L’arrivée des nouveaux droits de douane en Amérique a été vécue comme un tremblement de terre à l’échelle mondiale. Cette secousse a eu de multiples répliques, un peu partout dans le monde. Du côté du vieux continent, Mario Sefcovic, le commissaire européen en charge des relations commerciales et de la sécurité économique s’est longuement entretenu avec la ministre chinoise Wang Wentao.
Lors de cette visioconférence, les deux parties ont conclu plusieurs accords, acceptant de renforcer leurs liens économiques. Notamment dans le secteur de l’automobile. À la fin de cette discussion, le gouvernement chinois a déclaré « souhaiter que les Européens continuent d’adhérer à un commerce international libéralisé, multilatéral, fondé sur des règles ».
De leur côté, les Européens ont demandé une « réforme de l’OMC ». L’objectif lointain serait la création d’un espace plus favorable aux entreprises. Pour l’heure les taxations sur les véhicules chinois peuvent monter jusqu’à 35,5 %. Certaines marques bénéficient néanmoins d’accord spécifique. C’est notamment le cas de BYD (taxé à 17 %) ou encore de Geely (18,8 %).
Une taxation à revoir ?
L’Europe semble donc prête à renégocier ces accords avec la Chine. Si pour l’heure la date des négociations n’est pas connue, les échanges de la semaine dernière ne laissent rien présager de bon pour l’industrie automobile européenne. Se voulant rassurante sur ce sujet, la Commission européenne a assuré que le bonus écologique ne serait pas touché au cours de ces négociations.
Les marques européennes pourraient donc, dans quelques mois seulement, faire face à une concurrence inédite, celle des voitures électriques chinoises à bas coût. Reste à savoir quel niveau de confiance les consommateurs européens placeront dans ces marques sorties de nulle part.
L’Europe, aux antipodes des USA
Une chose est sûre, la politique économique de l’Europe est en train de se différencier, de plus en plus clairement, de celle de l’Amérique. Les taxations voulues par Donald Trump pour « rendre l’Amérique meilleure » n’ont pas fait des petits de l’autre côté de l’Atlantique.
Une taxation plus « laxiste » des voitures électriques chinoises pourrait avoir plusieurs conséquences pour le marché européen. Les constructeurs historiques, basés sur le vieux continent, entreraient dans une « guerre des prix », face à de nouvelles marques, beaucoup plus accessibles.
Le marché chinois en Europe, beaucoup de questions
L’arrivée des voitures chinoises sur le marché européen n’est cependant pas qu’une bonne nouvelle d’un point de vue économique. En effet, de nombreux spécialistes du marché de la voiture électrique craignent une baisse des ventes des voitures « fabriquées en Europe », et, de facto, des licenciements dans les usines concernées.
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