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« Un cheval de Troie » : Christopher Nolan est sceptique quant à l’IA dans le cinéma

Christopher Nolan a donné sa vision de l’usage de l’intelligence artificielle. S’il ne semble pas fondamentalement opposé à cette technologie, il la considère avec un profond scepticisme.

Depuis quelques années, le sujet de l’intelligence artificielle divise l’industrie hollywoodienne. On se souvient de la grève de la SAG-AFTRA en 2023, qui dénonçait (entre autres) son usage dans la production cinématographique. En 2026, l’IA se fait une place de plus en plus importante à Hollywood et, aujourd’hui, c’est Christopher Nolan qui expose son point de vue sur cette technologie.

Le réalisateur est actuellement en tournée de promotion pour son très réussi L’Odyssée. Lors d’une interview d’une demi-heure avec Hugo Travers, le cinéaste britannique a été interrogé sur l’IA, une technologie qu’il considère avec scepticisme :

« Je pense que l’IA est un cheval de Troie dont tout le monde sait que les Grecs sont à l’intérieur. Ce qui est amusant avec l’IA, et que je trouve vraiment fascinant, c’est de voir comment, ces dernières années, elle a conquis Wall Street, le monde des affaires et de l’investissement. Je n’ai jamais vu une technologie progresser aussi vite tout en étant aussi largement rejetée par le public. »

Nolan est donc lucide sur l’adoption de l’IA dans tous les milieux, mais il est également conscient de son rejet massif. Pour lui, la défiance qu’elle suscite est saine :

« Tout le monde s’en méfie, c’est une méfiance immédiate, extrême, en particulier chez les jeunes. Les réactions face aux vidéos générées par l’IA… Les jeunes de l’âge de mes enfants parlent immédiatement d’« IA slop », ce qui les classe immédiatement dans une case. Je trouve que c’est un scepticisme très sain, parce que la technologie va toujours nous offrir de grands cadeaux, mais il faut la regarder avec scepticisme. Il faut aussi être regardant sur les motivations des gens qui la conçoivent. C’est comme ça qu’on pourra tirer le meilleur d’une nouvelle technologie plutôt qu’en ayant une foi aveugle. C’est encourageant de voir les jeunes se montrer si méfiants. »

En substance, Nolan ne semble pas totalement opposé à l’IA, mais reste très dubitatif quant à son utilisation dans l’immédiat. Rien ne dit qu’un jour, elle ne s’immisce pas dans l’un de ses films. Si le réalisateur est connu pour préférer les effets pratiques aux CGI, il aime utiliser toute la technologie à sa disposition tant que cela sert le résultat final. L’Odyssée en est un parfait exemple.

De l’autre côté du spectre, un George Lucas exalté par l’IA

Cette déclaration fait écho à une autre, celle de George Lucas. Il y a quelques jours, le créateur de Star Wars a été interrogé sur le sujet par A Rabbit’s Foot. Pour lui, l’IA est une bénédiction. Mieux encore, cette technologie représente l’avenir du cinéma et les craintes à son égard ne sont pas justifiées :

« L’intelligence artificielle nous facilite grandement la tâche pour réaliser des films. (S’y opposer), c’est un peu comme dire : “Pour moi, le bon vieux temps, c’est la calèche. Ces voitures tombent en panne, elles consomment de l’essence, elles ont toutes sortes de problèmes et, bientôt, on les transformera en chars d’assaut ; elles tueront alors des gens. C’est terrible.” On n’y peut rien. C’est le progrès, c’est l’avenir ! »

Une vision radicalement opposée à celle de Nolan. Il faut dire que Lucas a toujours mis la technologie de pointe au service de ses films, que ce soit avec les effets spéciaux pratiques de Star Wars (1977), incroyables pour l’époque, ou avec le tout numérique et les fonds verts de sa prélogie au début des années 2000. À 82 ans, Lucas ne réalise plus, mais nul doute que, s’il était encore actif, l’IA occuperait une place importante dans son processus créatif.

 

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