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Starship : 7 infos pour tout comprendre sur le décollage (presque) réussi de SpaceX

SpaceX a tenté, pour la deuxième fois, de lancer le Starship vers l’orbite. Un décollage presque réussi pour la fusée de 121 mètres.

«Un échec en trompe-l’œil.» Voilà comment Olivier Lascar, rédacteur en chef de Sciences et Avenir, a résumé le lancement du Starship sur Franceinfo. Pour la deuxième fois, l’entreprise SpaceX, fondée par Elon Musk, a tenté d’envoyer son vaisseau Starship dans l’espace.

Après une première mission ratée le 20 avril dernier, échouée après trois minutes de vol lors de la tentative de séparation du Starship avec le premier étage, SpaceX a retenté l’expérience. Ce vol du 18 novembre devait être celui de la confirmation.

SpaceX annonçait avoir résolu plusieurs problèmes, notamment sur la fiabilité de ses moteurs ou encore la procédure de séparation des deux étages de la fusée. Cette dernière devait s’envoler pendant plus de trois minutes avant de se couper en deux, le vaisseau continue seul sa route vers Hawaï, destination initiale de la mission.

Dites 33

Pour réussir à faire s’envoler les 5070 tonnes du Starship, SpaceX exploite 33 moteurs de sa propre fabrication, des Raptor. Lors du vol du 20 avril dernier, seuls 31 moteurs avaient réussi à fonctionner correctement, entraînant un décollage difficile, endommageant fortement le pas de tir.

Dans cette nouvelle tentative du 18 novembre, les 33 moteurs ont correctement fonctionné. Le pas de tir, revu dans sa conception, n’a lui pas subi de lourds dégâts. Les premières secondes de la mission sont donc un franc succès pour Starship.

2min48s : séparation 

La première phase de la mission consiste en une ascension à des vitesses folles de la fusée. Encore composée de ses deux étages, Starship subit de fortes contraintes aérodynamiques. La carcasse de la fusée doit être extrêmement solide pour résister à cette pression.

Comme lors du vol du 20 avril dernier, la structure tient bon et la fusée continue sa route. Après 2 minutes et 48 secondes de vol, elle est maintenant à 75 kilomètres du sol, elle vole à plus de 5000 km/h. C’est le moment propice pour désolidariser les deux parties du vaisseau.

La séparation ne se passe cependant pas parfaitement bien. Starship met du temps à s’extraire de son booster et il endommage ce dernier. Il était initialement prévu que le booster se retourne et revienne au sol, mais trop abîmé par la séparation, il n’arrive pas à retomber et quelques secondes après la séparation, il est détruit par les équipes de SpaceX.

8min5s : Error 404 

La suite du vol se déroule de façon «nominale» assure SpaceX. Le vaisseau suit à la lettre son plan de vol et les données reçues au centre de contrôle sont toutes cohérentes. Alors qu’il file à plus de 24000 km/h (il faut arriver à 28000 km/h pour être en orbite), le vaisseau perd soudainement ses liaisons radio.

Les équipes de SpaceX apprendront plus tard que le vaisseau a enclenché son système d’auto-destruction de manière automatique. Si la raison de ce déclenchement est encore inconnue, les premières données récoltées font état d’un surplus de consommation anormale d’oxygène dans les dernières secondes. Le vaisseau aurait donc subi un problème au niveau de la propulsion, à plus de 148 kilomètres d’altitude.

Cible manquée

La fusée n’aura donc jamais atteint les îles Hawaïennes, destination de la mission. À la place, les restes de la fusée ont été repêchés par les équipes de SpaceX ainsi que l’armée américaine non loin des îles vierges britanniques dans les Caraïbes. L’objectif final est donc manqué, une nouvelle fois pour SpaceX.

Après ce deuxième vol «encourageant» l’entreprise, espère pouvoir comprendre un peu mieux les points qui restent à travailler pour rendre sa fusée fiable le plus rapidement possible. Le temps presse pour l’entreprise d’Elon Musk qui doit livrer une version approuvée du Starship à la NASA avant 2025.

L’échec, meilleur moyen d’apprendre 

Malgré ce nouvel échec en apparence, la mission du Starship a été une réussite technique. Si l’ensemble du vol ne s’est pas passé comme prévu, l’entreprise a réussi à aller plus loin que lors de sa mission inaugurale du 20 avril dernier.

SpaceX le sait, la route est encore longue avant de réussir à placer son vaisseau en orbite, mais au rythme de travail de l’entreprise, rien ne semble impossible. Quelques mois après un premier vol de moins de trois minutes, la firme a réussi à reprendre les airs, une prouesse dans le petit monde du spatial.

Jamais 2 sans 3

Il ne faudra cependant pas tarder pour SpaceX. Une troisième mission est impérative pour passer les phases de qualification de la NASA. Or cette démonstration est encore loin, personne ne sait notamment comment le Starship va résister aux frottements de l’air lors de son retour dans l’atmosphère.

Cette dernière étape, la plus périlleuse, sera suivie de près par les équipes de SpaceX et de la NASA au cours de l’année 2024. Dans le même temps, l’agence spatiale américaine continue d’avancer ses pions avec son programme de retour lunaire et la mission Artemis 2, prévue pour le printemps prochain.

2025, l’objectif impossible

Lors du vol d’Artemis 3, toujours prévu pour la fin d’année 2025, SpaceX devra accompagner la NASA dans sa route vers la Lune. Le Starship doit en effet servir de module d’alunissage pour les astronautes américains. Ils se poseront donc sur la Lune à bord de ce vaisseau, avant de quitter notre satellite dans ce même appareil.

Le retour dans l’atmosphère se fera toujours à bord du Starship, il est donc crucial pour SpaceX de réussir une démonstration à vide d’ici là, car la NASA ne prendra jamais le risque de mettre ses astronautes dans un module qui n’a jamais été testé en condition réelle.

Si SpaceX a l’habitude des retours habités dans l’atmosphère (avec son module Crew Dragon qui fait des allers-retours entre la Terre et l’ISS) un voyage depuis la Lune demande des capacités bien supérieures. La vitesse d’entrée du Starship n’aura rien à voir avec celle de Crew Dragon et la mission devrait être parfaitement menée pour éviter le drame.

Un défi titanesque pour SpaceX et la NASA qui ne devrait pas, toujours selon Olivier Lascar, être dans les temps pour une mission Artemis 3 en 2025. Le vol pourrait être reporté à 2026, ou même 2027 dans certaines simulations de développement.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. Le problème c’est que le gap entre le premier tir et ce second n’est pas assez important pour avoir récupérer assez d’informations afin que le troisième tir soit fiable. Le hot staging a réussi, mais l’implication dans la destruction des étages reste inconnu et veut peut-être dire qu’il ne va toujours pas et qu’il n’est pas fiable. Les raptors ont bien fonctionné au départ mais ont totalement déliré après la séparation, …
    Quand à ceux qui disent que les objectifs sont atteints, il aurait fallu les connaitre à l’avance … mis à part SpaceX personne ne connait les objectifs de chaque tir et commercialement à aucun moment ils ne peuvent annoncer qu’un échec permit de valider 2 objectifs sur 200 …

    Même si j’ai regardé ça avec les yeux d’un enfant émerveillé, il faut reconnaitre que techniquement ça reste un échec et que la fiabilisation n’est pas prête avant les 5-10 prochains tirs. Les objectifs ne seront jamais validés d’ici fin 2025 que ce soit pour le starship mais pour le reste aussi.

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