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Pourquoi l’Europe veut imposer les voitures 100% électriques aux entreprises ?

Le Parlement européen prépare un texte obligeant les entreprises à ne constituer leurs flottes que de voitures 100% électriques. Date butoir : 2030.

  • L’Europe pourrait obliger les entreprises à adopter les voitures électriques pour l’intégralité de leur flotte d’ici 2030
  • L’objectif est double : réduire les émissions de CO2 et booster le marché de l’occasion
  • Cette mesure doit s’accompagner d’autres mesures plus générales

Les entreprises devront adopter les voitures électriques avant tout le monde. Alors que l’Europe a obligé les constructeurs à ne vendre que des véhicules neufs 100% électriques dès 2035, le Parlement prépare un autre texte, destiné aux entreprises.

Il prévoit que « 100% des achats de flottes d’entreprises soient des véhicules électriques en 2030 ». C’est en tout cas ce qu’a déclaré Pascal Canfin, président de la commission de l’environnement du Parlement européen, auprès du site Autoactu.

Ce texte serait en réalité un changement de l’article 77 de la Loi d’Orientation des Mobilités du 24 décembre 2019. Cette loi prévoit que les entreprises dont les flottes sont composées de plus de 100 véhicules doivent au moins acheter 10% de modèles électriques ou hybrides rechargeables, rappellent nos confrères de Frandroid.

À partir de 2024, la part des modèles électriques doit atteindre 20%, puis 40% d’ici 2027. Enfin, en 2030, 50% des flottes doivent être constituées de véhicules électriques ou hybrides rechargeables. C’est donc ce dernier point que souhaiterait revoir le Parlement européen afin d’accélérer l’électrification de l’industrie automobile.

Double objectif

Cette proposition du commissaire au Parlement européen s’inscrit dans le grand projet d’électrification de l’industrie automobile initié récemment. L’objectif des autorités européennes est de réduire les émissions de CO2 des automobiles en circulation sur le Vieux continent. En obligeant les fabricants à ne proposer que des modèles électriques d’ici 2035 mais aussi en contraignant les entreprises donc.

Pour ce second point, l’autre objectif est de pousser le marché de l’occasion. La fabrication de véhicules électriques neufs n’étant pas non plus une solution parfaite, l’idée est de proposer aux particuliers les anciens modèles électriques des flottes d’entreprise, plus souvent renouvelées. Et puisqu’elles parcourent souvent beaucoup de kilomètres, ces voitures sont plus accessibles et permettraient donc de démocratiser l’électrique sur le marché de la seconde main.

Tous ensemble, tous ensemble…

Cette modification du texte original présente donc de nombreux avantages dans la démarche d’électrification de l’industrie automobile. Toutefois, Thierry Breton, commissaire européen, rappelait fin 2022 que la démocratisation de la voiture électrique présentait de nombreux enjeux.

D’abord, les infrastructures manquent. Le réseau de bornes de recharges, même s’il s’étoffe à un rythme soutenu, reste un défi important à relever pour une adoption massive de la voiture électrique. Même si les propriétaires de ces véhicules rechargent majoritairement à leur domicile, tout le monde ne peut pas privilégier cette méthode, la faute à l’absence de bornes à leur domicile (en immeuble par exemple). C’est aussi le cas sur le réseau routier européen qui, selon les pays, ne dispose pas des mêmes infrastructures de recharge.

Thierry Breton soulignait également que la question énergétique reste la plus grande inconnue. Proposer un réseau de stations de recharge sur tout le territoire européen nécessite une production d’électricité beaucoup plus importante que celle que l’on connaît aujourd’hui. Or, la crise de l’énergie que nous rencontrons actuellement démontre bien le travail à accomplir pour tenir les promesses.

Il est donc aussi important de ne pas voir la voiture électrique comme le remède aux problématiques écologiques. Elle n’est qu’une solution parmi d’autres et s’inscrit dans un plan plus vaste visant à changer nos habitudes de déplacements. Dans les milieux urbains par exemple, la mobilité douce (trottinettes, vélo etc.) ou les transports en commun doivent aussi être envisagés comme des solutions d’avenir. Car la voiture électrique à elle-seule ne suffira pas.

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