Dans un communiqué de presse, le Conseil fédéral suisse a annoncé qu’il avait pris la décision de bloquer les éventuels avoirs détenus par le président vénézuélien Nicolás Maduro sur son territoire. L’argent de celui qui a été capturé dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier dernier sera bloqué « avec effet immédiat » et « à titre préventif », pour « empêcher toute fuite de capitaux » qui pourraient s’avérer de nature illicite.
Pour convenir à une telle mesure, la Suisse se repose sur une loi censée valable pour tous, « sur le blocage et la restitution des valeurs patrimoniales d’origine illicite des personnes politiquement exposées à l’étranger ». En vertu de cette loi et de son application à titre préventif, le gel des avoirs de Nicolás Maduro en Suisse restera en place « jusqu’à nouvel avis, pour une durée de quatre ans ». Cependant, la Suisse a tenu à informer au Venezuela qu’il se tenait prêt à que ces fonds soient restitués « au profit de la population » locale.
Venezuela: With immediate effect, Switzerland is freezing any Swiss-based assets linked to Nicolás Maduro. If any assets turn out to be of illicit origin, Switzerland will do its best to ensure that these benefit the Venezuelan population. https://t.co/VdnJczonua
— Swiss Federal Government (@SwissGov) January 5, 2026
Dans le détail, le Conseil fédéral a notamment déclaré que ce blocage « ouvre la voie à de futures procédures d’entraide judiciaire », à condition que le pays soit en mesure de proposer une instruction sur les valeurs patrimoniales acquises de façon illicite au sein du pays. Pour que les capitaux soient reversés à la population, la Suisse veut encore que les procédures judiciaires ultérieures confirment que ces fonds sont d’origine illégale.
Parmi les accusations des États-Unis contre le président vénézuélien, qui ont conduit à sa capture à Caracas, le narco-terrorisme, le trafic de drogue en bande organisée et la corruption à grande échelle au sein de l’État pourraient expliquer une partie de la valeur patrimoniale de Nicolás Maduro, et de ses avoirs en Suisse. D’ailleurs, le Conseil fédéral a précisé que ce blocage visait aussi quelques-uns de ses proches, même si « aucun membre du gouvernement vénézuélien en place n’est concerné par cette mesure ».
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La Suisse a déjà gelé les avoirs de plusieurs présidents
Ce type de décision s’inscrit dans une pratique déjà bien établie de la Confédération helvétique visant à préserver des fonds potentiellement liés à des infractions pénales, tout en laissant aux autorités judiciaires des États concernés la responsabilité d’ouvrir des enquêtes et d’en démontrer l’illégalité. Par le passé, la Suisse avait déjà eu recours à de tels blocages à la suite de chutes de régimes ou de troubles violents, notamment à l’encontre des anciens présidents Zine El Abidine Ben Ali (Tunisie), Hosni Moubarak (Égypte) ou encore Bachar al-Assad (Syrie).
De son côté, les États-Unis se tiendraient prêts à saisir la réserve de bitcoins accumulée par le Venezuela. Selon les données officielles du pays, il y aurait 240 bitcoins en réserve, mais des rapports récents suggèrent que le pays aurait accumulé secrètement une « réserve fantôme » bien plus importante, qui proviendrait notamment des paiements pétroliers réglés en cryptomonnaies, et la conversion d’or. Les bitcoins au Venezuela se compteraient à 600 000 selon les renseignements, soit près de deux fois plus que les États-Unis (325 000 BTC).
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