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Que se passe-t-il au Mexique ? Le parrain « El Mencho » tué, des dizaines d’attaques dans le pays

Nemesio « El Mencho » Oseguera Cervantes, chef d’un puissant cartel de drogue, a été tué lors d’une opération militaire au Mexique, déclenchant une vague de violences dans plusieurs États. Routes bloquées, véhicules incendiés et touristes coincés : la situation reste extrêmement tendue. On fait le point.

Ce dimanche 22 février, les forces spéciales mexicaines, appuyées par le renseignement américain, ont mené une vaste intervention dans la ville de Tapalpa, dans l’État de Jalisco, bastion historique du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG). Celle-ci a mené à la mort d’El Mencho, considéré comme l’un des narcotrafiquants les plus recherchés au monde.

Washington avait promis jusqu’à 15 millions de dollars de récompense pour toute information menant à la capture de l’homme de 59 ans, à la tête de l’une des organisations criminelles les plus violentes et les plus riches du continent. Fondé à la fin des années 2000, le CJNG s’est imposé comme un acteur majeur du trafic de cocaïne, de méthamphétamine et surtout de fentanyl, un opioïde responsable de milliers de morts chaque année aux États-Unis. Le cartel, l’un des plus violents du Mexique, est notamment réputé pour ses méthodes paramilitaires : attaques contre l’armée, drones explosifs, embuscades sophistiquées, etc.

Le pays sous tension

La disparition d’El Mencho n’a pas apaisé la situation. Bien au contraire. Dans les heures qui ont suivi, des membres présumés du cartel ont multiplié les actions violentes : plus de 200 blocages routiers ont été signalés dans une vingtaine d’États, avec des bus et des voitures incendiés pour paralyser les forces de sécurité. À Guadalajara, grande métropole qui doit d’ailleurs accueillir des matchs de la Coupe du Monde 2026, des coups de feu ont été rapportés et certains quartiers se sont vidés de leurs habitants.

La station balnéaire de Puerto Vallarta, très prisée des touristes étrangers, a aussi été touchée. Des images montrent de la fumée au-dessus d’hôtels du front de mer, tandis que plusieurs compagnies aériennes ont suspendu des vols. Les ambassades américaine et canadienne ont même appelé leurs ressortissants à rester confinés dans leurs hôtels.

Si la situation s’est apaisée, ces événements mettent en lumière la puissance des cartels, capables de déstabiliser rapidement des régions entières. Malgré les coups portés à son dirigeant, le CJNG conserve une forte capacité de nuisance.

Pression des États-Unis

La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a salué l’action des forces de sécurité tout en appelant au calme. À noter que cette opération s’inscrit dans un contexte de pression croissante des États-Unis sur son pays voisin. Depuis des mois, Donald Trump pousse les autorités mexicaines à intensifier la lutte contre les cartels, notamment après plusieurs crises sécuritaires régionales et l’escalade des tensions liées au trafic de fentanyl vers le marché américain.

Mais la mort d’un chef suffira-t-elle ? L’histoire récente montre que ces opérations peuvent aussi provoquer des luttes internes et de nouvelles vagues de violence. Au Mexique, plus de 450 000 personnes sont mortes, et 100 000 sont disparues, depuis 2006 à cause des cartels.

  • Le chef du cartel CJNG, Nemesio « El Mencho » Oseguera Cervantes, a été tué lors d’une opération militaire mexicaine menée avec l’appui du renseignement américain.
  • Sa mort a déclenché une vague de violences dans plusieurs régions, avec routes bloquées, véhicules incendiés et touristes appelés à rester confinés.
  • L’événement illustre à la fois la pression accrue des États-Unis sur le Mexique et la puissance persistante des cartels.

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