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Reconnaissance faciale : un jeu de dupes entre la Big Tech et le Congrès américain ?

Les annonces d’entreprises comme Amazon, IBM ou Microsoft sur une nécessaire régulation de ces technologies laissent les politiques américains très sceptiques.

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reconnaissance faciale application
© Unsplash / Avantgarde Concept

C’est une remise en cause inédite. La semaine dernière, trois des grands géants de la Tech ont décidé d’agir dans le domaine de la reconnaissance faciale. Ces dispositifs sont très critiqués en raison des potentielles dérives de surveillance de masse et de profilage racial qu’ils peuvent induire.

Arvind Krishna, le PDG d’IBM, a ouvert le bal en annonçant que son entreprise ne commercialiserait plus de services utilisant cette technologie. Amazon a suivi en décidant la suspension de l’exploitation de son logiciel Rekognition par les autorités américaine pendant un an. Enfin, Microsoft a réitéré son souhait de ne pas vendre ses outils aux forces de l’ordre.

Les trois compagnies demandent aussi au Congrès de se saisir du dossier et de rédiger une réglementation contraignante pour mieux encadrer ces pratiques. Elles souhaitent par ailleurs qu’un débat plus large soit engagé sur le sujet. Ces déclarations n’ont pas manqué de faire réagir les parlementaires américains et bon nombre d’entre eux se montrent clairement sceptiques sur leurs réelles intentions.

Un lobbying très intense

Politico rapporte notamment les propos d’un haut dirigeant républicain qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat. Il remet clairement en cause la sincérité de ces annonces et cible notamment Amazon : « J’aimerais être une mouche présente lors de la réunion du conseil d’administration où l’équipe des affaires gouvernementales d’Amazon explique pourquoi elle a dépensé des millions de dollars pour faire pression contre un moratoire qu’elle a ensuite décidé de s’imposer ».

Les doutes sont aussi de mise côté démocrate. Certains notent que les annonces des entreprises restent imprécises. On ignore par exemple si les mesures annoncées s’appliqueront aux agences fédérales. D’autres relèvent que des entreprises concurrentes pourraient profiter de la situation pour ravir des parts de marché et le nom de Clearview revient souvent. Le logiciel qu’elle commercialise a déjà enregistré plus de trois milliards de visages sur les réseaux sociaux et ses services sont utilisés par des centaines de force de police.

Yvette Clarke, une représentante démocrate de l’état de New York redoute quant à elle un intense lobbying de la part des géants de la Tech durant l’élaboration du texte : « La réponse initiale de la Big Tech a été de proposer leur propre solution législative. Cette tentative était inquiétante. Alors oui, je crains qu’ils tentent de dicter leurs règles », précise-t-elle.

Vers un vraie encadrement de la reconnaissance faciale ?

Depuis près d’un an, des parlementaires tentent d’avancer sur un ensemble de lois qui régule le recours à la reconnaissance faciale par les forces de l’ordre et les administrations mais l’initiative est bloquée en raison de l’opposition des républicains et du lobbying de certaines compagnies. La mort de George Floyd et le mouvement de contestation qu’elle a engendré offre désormais un contexte plus favorable pour aller au bout. C’est en tout cas la certitude de Jimmy Gomez, un député démocrate de Californie :

« J’ai toujours été impliqué dans ce projet, mais sans ces protestations, sans cette sensibilisation, nous ne pourrions pas faire adopter de législation. Je m’efforce donc de faire adopter une loi sur laquelle le comité de surveillance et de réforme travaille depuis plusieurs années. C’était un projet de loi établissant un moratoire, il allait être bipartisan, et je vais faire pression pour qu’il dure plus d’un an pour donner au Congrès le temps nécessaire pour changer les choses en profondeur », précise-t-il à VentureBeat.

L’idée serait donc de se donner le temps d’étudier très sérieusement ce sujet complexe et d’avancer sur plusieurs volets. La reconnaissance faciale pourrait par exemple être interdite lors des rassemblements politiques, très encadrée dans son utilisation lors des manifestations, et son usage par le FBI serait limité. D’autres projets qui n’ont pas non plus aboutis prévoient l’interdiction de cette technologie dans les zones d’habitations réservées aux personnes à revenus modestes.

L’avenir dira si ces diverses tentatives aboutissent mais la plupart dépendront des résultats des élections présidentielle et législatives de novembre prochain. D’ici là, la pression de la rue et du mouvement Black Lives Matter pourrait justement en faire un des sujets de campagne entre les deux grands partis.

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