Il est 16h40 quand je récupère le MG Cyberster. L’engin jaune vif est superbe, même si le parking souterrain ne rend pas hommage à ses lignes. Patience, la lumière extérieure sublimera sans peine tous ses galbes. Je sors donc par la rampe, sans exploser les jantes grâce à la caméra 360° de piètre qualité, avant d’arriver en surface. Nous voilà à Courbevoie, la batterie de 77 kWh chargée à bloc, pour descendre à Grenoble. Combien coûtera ce voyage ?
Les comptes seront faits à la fin. La mouture a en tout cas été judicieusement choisie : il ne s’agit pas de la version 4WD, que l’ami Robin avait déjà essayée, mais du modèle Propulsion, moins cher et meilleur pour l’exercice. Avec un électromoteur en moins, son appétit est réduit, avec 16,7 kWh/100 km sur le cycle WLTP. Et l’autonomie est logiquement en hausse, avec 507 km théoriques, soit 64 km supplémentaires par rapport à la variante 4WD.
MG Cyberster : un look de supercar pour une position au ras des pâquerettes
En ville, la sensation est étrange : je me sens littéralement écrasé par la circulation tant je suis assis au ras des pâquerettes. Avec 1,33 mètre de haut, le moindre Renault Captur apparaît comme un véritable monstre ! Attention tout de même à l’empreinte au sol : le capot est giga long et la visibilité bien mauvaise. Malgré les 4,54 mètres de long et 1,92 mètre de large, je me sens tout riquiqui et étouffé. Pourtant, on se fait très facilement remarquer.
Pour sûr, le Cyberster est beau, c’était prévisible. Ce qui est moins attendu est plutôt le confort de suspension, de bon aloi malgré les jantes de 19 pouces. Rien de moelleux, bien sûr, mais un chouïa de souplesse bien appréciable sur les raccords de chaussée de l’A6a. Le mode One Pedal n’est pas le plus fin dans les bouchons, mais il a déjà le mérite d’exister. Le péage de Fleury-en-Bière étant en vue, ce petit souci est vite oublié.
De belles performances mais une insonorisation en recul sur autoroute
Feu vert et barrière levée, j’appuie sur le bouton rouge Supersport au volant et j’écrase la pédale de droite. Le Cyberster Propulsion est un petit cavalier : les 340 ch et 475 Nm de couple s’expriment vigoureusement, même si la poussée n’a rien d’hallucinant. 4,9 secondes pour le 0 à 100 km/h, contre 3,2 secondes pour la version 4WD, je m’en contenterai volontiers. Les puristes apprécieront d’ailleurs cette configuration aux roues arrière motrices pour son meilleur équilibre.
La vitesse de croisière étant atteinte, j’enclenche le régulateur à 130 km/h et remarque qu’il y a pas mal de bruit. C’est l’évident revers de la capote en toile du Cyberster. C’est très joli, mais forcément moins isolant. La conduite semi-autonome est également en série en fonctionnant bien, même si le centrage dans la voie n’est pas le plus rigoureux. La représentation du système sur le tableau de bord fait par contre très bas de gamme.
19,5 kWh/100 km : une consommation contenue sur longue distance
Basculons vite sur les pages de l’ordinateur de bord, qui indique une consommation satisfaisante : 19,5 kWh/100 km à pleine vitesse, ce n’est pas si mal. Cela ne m’empêche pas de marquer l’habituelle pause sur l’aire de la Réserve où une borne Ionity nous attend. Il est 18h50. Les performances de recharge n’auront rien d’extraordinaire avec une plateforme branchée en 400 V. La puissance en courant continu DC du MG est bloquée à 144 kW.
C’est assez peu comme je le constaterai plus tard à l’aire de Mâcon Saint-Albain. Après avoir remis 17 kWh, on reprend en attendant la route les fesses vissées au sol avec la radio couvrant tant bien que mal les turbulences aérodynamiques. La descente du col de Bessey-en-Chaume plongeant sur Beaune révèle en revanche une drôle de gestion du régulateur. Le Cyberster a du mal à maintenir une vitesse stable en pente.
111, 112, 113 km/h : un régulateur de vitesse capricieux en pente
Le régulateur réglé à 110 km/h laisse échapper la voiture à 111, 112 et 113 km/h avant de la retenir en augmentant le freinage régénératif pour revenir à 110 km/h, puis rebelote. L’allure n’est donc pas constante, ce qui nuit au confort. Heureusement que ça redevient plat avec le retour aux 130 km/h. La stabilité retrouvée permet d’apprécier l’habitacle, joliment dessiné. Le cockpit enveloppant du Cyberster me plaît, même s’il fait furieusement penser à celui d’une Corvette.
En qualité de finition, c’est plutôt bon. Par contre, la praticité est désastreuse avec très peu de rangements et un coffre de 249 litres. L’ergonomie de ce MG est également passable avec des choix curieux. Au volant, la palette de gauche permet par exemple de régler le freinage régénératif sur trois niveaux alors que celle de droite joue sur les modes de conduite. La ventilation est en accès direct, mais les réglages plus précis se font via l’écran tactile. Les écrans latéraux sont cachés par les mains.
126 kW en pointe : une recharge rapide pas vraiment bluffante pour le Cyberster
Désactiver les aides à la conduite s’avère également complexe. Pas le temps de se prendre la tête car me voilà à l’aire de Mâcon Saint-Albain. Il est 21h20 et la batterie est à 22 % de charge. J’aurais souhaité arriver avec moins d’énergie mais malheureusement, le Cyberster n’a pas de planificateur, ce qui ne permet pas de jouer finement avec les pourcentages à l’arrivée. Evitons la panne sèche, voulez-vous !
Le débit n’ira pas plus haut que 126 kW avant de chuter petit à petit. Pendant une demi-heure, j’ausculte donc l’infodivertissement, clairement à la peine. Les fonctionnalités se montrent très limitées et la présentation des menus est d’un autre temps. Certaines traductions sont rigolotes. Je recouvre 33 kWh et trace vers ma destination finale, Grenoble, dans la nuit noire. Les feux à LED éclairent bien, même sans technologie matricielle.
Un trajet de 600 km à 28,52 € : pari réussi pour le porte-monnaie
Arrivé dans la capitale des Alpes à minuit, il est temps de faire les comptes. Nous sommes partis batterie pleine, et ces 77 kWh ont coûté 12 € sur prise domestique en heures creuses. Le premier arrêt à l’aire de La Réserve a été facturé 5,60 €, alors que le second sur l’aire de Mâcon Saint-Albain s’est chiffré à 10,92 €. Cela a été rendu possible par un kilowattheure à 0,33 € grâce à un abonnement spécifique chez Ionity.
Le Paris-Grenoble nous a donc coûté 28,52 € d’électricité. Quelle serait l’économie par rapport à un équivalent thermique ? J’ai sélectionné la BMW Z4 M40i, qui profite d’un mélodieux six-cylindres développant exactement la même puissance que le MG Cyberster Propulsion, soit 340 ch. L’allemande est plus compacte, mais ses prix sont bien comparables à ceux de la sino-anglaise, à 62 990 €, si l’on omet le malus.
113,40 € pour le thermique : le MG Cyberster imbattable
En prenant un litre de SP98 à 2,10 € et une consommation sur autoroute à 9 l/100 km, le même voyage de 600 km reviendrait à 113,40 €, soit quasiment quatre fois plus cher ! Oui, vous irez plus vite avec la BMW, mais une pause sera tout de même obligatoire pour ravitailler. Et sur une aire d’autoroute, le SP98 ne sera certainement pas à 2,10 € le litre ! Aussi magnifique qu’économique le Cyberster Propulsion, donc !

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.















