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J’ai testé le Geely Starray EM-i : 5 € pour rouler 3 jours, que vaut ce SUV hybride chinois face au Peugeot 3008 ?

Geely s’invite sur le marché européen avec le Starray EM-i, un SUV hybride rechargeable à prix cassé, mais aux prétentions premiums. Sa particularité est sa grande autonomie électrique permettant de tenir des jours sans essence. Vérifications.

Tenir 3 jours avec un billet de 5 € sans avoir de voiture électrique ? Cela semble impossible, mais c’est pourtant la promesse de Geely qui se lance sur le marché français avec le Starray EM-i. Pour ce faire, ce SUV hybride rechargeable retient une imposante batterie autorisant 136 km d’autonomie électrique. Il se permet en plus d’être 10 000 € moins cher que ses concurrents. Mon porte-monnaie croit rêver ! Le populaire Peugeot 3008 peut-il trembler ?

Avec son pack de 29,8 kWh en version Max+, le chinois peut en tout cas filer bien plus loin en électrique que ses principaux rivaux. Les 136 km revendiqués sur le cycle WLTP permettraient de rouler en théorie pendant 3 jours entiers, les Français parcourant en moyenne 40 km au quotidien. La recharge coûtant une bouchée de pain, le Starray EM-i serait alors la solution parfaite pour rouler pas cher la semaine et partir loin le weekend.

37°C et soleil de plomb : les conditions d’un test grandeur nature

Encore faut-il que cela fonctionne dans la vraie vie ! Pour le vérifier, je récupère donc un exemplaire bleu ciel de l’engin sous le ciel tout aussi bleu du Castellet. Il fait 37°C soleil tapant, autant dire que je ne vais pas ménager la climatisation, ni la fonction ventilée des superbes sièges en cuir brun. L’assise, très agréable car extrêmement moelleuse, permet une bonne position de conduite, même si le maintien latéral manque légèrement de poigne.

Je passe en Drive via le commodo de droite façon Mercedes et fais mes premiers tours de roue en mode électrique. Une accélération franche réveille le quatre-cylindres de 1.5 l. Je ne veux pas de ça pour le moment. Retour au silence en forçant le mode zéro émission. Il le faut, car le bruit ne manque déjà pas aux alentours du Circuit Paul Ricard, avec une session de course impliquant des bolides hurlants.

Geely Starray Em I (3)
© Thomas Kim pour Presse-citron

Un moteur électrique survolté, mais un comportement à revoir

Bref, on se dirige donc vers la sortie après avoir franchi une poignée de dos d’ânes assez raides. Le Starray EM-i ne dispose pas de suspensions pilotées, mais ce n’est visiblement pas gênant car l’amortissement se montre correct. Cela va de pair avec un moteur électrique particulièrement puissant développant 218 ch et 262 Nm de couple. Une fois extraits de l’enceinte du circuit, il est temps de mettre la mécanique à l’épreuve.

Les reprises sont toniques, tout comme les accélérations, ce qui est peu commun sur une hybride rechargeable. La partie thermique est d’ailleurs plus modeste, avec seulement 99 ch et 125 Nm de couple. Le choix des ingénieurs a été clair : prioriser l’électromoteur pour entraîner le véhicule et laisser le bloc essence en dernier recours. De quoi obtenir une belle efficience en mode hybride pour le Geely.

21,4 kWh/100 km : une consommation correcte mais un roulis important

En mode électrique, l’appétit monte à 21,4 kWh/100 km. Cela peut paraître beaucoup, mais il faut garder à l’esprit que les départementales serpentant entre les pins sont propices à de plus fortes consommations. Malgré les traversées de villages, la vitesse moyenne est de 69 km/h. L’appétit satisfait donc, ce qui n’est pas le cas de la tenue de route, pas encore dangereuse, mais loin d’être plaisante.

Le roulis est particulièrement prononcé dans les courbes, ce qui n’incite vraiment pas à attaquer. Je suis en plus balloté dans le siège qui s’avère trop large pour moi. La sensation à la pédale de frein n’est pas non plus la plus agréable qui soit. Mais le freinage est puissant si l’on plaque sèchement son pied au plancher. L’insonorisation est correcte à 80 km/h. À 130 km/h, il y a sans surprise davantage de turbulences. Le bloc thermique du Starray EM-i est d’autre part sonore.

Geely Starray Em I
© Thomas Kim pour Presse-citron

Intérieur soigné mais ergonomie agaçante : le 3008 a-t-il vraiment peur ?

Je marque une pause à Aubagne pour apprécier l’habitacle. Gros point fort : les matériaux sont de belle qualité avec du similicuir un peu partout rehaussant l’ambiance. Tant mieux, car le dessin n’est en revanche pas très inspiré, voire commun aux autres modèles chinois. Une planche de bord toute plate présentant un écran central et envoyé, c’est pesé ! Côté design intérieur, il y avait moyen de faire mieux… Le Peugeot 3008 lui met une vitesse.

L’ergonomie est assez complexe, même si Geely a intégré quelques touches physiques pour la ventilation. Les aides à la conduite sont une fois de plus difficiles à couper et les traductions parfois hasardeuses. Un peu dommage, car l’écran tactile de 15,4 pouces est de bonne facture, au même titre que l’instrumentation numérique de 10,2 pouces, même si cette dernière manque de possibilités de personnalisation.

4,80 € le plein : pari réussi pour rouler 3 jours sans essence

L’espace arrière est massif avec un important dégagement pour la tête, les jambes et les coudes. Le coffre de 528 litres peut engloutir pléthore de bagages. Pas mal, d’autant plus que le coût à l’usage de l’engin s’avère particulièrement compétitif. Faisons donc les comptes : les 21,4 kWh/100 km relevés permettent de parcourir 139 km avec la batterie chargée à bloc. La remplir au maximum coûterait 4,80 € avec un kilowattheure à 0,16 € en heures creuses.

Vous pourrez donc rouler 3 jours entiers pour le prix de deux cafés (parisiens). Une voiture électrique peut tout autant le faire, c’est vrai. En revanche, elle sera incapable d’enchaîner avec un weekend sur l’autoroute sans devoir ravitailler. Car avec sa consommation fixée à 6,2 l/100 km, le Starray EM-i présente une autonomie totale de 1 055 km. Nous n’en sommes pas loin en réalité, puisque nous avons relevé 6,5 l/100 km batterie vide sur voie rapide.

Prix mini et équipement maxi pour le Starray EM-i

Là encore encourageant, d’autant plus que le chinois s’affiche à 34 990 € en prix de base. C’est au bas mot 10 000 € de moins que la concurrence. L’équipement est pourtant très riche, avec en série les jantes de 18 pouces, la caméra 360°, la conduite semi-autonome, les sièges avant et le volant chauffants, les feux à LED et la surveillance des angles morts. Pour 2 000 € supplémentaires, la version Max ajoute de belles mignardises.

Comptons le toit ouvrant panoramique, le hayon motorisé, les sièges avant ventilés, l’affichage tête haute et la sonorisation à 16 haut-parleurs. Le haut de gamme Max+ conclut à 38 990 € avec les sièges avant massants et la batterie de 29,8 kWh. Les deux versions inférieures retiennent un pack plus modeste de 18,4 kWh offrant une autonomie électrique réduite à 83 km. Aucune option, hormis la couleur.

Au moins 10 000 € d’écart : la concurrence a du souci à se faire

Ajoutons que la charge rapide est disponible jusqu’à 30 kW sur la petite batterie et 60 kW sur la grande. La comparaison avec les rivaux est favorable : le Peugeot 3008 est affiché à partir de 44 290 € avec un équipement bien inférieur et une partie électrique moins léchée. Le Volkswagen Tiguan file carrément à 55 900 € avec là encore moins d’équipements. Niveau prix/prestations, cela devient compliqué à battre…

Geely Starray Em I (11)
© Thomas Kim pour Presse-citron

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Geely Starray EM-i Max+

38 990 €
8

Verdict

8.0/10

On aime

  • L’équipement ultra complet
  • Le prix réellement contenu
  • L’autonomie électrique importante
  • L’espace à bord généreux
  • L'habitacle bien soigné

On aime moins

  • Le dynamisme vraiment limité
  • L’ergonomie assez complexe
  • Le moteur thermique bruyant