Alice Blair, étudiante inscrite au MIT en 2023, a pris une décision radicale : abandonner ses études par crainte qu’une intelligence artificielle générale (AGI) ne provoque l’extinction de l’humanité avant qu’elle n’obtienne son diplôme.
“J’étais inquiète de ne peut-être pas être vivante pour obtenir mon diplôme à cause de l’AGI”, explique-t-elle à Forbes. “Je pense que dans la grande majorité des scénarios, à cause de la façon dont nous travaillons vers l’Intelligence Artificielle Générale, nous obtenons l’extinction humaine.”
Alice Blair travaille désormais comme rédactrice technique au Center for AI Safety, une organisation à but non lucratif. Elle n’envisage pas de retourner au MIT. Son objectif initial était de rencontrer d’autres personnes intéressées par la sécurité de l’IA, mais elle a été déçue par l’expérience.
D’autres étudiants partagent ces inquiétudes
Nikola Jurković, diplômé d’Harvard qui dirigeait le club de sécurité IA de son université, comprend cette démarche. “Si votre carrière va être automatisée d’ici la fin de la décennie, alors chaque année passée à l’université est une année soustraite de votre courte carrière”, analyse-t-il. Il estime que l’AGI pourrait arriver dans quatre ans et l’automatisation complète de l’économie dans cinq ou six ans.
Cette tendance contraste avec celle d’autres étudiants qui abandonnent leurs études pour rejoindre des start-ups d’IA, attirés par les opportunités du secteur et les millions de Meta.
Les experts restent divisés sur l’échéance de l’AGI
L’intelligence artificielle générale représente l’objectif ultime de l’industrie : créer un système qui égale ou surpasse l’intelligence humaine. Sam Altman, PDG d’OpenAI, a récemment qualifié son modèle GPT-5 de tremplin majeur vers l’AGI.
Mais de nombreux experts restent sceptiques sur cette échéance. Gary Marcus, chercheur en IA et critique de l’industrie, juge “extrêmement improbable que l’AGI arrive dans les cinq prochaines années”. Il souligne que des problèmes fondamentaux comme les hallucinations et les erreurs de raisonnement restent non résolus.
Marcus relativise également le risque d’extinction, estimant que l’IA pose déjà des problèmes concrets comme l’automatisation des emplois et l’impact environnemental.
Un discours qui arrange l’industrie ?
Les prédictions catastrophistes sur l’IA ne sont pas uniquement portées par des étudiants inquiets. Les dirigeants de l’industrie tech, à l’image de Sam Altman, alimentent eux-mêmes ces discours sur les risques existentiels.
Cette stratégie présente plusieurs avantages pour les entreprises : elle renforce l’impression que leur technologie est plus avancée qu’elle ne l’est réellement et leur permet d’influencer les débats sur la régulation du secteur.
Pendant que certains s’alarment de scénarios apocalyptiques dignes de “Matrix”, l’IA continue de poser des défis plus immédiats : désinformation, remplacement d’emplois, consommation énergétique massive et renforcement de la surveillance.
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