Il n’y a pas que l’UE qui en veut à Apple ; après s’être vue imposée une amende salée dans l’affaire Spotify au mois de mars, puis une autre à la rentrée pour non-respect du Digital Markets Act (DMA), cette fois, le problème est en interne. Amar Bhakta, salarié du département de communication digitale, vient de déposer une plainte en Californie à l’encontre du géant de Cupertino. Motif : une surveillance un peu trop rapprochée de ses employés.
Un écosystème transformé en prison numérique
Le système de surveillance mis en place par Apple, selon le plaignant, serait bien rodé. Les employés se verraient contraints d’installer un logiciel spécifiques sur leurs appareils personnels utilisés pour le travail. Cet outil permettraient ensuite à l’entreprise d’accéder à une multitude d’applications privées : messageries électroniques, bibliothèques photos, données de santé, informations domestiques connectées.
Les salariés seraient aussi obligés de lier leurs comptes iCloud personnels à l’entreprise, offrant à Apple un accès à leurs données de géolocalisation, même en dehors des heures de bureau. La poursuite juridique incrimine par ailleurs la société d’obliger ses employés à consentir à une politique permettant à l’entreprise de les surveiller par des moyens électroniques, physiques et visuels.
Le bâillon de la Silicon Valley
Cette stratégie de contrôle totale s’étendrait même au-delà du cadre purement technique. Bhakta, employé depuis 2020, s’est vu interdire toute intervention dans des podcasts concernant son travail. L’entreprise l’a même contraint à supprimer des commentaires sur ses conditions de travail publiés sur le réseau professionnel LinkedIn. Cette politique restrictive concerne même mes discussions sur les salaires et aux conditions de travail, entravant au passage les protections légales accordées aux lanceurs d’alerte.
« Les politiques et pratiques de surveillance d’Apple dissuadent et restreignent illégalement les lanceurs d’alerte, la concurrence, la liberté de mouvement des employés sur le marché du travail et la liberté d’expression », dénonce la plainte. Un autre passage percutant du document judiciaire affirme : « Pour les employés d’Apple, l’écosystème Apple n’est pas un jardin clos. C’est une cour de prison. Un panoptique où les employés, en service ou non, sont perpétuellement soumis à l’œil omniscient d’Apple ».
Face à ces accusations, Apple maintient sa ligne de défense : les allégations de Bhakta seraient fausses, et l’entreprise affirme former annuellement ses employés sur leurs droits à discuter des conditions de travail. « Chez Apple, nous nous concentrons sur la création des meilleurs produits et services au monde et nous nous efforçons de protéger les inventions que nos équipes conçoivent pour nos clients. […] Nous sommes fermement en désaccord avec ces accusations et estimons qu’elles sont dénuées de fondement » a affirmé Josh Rosenstock, porte-parole de l’entreprise.
Pourtant, cette affaire s’ajoute à une plainte antérieure déposée en juin par deux femmes dénonçant des inégalités salariales dans les divisions ingénierie, marketing et AppleCare. Si les allégations de Bhakta se révèlent exactes, la réputation de la firme en prendrait un sacré coup.
- Un employé d’Apple accuse l’entreprise de surveiller abusivement les appareils personnels et iCloud de ses salariés.
- Apple est également accusé de restreindre la liberté d’expression de ses employés, notamment sur les salaires et les conditions de travail.
- Pour le moment, l’entreprise nie formellement ces accusations.
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