SpaceX vient de réaliser un lancement de Starship – et réussit pour la première fois à atteindre l’orbite dans une première historique. Le contact a été toutefois perdu entre le véhicule et son booster lors des derniers jalons de leur rentrée dans l’atmosphère. Voici ce qu’il faut retenir de ce lancement.
La majeure partie des objectifs est atteinte
https://twitter.com/SpaceX/status/1768258691319689232
Dans l’ensemble, SpaceX fait pour la première fois la démonstration de lancements qui deviendront – de façon imminente – routiniers. Considéré comme un “succès partiel”, le lancement du 14 mars 2024 a permis d démontrer la séparation des deux étages, et la mise en orbite de SpaceX.
SpaceX envisage de faire de Starship spatial un moyen de transport polyvalent pour des destinations variées dans le système solaire, y compris la Lune et Mars. Mais aussi des destinations moins lointaines – en permettant des lancements groupés massifs de satellites, faisant par la même occasion fondre les coûts de mise en orbite.
Elon Musk a mentionné dans le passé que Starship pourrait transporter jusqu’à 100 personnes lors de missions vers Mars, et sa soute cargo volumineuse est conçue pour transporter une grande variété de charges utiles, y compris des satellites, des provisions, et des équipements nécessaires pour des missions de longue durée sur d’autres planètes.
Les caractéristiques techniques finales du lanceur peuvent encore évoluer. Mais il est question d’une charge utile de l’ordre de 100 à 150 tonnes en orbite basse – sensiblement moins en orbite de transfert, mais le Starship terrestre n’est qu’un maillon du dispositif qu’a prévu la Nasa pour fouler de nouveau le sol de la Lune, et, demain, atteindre la planète rouge.
Cette fois, a priori, pas d’énorme destruction sur le pas de tir
Après le premier essai de vol de Starship, le pas de tir a subi des dommages importants, avec notamment un grand cratère creusé par la puissance des moteurs au moment de l’allumage. Pour remédier à cela, SpaceX a entrepris des améliorations significatives du pas de tir avant le dernier lancement.
Ces améliorations comprenaient des travaux sur la fondation du pas de tir avec l’ajout de piliers en béton renforcé et l’installation d’un système de déluge d’eau pour protéger la plateforme des effets des moteurs Raptor lors du décollage.
Le deuxième décollage avait déjà permis de démontrer l’efficacité de ces aménagements. A priori, désormais, le design final du pas de tir a permis d’éviter les destructions énormes qui avaient fait hurler la FAA – l’autorité qui doit donner son feu vert pour les lancements aux États-Unis – et introduit des délais pour le second essai.
Superbes images du plasma qui englobe le Starship
https://twitter.com/spacex/status/1768279990368612354?s=46&t=b8N2jcCmrfpsqP4ukgL7QA
Habituellement, lorsque SpaceX lance une Falcon 9, seul le booster revient sur Terre, le tout à une vitesse plutôt modeste, qui évite de forcer SpaceX a le doter d’un bouclier thermique. Starship est différent, car il est composé de deux étages, dont le second a pour vocation à la fois d’atteindre l’orbite et de retourner sur Terre, en fonçant dans une atmosphère de plus en plus dense, le tout à une vitesse hallucinante de plus de Mach 25.
Du coup, les images en haute résolution du retour du second étage sur Terre avec la boule de plasma qui l’englobe avait quelque chose d’inédit. D’autant plus que ces images étaient prises et retransmises en direct depuis l’extérieur du véhicule, pendant la formation du plasma résultant de la friction entre la fusée et l’air.
Le plasma étant conducteur d’électricité, il agit le plus souvent comme un bouclier qui coupe la communication au sol. L’énormité du véhicule a toutefois empêché la formation du plasma sur toute la surface de Starship, permettant de maintenir la communication assez longtemps.
Jusqu’alors, les seules images connues disponibles du plasma se formant lors de la rentrée dans l’atmosphère montraient le phénomène depuis l’intérieur de capsules revenant sur Terre.
Maintenant, “l’important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage”
Hélas, alors que tout se passait au-delà des attentes jusqu’ici, la communication a finalement été perdue, à la fois avec le booster et le Starship lors des dernières phases de leur retour sur Terre. De quoi suggérer la perte des véhicules, autrement dit leur destruction. Un fait d’autant plus probable que le rallumage des Raptors sur le booster n’a pas fonctionné comme prévu à en croire la télémétrie.
La descente était toutefois jusqu’ici contrôlée, aussi bien pour le booster que pour le Starship ce qui signifie qu’ils se sont tout de même écrasés dans des zones présentant peu de risques – c’est à dire en mer. Pour le vol de Starship du 14 mars 2024, la demande d’autorisation à la FAA précise que les opérations de vol sont autorisées vers des zones situées dans le Golfe du Mexique et l’océan Indien, à l’exclusion des zones de contingence pour l’entrée de Starship.
Pour l’heure aucune info sur le lieu exact du crash des deux parties de la fusée n’est disponible. On ne sait pas non plus si l’épave des deux objets pourra facilement être récupérée par la firme. Le prochain vol aura vraisemblablement pour but de peaufiner cette dernière étape indispensable. À partir de là, SpaceX pourra utiliser ces bases pour construire et tester la version Lune de Starship prévue dans le cadre des missions Artemis.
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