Au Vietnam, ils étaient des dizaines de journalistes français à se rendre dans la capitale d’Hanoï pour découvrir VinFast, la nouvelle marque automobile locale orientée électrique l’année dernière. Après un rapide passage dans les motorisations thermiques, la filiale du gigantesque groupe Vingroup accélérait dans l’électrique et cherchait à faire passer le message aux Européens et aux Américains : nous sommes là et nous arrivons bientôt chez vous.
Tous jettent l’éponge
Pourtant, les retards s’accumulent, les plans tombent à l’eau et de nombreux membres de la direction jettent l’éponge. La dernière série en date remonte au vendredi 17 mars quand trois cadres supérieurs ont démissionné. Gareth Dunsmore, directeur général adjoint des ventes et du marketing à l’échelle du monde, et le directeur des services Craig Westbrook, l’un des principaux responsables américains de VinFast, ont suivi le directeur marketing Greg Tebbutt.
VinFast a fait son pivot vers le 100 % électrique en 2021. Depuis, il n’est plus le même constructeur, alors que son PDG Michael Lohscheller a été remplacé à la fin de la même année. En 2022, après un an à se concentrer uniquement sur les voitures électriques, le directeur du développement EV Huy Chieu résignait à son tour. Le célèbre designer automobile passé par General Motors, David Lyon, quittait lui aussi son poste de chef du design.

Aux États-Unis et au Canada, un plan de restructuration devrait emmener la société à licencier 80 salariés et retarder d’un an minimum l’ouverture de son usine américaine, un projet à 2 milliards de dollars. La voiture électrique aux États-Unis est de plus en plus encadrée dans une politique de protectionnisme de l’administration Biden qui ne plaît pas aux constructeurs étrangers. Bien que Vingroup soit un véritable mastodonte au Vietnam, il sera nécessaire pour VinFast d’accéder à la Bourse.
Ses plans étaient de récupérer 2 milliards de dollars minimums, de quoi amortir ses investissements, ses nouvelles usines, et tout simplement redresser l’entreprise qui accuse aujourd’hui des pertes de 2,1 milliards de dollars (chiffres de fin d’année 2022). Certains font d’ores et déjà référence à Faraday Future, une startup qui n’a jamais trouvé de solution pour se lancer et s’attache depuis de longues années maintenant à des fonds d’investissement et du capital-risque que l’entreprise brûle sans résultat.

En France, en attendant, VinFast s’inspire de Lynk & Co et propose ses deux gros SUV VF8 et VF9 en location longue durée (LLD) à 599 euros par mois (10 000 kilomètres par an) avec un premier loyer de 7 350 euros. À l’achat, le VF8 est disponible à partir de 46 050 euros… un prix qui ne prend pas en compte la batterie, à 120 euros par mois en location. Pour ne rien louer et pouvoir profiter d’une voiture électrique équipée d’une batterie, il faut plutôt viser les 62 200 euros.
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