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Running : ce que les robots humanoïdes révèlent des limites de la vitesse humaine

Anatomie, cadence et fin de course spectaculaire : décryptage d’une prouesse inédite qui met en lumière les limites du corps humain.

Il y a quelques jours, lors des Jeux mondiaux de robots humanoïdes à Pékin, le modèle chinois Tiangong Ultra a pulvérisé le mythique record d’Usain Bolt sur 100 mètres, établi à 9,58 secondes. La machine est même descendue sous la barre des 9 secondes, avec un temps à 8,64 secondes. Et si l’on s’intéresse de plus près à sa course face à celle du sprinter jamaïcain, on constate deux physiques aux antipodes.

En effet, Bolt jaillissait des blocs avec un temps de réaction de 0,146 seconde, exploitant la poussée horizontale pour projeter son corps vers l’avant. Le robot, lui, est moins explosif. Il démarre debout dans une posture rigide, en plus d’être handicapé par le temps de traitement de ses capteurs pour enregistrer le signal sonore.

Cela lui fait perdre une seconde au départ : sur les 5 premiers mètres, un athlète humain conserve ainsi une avance nette, tirant parti d’une mécanique biologique taillée pour l’impulsion immédiate. Mais ce n’est pas suffisant pour remporter la bataille.

Amplitude contre cadence

Une fois la phase d’accélération passée, la comparaison des foulées met en lumière deux manières radicalement différentes de produire de la vitesse. Usain Bolt a bâti son record grâce à une amplitude exceptionnelle, puisqu’il ne lui fallait que 41 pas pour parcourir les 100 mètres. Sa puissance reposait sur l’élasticité de ses tendons et de ses muscles, capables d’absorber l’impact au sol puis de restituer cette énergie pour allonger sa trajectoire.

De son côté, l’humanoïde mise purement sur la cadence, et effectue plus de 50 pas sur la même distance. Plutôt que les grandes foulées, qui risquerait de lui faire perdre l’équilibre, il enchaîne des petits pas d’une rapidité extrême. Ses moteurs électriques entraînent directement les articulations, sans aucune souplesse musculaire, ce qui lui octroie une fréquence de mouvement surhumaine.

La fin de course

Mais c’est lors des 20 derniers mètres que la différence devient la plus frappante. Un sprinteur humain, même au sommet de sa forme, subit inévitablement une fatigue musculaire, ce qui le force à ralentir légèrement avant la ligne d’arrivée. Le robot, affranchi de ces contraintes, conserve sa vitesse maximale de près de 42 kilomètres par heure du milieu de piste jusqu’au bout.

Cette vitesse met aussi en évidence la plus grande faiblesse actuelle des machines : le manque de perception et de décision. Car l’humanoïde est incapable d’anticiper la mfin de la piste ou d’adapter sa trajectoire pour ralentir, il doit donc terminer sa course à pleine vitesse en s’encastrant dans un mur rembourré. Pour l’heure, l’être humain conserve une suprématie absolue dès lors qu’il s’agit de contrôler son corps et d’interagir avec son environnement.

  • En course, le corps humain devance nettement la machine sur les premiers mètres.
  • Là où Usain Bolt exploite la grande amplitude de ses foulées et l’élasticité de ses muscles, le robot s’appuie sur une cadence extrême de petits pas très rapides.
  • Affranchi de la fatigue musculaire sur la fin de course, le robot manque encore d’intelligence pour freiner et finit par s’encastrer dans un mur.

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