Alors que la NASA se démène pour boucler son programme Artemis à temps, que le dernier rapport du bureau de l’inspecteur général de la plus grande agence spatiale américaine émet de sérieux doutes sur la capacité de cette dernière à rejoindre la Lune avant 2024, Elon Musk, jeune entrepreneur patron d’une entreprise du New Space vieille de même pas 20 ans assure lui que SpaceX pourrait très bien envoyer des hommes sur la Lune avant 2024. Simple coup de communication, ou vraie démonstration de puissance à venir pour lui ?
Si SpaceX n’est pas un acteur historique du spatial comme la NASA, ces dernières années donnent raison à la firme d’Elon Musk dont le développement en accéléré a permis de rattraper son retard dans de nombreux domaines, et d’ouvrir des portes dans d’autres.
SpaceX : un grand nom du spatial d’aujourd’hui
La firme a d’ailleurs été à l’origine de la démocratisation des réutilisations et récupérations de premiers étages des fusées. Une idée qui avait déjà fait son bout de chemin il ya des années, alors que la NASA misait sur les navettes spatiales. Il est même possible de remonter jusqu’aux X-15 des avions-fusées utilisées dans les années 50 et 60 par l’armée américaine, et qui ont amené les premiers citoyens de l’oncle Sam dans l’espace.
Mais jamais un tel procédé de réutilisation n’avait été pensé pour des fusées, les premiers étages étaient bien souvent lancés en mer sans que les acteurs de ce lancement ne s’en préoccupent beaucoup.
Ce nouveau mode de fonctionnement est donc à mettre au crédit de SpaceX, la firme d’Elon Musk a apporté un vent de fraîcheur dans le monde du spatial, alors que ce dernier s’enlisait avec des budgets publics plus maigres d’année en année.
La Lune : un objectif trop ambitieux ?
Est-ce suffisant pour dire que SpaceX est aujourd’hui un acteur majeur du spatial ? Oui sûrement. Est-ce que cet acteur est capable de rejoindre la Lune au travers d’une mission habitée dans les 3 ans à venir ? Certainement pas.
Pour le moment SpaceX n’a pas les capacités techniques pour mener un tel vol. Car si la fusée (Starship) et l’équipage ne devraient pas être difficiles à trouver, un tel vol demande des années de préparation, des missions de reconnaissance, de travail autour de notre satellite, et non pas une simple mission aller-retour détachée de tout programme de recherche.
Si Apollo 11 a été la première mission à atteindre la Lune, c’est grâce aux travaux des 10 qui l’ont précédée. Certaines étaient même toutes proches de notre satellite, sans jamais y poser le pied.
Elon Musk peut effectivement, lancer une mission « solitaire » vers la Lune. Sans avoir « préparé le terrain » en amont. Mais ce serait un véritable coup de poker pris par le patron de SpaceX. Cette mission ayant un très grand risque d’échec. Avec toute la préparation qu’a eu la NASA elle n’a pu empêcher la catastrophe (finalement heureuse) d’Apollo 13, SpaceX peut et doit préparer un tel vol vers la Lune, et le calendrier en 3 ans proposé par le patron de la firme est tout simplement intenable et dangereux.
Malgré son enthousiasme des plus communicatifs, Elon Musk sait qu’il ya très peu de chances pour que ses mots soient suivis des faits. Ce coup de com est plutôt là pour mettre la pression sur la NASA, qui prévoit elle aussi d’aller sur la Lune d’ici 2024. Musk, qui avec SpaceX fait partie intégrante du projet explique donc en sous-texte que si l’agence américaine n’est pas capable de tenir son calendrier, SpaceX reprendra le programme Artemis à sa façon, avec in fine le même résultat.
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“Si SpaceX n’est pas un acteur historique du spatial comme la NASA, ces dernières années donnent raison à la frime d’Elon Musk”
La frime, excellent le lapsus
“Mais jamais un tel procédé de réutilisation n’avait été pensé pour des fusées ”
Biensur que si !
La 1ère fusée réutilisable à décollage et atterrissage à la verticale c’était la fusée Delta Clipper DCx de MacDonnellDouglas dans les années 80-90
C’était une volonté de la Nasa de pouvoir réutiliser les lanceurs. Sans elle, probablement pas de spaceX.
Musk n’a rien inventé dans ce domaine (même si c’est un très grand patron)
Il est arrivé avec beaucoup de $ (comme pour Tesla).