L’espace aérien au sud de l’Océan indien est un peu particulier cette semaine. Mardi 18 août, un C-17 Globemaster de l’Armée de l’air américaine a fait demi-tour après avoir reçu un avertissement suite à un danger non identifié dans l’espace. Parti de la base de Christchurch en Nouvelle-Zélande pour mettre le cap sur l’Antarctique, l’aéronef a rencontré un NOTAM envoyé par l’autorité de l’aviation civile néo-zélandaise (CAA) trois heures après son décollage.
Les gendarmes du ciel néo-zélandais ont déclaré mardi dans un communiqué qu’ils avaient été informés d’une activité potentiellement dangereuse par la société russe de gestion du trafic aérien « ce qui a entraîné la publication d’un NOTAM informant les pilotes du danger ». En cause ? Un projet de lancement de missile, annoncé par Moscou le 10 août, pour une mise en application le 14 août. Si l’espace aérien se trouve si loin du territoire russe, c’est parce qu’il s’agit d’une zone où de potentiels débris spatiaux pourraient retomber.
L’US Air Force a donc été contraint de rebrousser chemin avec son avion pour une question d’essai de missile balistique russe. Évidemment, le C-17 Globemaster n’est pas le seul aéronef concerné et l’ensemble du trafic aérien doit faire face avec ce NOTAM, mais il semblerait que l’avion militaire n’ait pas eu connaissance de cette information pourtant annoncée comme publique depuis le 10 août par les Russes. Il faut dire que la zone est vaste, et que la période d’application est étendue, pour des débris qui ne prendraient que quelques secondes à traverser le ciel.
La zone n’est pas des plus traversées par les compagnies aériennes ou les pilotes en tout genre. Si l’US Air Force si trouvait, c’est parce que le C-17 Globemaster partait à destination de la station McMurdo en Antarctique, une base américaine située dans le sud de l’île de Ross, servant de port logistique pour la moitié du continent.

Les débris spatiaux contraignent de plus en plus les avions
Les débris spatiaux sont un sujet grandissant chez les pilotes d’avion, qui doivent faire avec une activité aérospatiale de plus en plus importante. Les essais de missiles balistiques sont une fraction du problème, majoritairement représenté par les lancements de fusées. En novembre 2022, l’étage central d’une fusée chinoise Long March 5B était retombé sur Terre lors d’une rentrée incontrôlée au-dessus de l’Espagne, provoquant la fermeture de plusieurs zones aériennes par précaution.
En janvier 2025, le vaisseau Starship explosait lors de son septième vol d’essai avec des centaines de débris incandescents au-dessus de l’atlantique, près des îles Turques-et-Caïques. De nombreux vols avaient été déroutés vers des aéroports secondaires en raison d’un manque de carburant. À terme, les mégaconstellations devraient elles aussi devenir une menace. Selon une équipe de chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique, la probabilité de voir un civil ou un avion de ligne se faire frapper par un débris de satellite s’élève aujourd’hui à 40 %.
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