes ayant souscrit à un abonnement payant. Il estime que cette offre n’est qu’un « écran de fumée de la part de Meta ».
Une violation en bonne et due forme des principes du RGPD, qui stipule bien que la personne concernée doit avoir consenti au traitement de ses données personnelles pour que la collecte ait lieu. Pour Michaelsen : « le consentement cherché par Meta ne peut pas être considéré comme valable, car le consommateur ne peut pas savoir en quoi son choix impacte la collecte de ses données personnelles ».
On sait que Meta ne fait pas spécialement partie des bons élèves en matière de traitement des données et de respect des règles de manière générale. Par ailleurs, il rappelle assez justement que « Meta a déjà été condamné à plusieurs reprises pour ne pas avoir de base juridique valable pour le traitement des données personnelles des consommateurs ». L’histoire est presque sans fin. Cette nouvelle affaire pourrait de plus affecter assez lourdement la légitimité des modèles payants que certains géants des réseaux sociaux commencent à envisager.
- L’offre commerciale payante des services de Meta avait déjà fait l’objet d’une plainte à la fin de l’année dernière.
- Ici, une nouvelle plainte a été déposée par l’UFC-Que Choisir et d’autres associations européennes de protection des consommateurs pour non-respect du RGPD.
- Meta aurait continué à récolter des données des utilisateurs ayant souscrit à l’abonnement payant, qui a été justement conçu pour que les utilisateurs évitent de voir ces dernières récupérées par l’entreprise.
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