Avec une offre de plus en plus variée, difficile de s’y retrouver dans le paysage automobile français. Electrique, hydrogène, hybride, essence, diesel… entre les motorisations, les marques, les dimensions, choisir sa voiture est devenu de plus en plus compliqué. Mais alors quel est le modèle de voiture préféré des Français ? Les chiffres ressortent quelques critères nous permettant de faire le portrait robot du véhicule type du conducteur Français.
Une voiture diesel
Avec près de 39 millions de véhicules sillonnant les routes de l’Hexagone, le paysage automobile français reste largement dominé par les moteurs à combustion. Le diesel, bien qu’en perte de vitesse, propulse encore 53% des voitures en circulation. Au total, ce sont 93,4% des véhicules qui fonctionnent à l’essence ou au gazole. Un chiffre qui contraste fortement avec les ambitions européennes visant à mettre fin aux ventes de véhicules thermiques neufs d’ici 2035.
Face à cette réalité, les voitures électriques et hybrides font figure de nouveaux venus timides. Elles ne représentent que 3,2% du parc actuel. Cependant, leur part dans les ventes de véhicules neufs progresse de manière significative, atteignant 13,1% des immatriculations en 2022. Cette croissance est stimulée par des incitations gouvernementales attractives, comme le bonus écologique pour l’achat d’un véhicule électrique neuf. Malgré ces efforts, le chemin vers une électrification totale du parc semble encore long et parsemé d’obstacles.
Une citadine
Les préférences des Français en matière de carrosserie révèlent un penchant pour la polyvalence. Les citadines dominent le marché avec 30% du parc, séduisant par leur maniabilité en milieu urbain et leur dimension économique. Elles sont suivies par les berlines, représentant 15% des véhicules, appréciées pour leur confort sur longue distance. Les SUV complètent ce trio de tête avec 10% du parc, offrant un compromis entre espace intérieur et sensation de sécurité. Cette répartition reflète un équilibre subtil entre praticité urbaine, confort routier et polyvalence familiale.
Une vieille “bagnole”
Le défi majeur auquel fait face le parc automobile français réside dans son vieillissement. L’âge moyen des véhicules atteint désormais 10,8 ans, un chiffre en constante augmentation ces dernières années. Plus inquiétant encore, 30% des véhicules en circulation ont plus de 15 ans, et 13% dépassent même les 20 ans d’âge. Cette longévité accrue, accentuée par la baisse des ventes de voitures neuves, complique considérablement la transition vers des motorisations plus propres et plus efficientes.
La baisse des immatriculations de nouveaux véhicules, qui a chuté de 3% entre mai 2023 et mai 2024, et de près de 27% sur les cinq dernières années, contribue à ce phénomène de vieillissement. Les raisons de cette désaffection pour le neuf sont multiples : pouvoir d’achat en berne, incertitudes économiques, mais aussi attentisme face aux évolutions technologiques et réglementaires.
Quoi qu’il en soit, la voiture typique d’un conducteur Français serait donc une vieille citadine diesel d’environ 11 ans. La transition vers le 100% électrique s’annonce compliquée.
Une transition difficile
Face à ce constat, les constructeurs automobiles, par la voix de Luca de Meo, PDG de Renault et président du lobby européen des constructeurs (ACEA), plaident pour une approche plus flexible. “Basculer en douze ans de 10% de part de marché pour les VE à 100%, c’est vraiment très compliqué”, avance-t-il. Et de militer pour un report de la date butoir ou une révision à la baisse du quota de 100% de véhicules électriques dans les concessions en 2035.
Cette position entre en contradiction avec celle d’Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne fraîchement réélue, qui a réaffirmé sa volonté de maintenir l’échéancier sur la transition du parc automobile européen vers l’électrique. Elle a en revanche accepté de réétudier le cas des e-carburants.
Pour accélérer la transition, le gouvernement français a mis en place diverses mesures incitatives. Outre le bonus écologique mentionné précédemment, des aides à la conversion pour le remplacement de vieux véhicules polluants par des modèles plus propres sont proposées. Ces initiatives visent à rajeunir le parc tout en favorisant l’adoption de technologies moins émettrices de CO2.
Malgré ces efforts, la transformation du parc automobile français reste un processus de longue haleine. Les habitudes de consommation, l’attachement à certains types de véhicules et, surtout, les contraintes économiques freinent une évolution rapide vers l’électrique. Par ailleurs, les interrogations persistent quant à l’infrastructure de recharge, encore insuffisante pour rassurer pleinement les potentiels acheteurs de véhicules électriques.
- 93,4% des voitures françaises roulent encore au thermique, malgré la progression des ventes de véhicules électriques
- Les citadines, berlines et SUV dominent le paysage automobile français, reflétant un goût pour la polyvalence
- Le parc automobile vieillit considérablement, avec un âge moyen de 10,8 ans, compliquant la transition vers des véhicules plus propres
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