SongBeat, le logiciel de recherche et de téléchargement “légal” de musique semble avoir fait récemment peau neuve et propose maintenant des fonctions supplémentaires de streaming (écoute en flux) de webradios comme last.FM.
SongBeat est à l’origine un logiciel à installer sur PC dont la sortie début 2008 avait fait couler beaucoup de pixels, car le débat sur sa légalité n’avait pas été tranché.

Cette nouvelle version permet, outre la recherche et le téléchargement direct de musiques, d’écouter des webradios et de les enregistrer, de créer des playlists, mais aussi de graver directement les fichiers téléchargés ou encore de les importer dans iTunes.
Tout cela gratuitement et “légalement”, selon les auteurs du logiciel, une startup basée à Berlin.
Trop beau pour être vrai n’est-il pas ? En fait, comme pour la plupart des services de recherche, de streaming mais surtout de téléchargement de musique, SongBeat joue un peu avec les mots et profite du flou (artistique ?) qui entoure l’activité de la musique en ligne, dans lequel même le plus aguerri des juristes n’y retrouverait pas ses petits.
De fait, nous autres simples et pauvres internautes, sommes bien démunis face à ce maelström, et bien malin qui pourra dire précisément si SongBeat, soi-disant légal en Allemagne, l’est de ce côté du Rhin. Je ne conteste pas qu’il le soit, mais les compétences juridiques de 99,99% des internautes ne leur permettent pas de vérifier cette assertion, et les miennes encore moins. Selon ses auteurs, “Même si l’industrie musicale prétend volontiers le contraire, le simple téléchargement de chansons sur internet n’est pas fondamentalement un acte contraire à la loi. Songbeat n’est pas un logiciel illégal de partage de fichiers car il n’utilise pas la technologie P2P mais simplement des fonctionnalités de recherche intelligente et d’enregistrement. Aucun dispositif de protection antipiratage n’est esquivé.”
Bon, nous ne demandons qu’à les croire, mais alors dans ce cas, pourquoi lorsque l’on lance le logiciel pour la première fois, avons-nous droit à un avertissement long comme un jour sans blog se déchargeant de toute responsabilité en cas d’usage illégal et d’enfreinte des copyrights ?
L’industrie de la musique est aux abois, le législateur ne sait plus à quel Pascal Nègre se vouer, le consommateur télécharge illégalement à défaut d’une solution équitable pour tous, les musicos mangent des pâtes en attendant des jours meilleurs, et pendant ce temps les services de “téléchargement légal” émergent ici et là sur la toile, sans que nous sachions exactement ce qu’il en est réellement.
C’est pénible parfois, la dématérialisation. Au moins quand on pique une pomme chez le marchand (ou une Béhème en bas de l’immeuble) on sait ce qu’on risque et qui on spolie. Là c’est la bouteille à l’encre, et cette instabilité juridique finit par donner le tournis.