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La pleine lune perturbe-t-elle réellement notre sommeil ? Ce qu’en dit la science

Les nuits de pleine lune ont toujours eu une mauvaise réputation : stigmate divin ou cause de folie et d’insomnies. Une légende vieille comme le monde qui serait plus proche de la physiologie que de la magie.

La Lune est un satellite naturel comme il en existe probablement des milliards dans l’Univers, mais c’est le seul que nous avons régulièrement devant les yeux une fois la nuit tombée. À l’échelle cosmique, nous pouvons même dire que nous la côtoyons, puisqu’elle orbite autour de la Terre à une distance moyenne de 384 400 km. Elle nous est tellement familière que nous en avons presque oublié sa réelle nature : un corps rocheux inactif.

Pourtant, aucun autre corps céleste n’a marqué aussi profondément l’imaginaire collectif des sociétés humaines : qu’il s’agisse des premiers chasseurs-cueilleurs qui guettaient son retour pour comprendre les saisons, des prêtres de la Grande Babylone qui y lisaient les volontés des Dieux ou des grandes civilisations (Égypte, Grèce, etc.) cherchant à prédire le destin de leurs dirigeants à travers ses cycles.

Ce lien ancestral qui l’unit à l’être humain, même s’il a évolué, n’a jamais vraiment disparu. Que la Lune influence les marées, nul n’en doute depuis que Sir Isaac Newton a formalisé la cause physique exacte de son influence en 1687. Mais agit-elle réellement sur nous ? Sa lumière trouble-t-elle notre sommeil, comme certaines croyances populaires voudraient nous le faire admettre ?

Le sommeil et la pleine lune : entre mythe et preuves scientifiques

Qui n’a jamais entendu quelqu’un affirmer : « J’ai mal dormi, la lune était pleine la nuit dernière ». Confrontées à cette intuition, plusieurs équipes de chercheurs ont cherché à déterminer si la pleine lune pouvait influer sur nos cycles de sommeil. De vastes études ont ainsi été menées, rassemblant des milliers de participants issus de cultures diverses.

Les données recueillies vont toutes dans le même sens : à mesure que la Lune se rapproche de sa phase pleine, les individus s’endorment plus tard, dorment en moyenne 20 minutes de moins et voient la durée de leur sommeil profond diminuer. Ce phénomène a été observé à la fois chez des personnes vivant en milieu urbain et chez d’autres moins exposées à la lumière artificielle (zones rurales, camping), bien qu’il soit plus marqué chez ces dernières.

Inutile de chercher une quelconque explication surnaturelle à ces résultats : c’est la lumière émise par notre astre qui en est la cause. Avant l’ère de l’électricité, soit avant la généralisation de l’éclairage public à la fin du XIXᵉ siècle, la Lune était la seule source de lumière nocturne.

En période de pleine lune, son éclat retardait naturellement la sécrétion de mélatonine, l’hormone nécessaire à notre endormissement. Les nuits étaient de ce fait plus courtes, et le repos moins profond : le corps humain, calé sur les cycles du jour et de la nuit, restait ainsi plus longtemps en phase d’éveil. Un effet qui s’observe encore aujourd’hui, encore plus dans les régions éloignées de la pollution lumineuse.

L’influence de la pleine Lune est, de fait, légère, mais elle est mesurée dans la plupart des études chronobiologiques : la perte moyenne n’est que de 15 à 30 minutes de sommeil, ce qui suffit à désynchroniser (même faiblement) notre horloge interne.

Il existe aussi des différences selon les sexes. Les hommes ont tendance à dormir un peu moins durant la phase croissante (période durant laquelle la lune gagne en luminosité) ; chez les femmes, la baisse du sommeil profond survient surtout autour de la pleine lune, au moment où la lumière de l’astre est la plus forte.

La communauté scientifique a tout de même tenté de vérifier d’autres hypothèses, héritées du folklore : forces gravitationnelles, variations géomagnétiques ou variations de pression barométriques au fil des cycles lunaires. Toutes ont été infirmées par les données expérimentales et aucune corrélation statistique n’a jamais été trouvée.

« Le corps humain est composé à 75 % d’eau, si la Lune a un effet sur les marées, il est obligé qu’elle ait un effet sur notre organisme » : voilà une autre affirmation que l’on peut entendre au détour d’une conversation. Une analogie fréquente, mais complètement fausse. Les marées terrestres sont causées par des différences d’attraction gravitationnelle entre deux points distants de milliers de kilomètres ; sur un corps humain, cet écart est si infime qu’il ne dépasse pas le milliardième de la force de gravité terrestre. L’effet est donc négligeable, du point de vue biologique comme physique.

Si cette croyance perdure encore aujourd’hui, alors qu’il a été démontré que l’effet de la pleine Lune sur le sommeil est extrêmement faible, c’est parce que nous remarquons et nous nous souvenons davantage des nuits agitées qui coïncident avec sa présence : c’est ce qu’on appelle la corrélation illusoire. Un biais de confirmation qui se produit dans d’autres circonstances (présences surnaturelles ou lieux hantés, par exemple), prouvant que l’être humain a tendance à détester ce qui relève du pur hasard. Nous préférons accuser la Lune que nos propres inventions, les lumières artificielles et les écrans, notamment, dont la lumière bleutée éblouit nos rétines en perturbant notre sommeil bien plus fortement que celle de n’importe quel astre.

  • La Lune influence très légèrement notre sommeil, surtout par sa lumière, mais l’effet reste minime et purement biologique.
  • Les croyances anciennes sur son pouvoir reposent davantage sur nos biais cognitifs que sur des faits mesurables.
  • Les principaux ennemis de notre sommeil sont terrestres : écrans, éclairages artificiels, rythmes de vie modernes, etc.

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Par : Gouvernement français
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