C’est un discret mouvement de portefeuille pour le géant mondial du luxe. Huit ans après s’être invité au capital de la maison Patou pour orchestrer son grand retour dans le prêt-à-porter, LVMH cède l’intégralité de la firùe parisienne à la holding Nirvana Investments, propriété de l’homme d’affaires britannique Dilesh Mehta.
Un retour aux sources, en somme. Car ce dernier détenait déjà les licences de parfums de la marque depuis 2011 et en conservait une part minoritaire. Depuis 2018, LVMH gérait le quotidien et la création, déléguée au styliste Guillaume Henry. Mais des signaux avant-coureurs laissaient présager cette séparation, notamment après le départ de la directrice générale Sophie Brocart fin 2024, suivi de celui, tout aussi discret, de Guillaume Henry au début de l’année 2026.
Qui est la maison Patou ?
Fondée à Paris en 1914 par le couturier Jean Patou, la marque est un monument historique de la mode française. Célèbre au siècle dernier pour ses vêtements de sport chics et ses coupes avant-gardistes, elle a marqué des générations grâce à ses créations emblématiques et à ses parfums légendaires, comme le mythique Joy.
Après la disparition de son fondateur, de grands noms de la couture se sont succédé à la direction artistique, à l’instar de Jean Paul Gaultier ou Christian Lacroix. Mais à la fin des années 1980, la firme s’est peu à peu mise en sommeil sur le plan de la mode pour se concentrer exclusivement sur son activité de parfumerie.
Une relance réussie sur le papier, mais plombée par les pertes
En rachetant la marque en 2018, LVMH a orchestré le grand retour du prêt-à-porter chez Patou, resté au point mort pendant 30 ans. Et la stratégie a porté ses fruits sur le plan commercial puisque les ventes ont grimpé en flèche, passant de 3,95 millions d’euros en 2021 à 13,76 millions d’euros en 2024.
Mais cette dynamique masque une réalité financière plus sombre. Malgré la croissance du chiffre d’affaires, Patou a accumulé près de 24 millions d’euros de pertes nettes entre 2021 et 2024. Sans perspective de rentabilité à court terme, la poursuite de cette expérience est devenue de plus en plus difficile à justifier pour le groupe.

Le grand ménage de LVMH dans un marché en tension
Dans un contexte économique devenu plus difficile pour le secteur, Bernard Arnault et la direction de LVMH ont choisi de resserrer les rangs. La consigne est désormais claire : concentrer les efforts et les investissements sur les grandes maisons emblématiques du groupe, tout en réduisant la voilure sur les pépites déficitaires.
Patou n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Cette opération fait suite à la vente récente de Marc Jacobs, tandis que d’autres unités à la dynamique commerciale plus modeste restent observées de près par les marchés. De son côté, Dilesh Mehta entend s’appuyer sur la notoriété retrouvée de la maison pour optimiser son modèle, notamment en développant des synergies autour du parfum et de la beauté, son cœur de métier historique.
- LVMH cède la totalité de la maison Patou à l’homme d’affaires Dilesh Mehta, qui en possédait déjà les parfums et une part minoritaire.
- Malgré un chiffre d’affaires en hausse, la firme a cumulé près de 24 millions d’euros de pertes entre 2021 et 2024, rendant sa rentabilité incertaine.
- Face au ralentissement du marché du luxe, LVMH se sépare de ses marques déficitaires pour se concentrer sur ses maisons phares.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.