Voilà de quoi faire ressurgir les tensions autour de l’exploitation des mines de minerais nécessaires à la production de batteries pour véhicules électriques. À Rubaya, en République démocratique du Congo, un pan d’une colline sur un site minier s’est effondré, piégeant plusieurs centaines de personnes. Les secours peinent à accéder au site du drame.
Située dans la région du Kivu, la zone est contrôlée par les rebelles du M23, un mouvement armé que Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir. Cette dimension géopolitique complique considérablement les opérations de sauvetage et rend difficile l’établissement d’un bilan précis. Les communications avec la zone restent extrêmement limitées, et les autorités congolaises redoutent que le nombre de victimes ne soit encore sous-estimé.
Le site touché est une mine artisanale et clandestine, typique de cette région où l’exploitation minière échappe largement au contrôle de l’État. Des centaines de mineurs, souvent poussés par une pauvreté extrême, travaillent quotidiennement dans des conditions qui défient toute norme de sécurité. Pas d’équipement de protection, pas de structures de soutènement, pas de plan d’évacuation : ces travailleurs creusent à mains nues ou avec des outils rudimentaires, au péril de leur vie.
L’effondrement de ce pan de montagne n’est malheureusement pas exceptionnel. Les mines artisanales de l’est du Congo sont régulièrement le théâtre d’accidents mortels, provoqués par l’instabilité des structures, les éboulements ou les inondations. Mais l’ampleur de cette catastrophe dépasse tout ce qui a été observé ces dernières années dans la région.
At least 200 are feared dead in a landslide that struck a militia-held mine in DR Congo. The mine produces 15 to 30 percent of the world's supply of coltan, a key component in the production of electronics such as laptops and mobile phones.https://t.co/Dvz9bIti7l pic.twitter.com/6iHDWEAxP9
— AFP News Agency (@AFP) February 1, 2026
Des batteries et des vies
Le cuivre et le coltan extraits dans ces conditions précaires alimentent pourtant les chaînes d’approvisionnement mondiales. Le coltan congolais est très prisé pour la fabrication des batteries lithium-ion qui équipent nos véhicules électriques et nos smartphones. La RDC détient environ 60% des réserves mondiales de ce minerai stratégique (15 à 30% pour la seule mine de Rubaya), faisant d’elle un acteur incontournable du secteur.
Mais alors que les pays développés multiplient les engagements en faveur du climat et de la décarbonation, l’extraction des matériaux nécessaires à cette transition se fait au prix de vies humaines et dans des conditions qui relèvent de l’exploitation. Les grandes entreprises technologiques et automobiles, sous pression de leurs actionnaires et de l’opinion publique, tentent de mettre en place des systèmes de traçabilité pour garantir un approvisionnement “éthique”. Mais sur le terrain, rien n’a jamais vraiment changé.
La situation est d’autant plus complexe que la région échappe au contrôle du gouvernement congolais. Les groupes armés, dont le M23, tirent profit de l’exploitation minière artisanale et contrôlent les routes d’exportation. Le pillage systématique des ressources alimente les conflits qui déchirent l’est du Congo depuis des décennies, créant un cercle vicieux de violence et de pauvreté.
Les organisations internationales et les ONG présentes sur place dénoncent depuis longtemps cette situation. Mais l’accès aux zones minières reste difficile, et les témoignages des victimes peinent à franchir les frontières.
Pour ce cas précis, le gouvernement congolais a annoncé l’ouverture d’une enquête, mais dans cette zone de non-droit, les responsabilités seront difficiles à établir.
- Un pan de montagne d’une mine de cuivre et cobalt en RDC fait craindre la mort de 200 personnes.
- Le contrôle de la zone par les rebelles du M23 complique les opérations de sauvetage.
- Cet évènement relance les débats autour de l’exploitation des mines pour la production de batteries.
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