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L’aversion au risque explose avec l’Ukraine, mais Bitcoin a un refuge

L’aversion au risque a frappé de plein fouet Bitcoin et Ethereum, sur fond de guerre en Ukraine et de craintes sur la politique monétaire américaine.

Bitcoin a chuté, hier matin, à moins de 35 000 dollars alors que le président russe Vladimir Poutine donnait l’assaut à ses troupes sur la frontière à l’est et au sud de l’Ukraine. Suivant la voie des bourses européennes et de celle de Moscou (en baisse de 14% après une interruption le matin), les principales cryptomonnaies ont perdu l’équivalent de 200 milliards de dollars, à moins de 1500 milliards de dollars.

Leur refuge ? En Bourse ou sur les matières premières, difficile de trouver le calme sur les marchés. Où partent donc ces capitaux ? La réponse ne tient pas que dans l’augmentation du cours de l’once d’or. Toujours du côté des cryptos, on constate une augmentation globale de la capitalisation des stablecoins, ces actifs numériques pour qui le taux de change reste fixe, adossé à une monnaie fiat comme le dollar américain.

Tether et USD Coin, pour ne citer que les deux principaux, ont gagné plus de 50 milliards de dollars depuis le 1er janvier 2021 et on fait l’objet d’un sujet spécial sur Bloomberg ce jeudi. En seulement un an, le marché global des stablecoins s’est renfloué de plus de 140 milliards de dollars pour atteindre leur plus haut niveau ces dernières heures, à près de 180 milliards. Leur croissance est constante, régulière et représentative.

Jamais cette classe d’actif numérique n’avait autant pesé. Le graphique ci-dessous, qui recense le volume en capitaux des jetons, montre de façon claire leur progression ces derniers mois.

Capitalisation record stablecoins
La capitalisation des stablecoins est constante, régulière, depuis plus d’un an © Bloomberg

“Les vendeurs laissent leur argent dans des stablecoins car il n’y a aucun intérêt réel à l’échanger avec une monnaie fiat”, expliquait le président de Spectra Markets, une société d’étude des marchés, cité dans un article de Bloomberg. Le refuge parfait pour les investisseurs alors qu’une conversion d’un actif numérique en monnaie fiat entraîne une imposition (si bénéfices), notamment en France.

USDC, bientôt premier des stablecoins, Bitcoin perd de son aura

Fait intéressant, la dynamique actuelle de l’USD Coin, émis par Coinbase et Circle depuis 2018, est plus forte que celle de l’USDT, émis par Tether. Selon un rapport d’expert cité par Bloomberg, “si l’USDC et l’USDT continuent de croître à des taux similaires jusqu’à présent en 2022, l’USDC deviendra le plus grand stablecoin par capitalisation boursière d’ici fin juin”. Début 2021, il ne pesait que pour 6 milliards de dollars quand l’USDT dépassait les 30 milliards.

Grâce aux différents outils d’analyse des capitaux investis dans les cryptomonnaies, il est aujourd’hui très simple de surveiller la place de chaque token, la part de leur capitalisation sur le marché global, et les flux de capitaux. Sur ce point, Bitcoin n’est plus le maitre absolu : la part de sa capitalisation (Bitcoin dominance) est passée de 69% en janvier 2021 à seulement 39% un an plus tard.

Part Bitcoin capitalisation crypto
La part de Bitcoin plonge depuis un an © Statista

Avec la hausse des altcoins et la capitalisation record des stablecoins, les chiffres nous montrent que les capitaux restent globalement sur le marché décentralisé des cryptomonnaies, bien que Bitcoin perde de son aura. La conjoncture de plus en plus forte du cours des cryptos avec les bourses mondiales (Bitcoin suit des cours proches de ceux du Nasdaq) a beau rapprocher les monnaies virtuelles de la finance traditionnelle, les investisseurs ne sortent pas pour autant des actifs numériques.

Cela dit, la crise ukrainienne a, tout comme la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine, montré que le Bitcoin n’était pas un actif refuge. C’est bien lui qui a profité du flot de liquidités qui a abreuvé les marché ces derniers mois. Il est donc logique qu’il subisse le même retournement de situation par crainte d’une hausse des taux d’intérêt de la banque centrale américaine en réponse à l’inflation.

Bitcoin n’est pas l’or numérique

Hier, seul le prix de l’or progressait de 3%, à son plus haut niveau depuis un an. La crise ukrainienne a donc dissipé une idée populaire sur le bitcoin en tant que valeur refuge. Même si son nombre de pièces est limité à 21 millions, l’actif numérique n’est pas encore corrélé à l’or. Depuis la mi-2021, Bloomberg montrait que la corrélation entre le prix de bitcoin et celui de l’or était à son plus bas. Un bitcoin vaut 19 onces d’or alors qu’il en valait 37 onces en octobre dernier.

Cours Prix Or Boursorama
© Boursorama

Cela dit, ces prochaines semaines, les cours des cryptomonnaies pourraient de nouveau se lier au conflit ukrainien et donner de l’importance à Bitcoin. Le 21 février dernier, un projet de loi du gouvernement russe est venu rebattre les cartes de la politique d’accès aux cryptomonnaies, l’État préférant revenir sur les propos très stricts de sa banque centrale proposant d’interdire l’achat et l’utilisation de ces actifs numériques.

Poutine, menacé par l’Europe et l’OTAN d’une fermeture de l’accès au réseau international de paiement SWIFT aurait tout intérêt à protéger ses arrières, avec la finance décentralisée. “Les changements proposés visent à créer un marché légal des monnaies numériques avec l’établissement de règles pour leur circulation et le cercle des participants”, pouvait-on lire dans un communiqué du ministère des Finances du Kremlin.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. Trop bien,maintenant le Bitcoin c’est nul
    Si t’as des sous ( que t’as pas perdu en Bitcoins ) achètes des stables coins , pas comme tous ces crétins qui bossent ….
    Comme cela , tu perdras encore des sous !!!!

Les commentaires sont fermés.