Passer au contenu

Une seule carte bancaire sera acceptée aux JO de Paris 2024

Une nouvelle hérésie apparaît au sujet des Jeux olympiques de Paris. Elle concerne les modes de paiement des boutiques.

Visa a l’exclusivité des Jeux olympiques de Paris, du fait d’un partenariat avec le CIO signé jusqu’en 2032. En tant que partenaire officiel de l’événement, l’intégralité des boutiques n’acceptera que les cartes de l’émetteur, de quoi bannir Mastercard ou toute carte étrangère comme American Express. On pourrait croire à une blague, ou se dire que les organisateurs finiront par comprendre le problème et se résigner à faire un pas en retrait, mais il n’en sera rien.

Les cartes bancaires en France et dans une grande partie du monde souffrent déjà d’être coincées dans un duopole. Il en devient encore plus problématique quand l’une des deux sociétés décide de devenir le partenaire officiel d’un événement et faire en sorte de couper la route à son concurrent. Lors des JO de Paris 2024, les seules solutions pour un article proposé dans l’une des boutiques de l’événement seront le liquide ou une carte Visa. Une nouvelle mésaventure, après celle de la billetterie, son expérience exécrable et ses tarifs exagérés.

“On perd jusqu’à 10 clients par jour”

Aux Halles à Paris, une première boutique officielle a ouvert en prévision des Jeux olympiques de Paris. C’est ici que les premiers clients viennent et ressortent généralement avec quelque chose, déjà. Mais pour les vendeurs, aux premières loges de l’interdiction des paiements par carte Mastercard et autre émetteur différent de Visa, c’est un vrai problème et une grande frustration. “On perd jusqu’à 10 clients par jour”, déclarait un vendeur au journal Le Parisien. Ceux qui arrivent à trouver une solution ne sont pas moins énervés de la mesure.

Selon eux, les Français seraient les plus déçus, alors qu’ils ne sont pas aussi bien équipés que les étrangers (notamment les Américains) quand il est question de carte bancaire. En France, nous sommes encore beaucoup à n’utiliser qu’une carte physique et n’en posséder qu’une seule. C’est généralement ce que proposent nos banques, y compris les banques en ligne.

Or il est maintenant courant chez les utilisateurs des néo-banques d’utiliser plusieurs cartes grâce aux paiements mobiles et aux portefeuilles numériques. Par exemple, chez Revolut, il est possible de générer une carte virtuelle éphémère, qui se détruit après chaque paiement pour éviter les fraudes. Les paiements mobile ont déjà cet intérêt de demander une authentification biométrique avant d’effectuer un paiement, et il n’y a pas de plafond contrairement aux paiements sans contact classiques.

En Europe, il a déjà été question de briser le duopole Visa-Mastercard. C’était ce que l’on pouvait attendre du projet European Payments Initiative (EPI), qui réfléchit au développement d’un porte-monnaie virtuelle et d’une solution de paiement instantané. Cependant, le développement d’une carte de paiement semble écarté. “On a perdu le volet souveraineté”, disait Martina Weimert, la dirigeante de la société intérimaire d’EPI, “il faut appeler un chat un chat, nous ne sommes pas parvenus à trouver un consensus sur ce point”, mentionnait une source anonyme.

Difficile de se dire qu’en France, un événement aussi important que celui des Jeux olympiques oblige ses vendeurs à demander aux consommateurs de se diriger vers un distributeur automatique de billets, chez une banque physique, pour pouvoir retirer de l’argent et revenir régler leur achat. Il semblerait que les leçons du confinement et de la crise sanitaire soient bien oubliées déjà.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

3 commentaires
3 commentaires
  1. il sera bien possible d’utiliser n’importe quel carte bancaire CB , Mastercard ou Visa. C’est une erreur de l’article.

  2. hum…

    “Toute carte bancaire portant le logo CB, quel que soit son réseau (Visa, Mastercard…) et quel que soit l’établissement émetteur, est acceptée chez tous les commerçants et prestataires de services affiliés. Cette spécificité française est connue sous le nom d’interbancarité.” (sur le site du minefi)

    Aller contre cela entraînerait Visa devant les tribunaux même si Le règlement européen n° 2015/751 autorise dans certaines conditions le vendeur à interdire “certaines cartes” à condition de l’indiquer en amont au client. Là ce n’est pas le vendeur mais visa qui l’imposerait ? Chouette, les avocats ne savaient pas quoi faire pour gagner de l’argent… J’imagine bien un recours rapide à la DGCCRF si cela se confirme…

Les commentaires sont fermés.