Nous sommes de moins en moins nombreux en France. Pour la première fois depuis 1945, le nombre de décès sur 12 mois est supérieur à celui des naissances. Une « bascule » historique pour les démographes, qui inquiète un grand nombre d’experts sur le sujet.
C’est l’économiste François Geerolf qui a jeté le pavé dans la mare le premier. Sur X, ex-Twitter, il relève que 651 000 décès ont été décomptés sur 12 mois glissants contre 650 000 naissances. La France dispose donc d’un « solde démographique négatif », une grande première depuis près d’un siècle.
Pour cet employé de l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), « cela arrive plus vite que prévu ». Les dernières projections de l’INSEE, publiées il y a quelques mois à peine, s’attendaient à un « retournement en 2027 » selon l’article de Marine Landau pour BFM.
Pourquoi ce sujet est si important ?
Avoir un solde démographique négatif n’est pas une bonne nouvelle, à tous les niveaux. La nouvelle a d’ailleurs entraîné la tenue d’une réunion exceptionnelle entre le chef de l’État et deux de ses ministres Aurore Bergé et Catherine Vautrin, cette semaine.
Pour l’essayiste et spécialiste des questions démographiques, Julien Damon, nous devons « nous inquiéter » face à cette situation. L’effondrement des naissances (-20 % depuis 2010) semble inarrêtable. La France n’est plus une « exception européenne » comme ce fut le cas pendant des années.
Quelles conséquences ?
Moins de naissances peuvent paraître anecdotiques, mais en réalité c’est tout le contraire. Avec des chiffres en baisse, les conséquences sociales et économiques seront terribles dans les décennies à venir. À court terme ce sont les entreprises spécialisées dans la petite enfance qui devraient en faire les frais. Le marché des laits infantiles, des tétines, ou des couches pour bébés est plus que menacé.
Sur le long terme, ce serait un vrai cataclysme. Pour Maxime Sbaihi cette dénatalité pourrait toucher les écoles, avec des fermetures de plus en plus fréquentes. Dans le monde du travail, elle entraînera une baisse des « bras et des cerveaux disponibles ».
L’économiste assure que cette réalité, bien qu’invisible aux yeux du grand public est déjà là. Par rapport à 2015 on dénombre 500 000 écoliers de moins. Plus de 5 000 établissements ont fermé, faute de public.
Un modèle social menacé
Dans le cas de la France, la dénatalité est encore plus dramatique qu’ailleurs. Le pays étant socialement fondé sur une grande fraternité entre les actifs et les passifs, il pourrait économiquement s’effondrer si la balance vacille un peu trop. Avec une population active en baisse, ce sont moins de personnes capables de travailler, de consommer et de cotiser.
Une baisse des recettes publiques qui pourrait entraîner la faillite de notre modèle de retraite par répartition. Sur le long terme, même, la Sécurité sociale, dont les dépenses vont exploser avec le vieillissement de la population, pourrait être menacée.
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