C’est une histoire qui pourrait prêter à sourire si elle n’avait pas des implications aussi sérieuses. Hier, un vol Air France reliant Paris-Orly à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) a dû rebrousser chemin après seulement une heure de vol. La raison ? Un passager qui ne retrouvait plus son iPhone. Un appareil de 200 g qui a mis en suspens le voyage de 375 passagers et 12 membres d’équipage, tous contraints de revenir à leur point de départ.
9 000 dollars partis en fumée pour un téléphone
Pour cette heure de vol jusqu’à 32 000 pieds d’altitude (environ 9 754 mètres), puis le retour à Paris, le Boeing 777-300ER a consommé près de 9 000 dollars de carburant. Eh oui, en moyenne, ce gros bébé consomme approximativement 10 à 12 tonnes de carburant par heure de vol, et entre le décollage et la montée pour atteindre l’altitude de croisière, c’est justement là où il boit le plus de kérosène.
La décision d’Air France peut sembler un peu disproportionnée, mais ce n’est pas le cas. Les batteries lithium-ion, qui alimentent la quasi-totalité des smartphones modernes, contiennent un électrolyte hautement inflammable emprisonné entre deux électrodes. Si elles subissent la moindre déformation physique ; imaginons que le téléphone de notre passager distrait se soit coincé dans un mécanisme de siège ; elles peuvent entrer dans un état d’emballement thermique.
Le risque d’incendie, voire d’explosion, n’est pas à prendre à la légère, surtout dans un gigantesque tube pressurisé volant à 900 km/h. Un feu de batterie libérerait non seulement des flammes difficiles à maîtriser, mais aussi des vapeurs hautement corrosives d’acide fluorhydrique. Sans possibilité d’évacuation immédiate, les conséquences pourraient être catastrophiques.

Finalement, pour nos passagers du vol AF750, l’histoire s’est bien terminée. Le téléphone retrouvé, l’avion a pu redécoller deux heures après son retour imprévu. Les vacanciers sont arrivés au soleil avec seulement quatre heures de retard, mais sans doute avec une anecdote un peu insolite à raconter sur la plage. Le passager sera-t-il pénalisé pour les pertes occasionnées par son petit oubli ? C’est peu probable ; il faudrait prouver qu’il a agi de manière négligente ou imprudente. Dans ce cas précis, il s’agit d’un incident malheureux, mais pas nécessairement d’une faute grave.
- Un vol Paris-Pointe-à-Pitre a dû faire demi-tour après une heure de trajet à cause d’un téléphone égaré par un passager.
- L’incident a entraîné une perte estimée à 9 000 dollars de carburant et retardé l’arrivée des passagers de quatre heures.
- La présence d’une batterie lithium-ion non localisée à bord justifiait une telle précaution en raison des risques d’incendie en vol.
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