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Top départ pour le carburant synthétique Porsche

Porsche vient de lancer la production.

Porsche, Siemens Energy, Exxon Mobil, Enel Green Power, la société énergétique nationale chilienne ENAP et Empresas Gasco ont donné le top départ à l’essence synthétique. À plus de 13 000 kilomètres de Paris, dans la région des Magallanes au Chili, la première usine de production du e-fuel vient d’ouvrir ses portes et verser ses premiers litres dans le réservoir d’une voiture. Ici, à la pointe méridionale du pays, non loin du cap Horn, les vents sont si violents (270 jours par an) qu’une production à grande échelle d’une solution utilisant l’énergie éolienne, l’eau et le CO2 est possible, pour remplacer la raffinerie traditionnelle.

Porsche parle de son e-fuel depuis des années et a investi plusieurs centaines de millions de dollars pour son développement. Dans la nouvelle usine, la production sera exponentielle jusqu’à 2026. De 130 000 litres produits par an en 2023, le site passera à 55 millions de litres en 2024. Deux ans après, il faudra encore multiplier le tout par 10 : 550 millions de litres de carburant synthétique prévu pour 2026. “Hier, nous avons célébré avec tous les employés de HIF et nos partenaires, ce moment historique”, déclarait Barbara Frenkel, une membre du conseil d’administration de Porsche.

En guise de symbole, c’est bel et bien une Porsche 911 qui a reçu les premières gouttes de cette essence qui se doit d’entraîner la marque dans un futur plus durable et décarboné. Mais la production d’essence synthétique ne viendra pas dans les réservoirs des clients directement. L’utilisation de l’e-fuel est prévue dans un premier temps lors des 24 heures du Mans 2023, pour le championnat de la Porsche Supercup (avant chaque Grand Prix de Formule 1), puis devrait finir un jour dans le championnat phare de la FIA.

L’utilisation grand public de la technologie est très peu abordée par le constructeur. Le groupe Volkswagen lui aussi se dit extérieur au projet et désintéressé par une démocratisation. Interrogé par Presse-citron en septembre dernier, le CEO de Volkswagen Group France, Xavier Chardon, déclarait : “aujourd’hui c’est Porsche qui est parti en avance de phase sur le carburant synthétique. On est sur des coûts qui rendent encore le développement rédhibitoire. C’est pour ça qu’on concentre nos efforts chez Porsche pour la 911 et pour le sport automobile. C’est un usage de niche, mais qui pourra certainement s’étendre dans le groupe. C’est possible d’imaginer son expansion chez d’autres marques de luxe. Quant à passer à la démocratisation, pour le moment ce n’est pas prévu”.

Un carburant qui capte le CO2

Sans parler de photosynthèse bien sûr, le carburant synthétique produit par Porsche repose sur l’intérêt double de capter le CO2. Pour pouvoir se substituer au méthanol conventionnel, le e-fuel a besoin de carbone pour se combiner à l’hydrogène (et devenir un hydrocarbure). Celui-ci est capté au niveau des zones industrielles polluantes ou de la biomasse, mais à terme, Porsche sait qu’il lui faudra développer des technologies de captation plus large, dans l’air ambiant. “C’est donc encore une technologie qui a besoin de plus de recherche et de développement”, déclarait Michael Steiner, un autre membre du conseil d’administration de Porsche.

À l’approche de mesures politiques très sévères sur la question de l’empreinte carbone des entreprises, Porsche se prépare à utiliser son carburant pour réduire son impact en interne. Et pour cela, l’e-fuel pourrait être ajouté dans les réservoirs des véhicules de ses Porsche Experience Center. Tout cela aura un prix : plus de 2 dollars le litre, sans compter les taxes et l’importation vers l’Europe.

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