Le Lockheed Martin X-59 QueSST (Quiet Supersonic Transport), de son vrai nom, est un aéronef développé pour la NASA à visée expérimentale. Voilà déjà 10 ans qu’il est en développement et il s’est envolé pour la toute première fois le 29 octobre 2025, une scène intégralement filmée de l’extérieur et depuis son cockpit.
L’objectif de ce démonstrateur étant de prouver que le franchissement du mur du son peut se faire sans explosion étourdissante, et de mesurer la réaction des populations qu’il survolera. À terme, la collecte de ces retours permettra de fournir aux régulateurs aériens des données, leur permettant un éventuel assouplissement des règles sur les vols supersoniques civils, en vigueur depuis 1973.
Un premier vol réussi
Le X-59 a décollé depuis le Palmdale Regional Airport (KPMD), en plein désert du Mojave en Californie, où se situe l’illustre site de Lockheed Martin Skunk Works. Premier détail qui frappe en visionnant la vidéo, c’est la longueur extraordinaire du nez de l’avion, qui mesure 9 mètres, l’appareil entier en mesurant 30. Il représente donc à lui seul un tiers de l’avion ; si on le compare au Dassault Rafale, il fait quasiment 60 % de sa longueur !
C’est justement grâce à ce nez très particulier et à son fuselage très effilé que le bang supersonique peut être atténué. En effet, cette géométrie très allongée permet d’étirer l’onde de choc au lieu de la laisser éclater d’un coup. Le choc acoustique est donc beaucoup plus doux, un « low boom » selon les mots de la NASA, qui devrait être beaucoup moins agressif pour l’oreille humaine.
« Le vol s’est déroulé exactement comme prévu », a résumé Lockheed dans un communiqué, confirmant que ce démonstrateur répond aux exigences de contrôle et de comportement aérodynamique attendues lors d’un premier test. Nils Larson, qui l’a piloté, a même eu la chance de recevoir un seau d’eau sur la tête une fois descendu du cockpit. Le rituel traditionnel chez les équipes de test en aéronautique, en particulier aux États-Unis.
Ce premier vol n’était qu’un début, puisque le X-59 continuera d’enchaîner les essais aériens dans la région, au-dessus de réseaux de microphones installés dans le désert. L’objectif étant, pour Lockheed comme pour la NASA, que le bang supersonique produit par l’avion soit l’équivalent, acoustiquement parlant, d’un bruit de portière de voiture claquée au loin. Soit environ 75 dB, un seuil nettement inférieur au bang supersonique classique (souvent supérieur à 100 dB). Si les tests s’avèrent concluants, peut-être que les États-Unis réexamineront la règle fédérale qui bannit encore tout survol supersonique civil du territoire, une mesure adoptée il y a plus de cinquante ans et jamais mise à jour depuis.
- Le X-59 a effectué son premier vol après une décennie de développement, avec pour mission de démontrer qu’un avion rapide peut franchir Mach 1 sans provoquer de détonation violente.
- Son nez extrêmement long et son fuselage effilé servent à étaler l’onde de choc, produisant un bruit bien plus discret que celui des supersoniques classiques.
- La NASA va multiplier les vols au-dessus de capteurs sonores pour vérifier que ce nouveau profil acoustique reste acceptable, afin de fournir aux autorités les données nécessaires pour réévaluer l’interdiction des vols supersoniques civils.
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