Relier l’Australie à l’Europe sans la moindre escale : c’est l’ambition du « Projet Sunrise » porté par la compagnie Qantas. L’objectif est de transformer l’historique « Route du kangourou », qui nécessitait autrefois plusieurs jours de voyage et de nombreuses escales, en une liaison directe d’une vingtaine d’heures entre Sydney, Londres ou New York.
Après un tout premier vol de rodage de 3 heures et 43 minutes effectué début juin depuis Toulouse, l’appareil d’essai d’Airbus a franchi un cap décisif en passant au test en conditions réelles. Parti de Toulouse pour rejoindre Melbourne, l’A350-1000ULR a accompli son voyage retour vers la France en restant dans les airs pendant 24 heures et 24 minutes, couvrant 23 075 kilomètres sans s’arrêter. Il a atterri ce 28 juillet à Toulouse.
Un marathon aérien qui a passionné les internautes : avec plus de 3,6 millions de personnes agrippées à leur écran sur la plateforme Flightradar24, ce vol d’essai est devenu le deuxième le plus suivi de l’histoire du site.
The #A350-1000ULR is just back from its longest flight ever from Melbourne 🇦🇺 to Toulouse 🇫🇷! That’s a 12,460NM (23,075.92 km) hop 🦘 in 24 hours 24 minutes!
And for the crew, that meant flying from winter to summer, crossing 2 oceans, 3 continents, and seeing 2 sunrises + 2… pic.twitter.com/Xk3Gbfq3HL
— Airbus (@Airbus) July 28, 2026
Une version totalement remaniée
Pour réussir de telles prouesses, l’A350-1000 standard a dû subir d’importantes modifications. La pièce maîtresse de cette métamorphose reste l’intégration d’un réservoir central arrière (RCT) capable d’embarquer 20 900 litres de kérosène supplémentaires. Un ajout indispensable pour étendre son rayon d’action à près de 17 000 kilomètres, mais qui impose un compromis radical : l’appareil n’accueillera que 238 passagers, contre jusqu’à 400 dans sa configuration classique.
Ce vol d’essai a également permis de pousser les équipements de confort dans leurs derniers retranchements. Les équipes d’Airbus ont notamment testé en conditions extrêmes le système de climatisation et de gestion de la température en cabine, ainsi que les nouveaux modules de repos destinés aux pilotes. Ces espaces dédiés ont été repensés avec deux accès séparés pour permettre aux membres d’équipage d’entrer et de sortir sans se perturber durant leur temps de sommeil.

L’équipage à bord s’adapte
Il a aussi été question d’un test grandeur nature pour la gestion humaine. Aux côtés des spécialistes d’Airbus, deux pilotes de la compagnie Qantas ont pris les commandes afin de se familiariser avec l’appareil. Et afin de tenir le coup sur plus d’une journée de vol continu, l’équipage a appliqué un roulement millimétré.
« Pour gérer la fatigue durant ces vols de 20 à 23 heures, nous avons mis en place des shifts de quatre heures par pilote, avec une rotation toutes les deux heures. Cette approche croisée garantit que lorsqu’un nouveau pilote rejoint le cockpit, il chevauche pendant deux heures le pilote sortant », explique Xavier Pepin, pilote d’essai et commandant de bord sur le vol retour.
De même, l’appareil a opté pour une route septentrionale, survolant le Pacifique, l’Amérique du Nord puis l’Atlantique Sud avant d’atterrir à Toulouse, l’idée étant d’optimiser la trajectoire et éviter toute perturbation du trafic commercial. Qantas attend désormais la livraison de son tout premier A350-1000ULR en avril 2027, avec pour objectif de lancer ses premiers vols commerciaux réguliers sans escale entre Sydney et Londres dès octobre de la même année.
- L’A350-1000ULR d’Airbus a réalisé un vol d’essai sans escale de 24 heures et 24 minutes entre Melbourne et Toulouse, couvrant plus de 23 000 kilomètres.
- Équipé d’un réservoir supplémentaire de 20 900 litres de kérosène, l’appareil ne transportera que 238 passagers pour maximiser son autonomie.
- Qantas prévoit de lancer ses premières liaisons régulières sans escale entre l’Australie, Londres et New York à partir d’octobre 2027.
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