En 2005, la planète Eris est découverte. Plus grande que Pluton, elle crée alors un débat sur ce que doit être une planète. Un débat tranché par l’Union astronomique internationale en 2006, qui crée une nouvelle catégorie pour désigner les objets trop gros pour être de simples astéroïdes et trop petits pour être de véritables planètes : les planètes naines. Cette catégorie englobe Pluton et Eris, mais aussi Cérès, Hauméa et Makémaké. En 2026, un nouvel astre pourrait s’ajouter à la liste : 2026 ED138.
Une nouvelle planète naine ?
Les astronomes de l’observatoire chilien Vera C. Rubin annoncent avoir découvert un nouvel objet céleste. Il répond, pour l’instant, au doux nom de 2026 ED138. Situé au-delà de Pluton, à 6,9 milliards de kilomètres du Soleil, il n’est pourtant pas très discret dans le ciel, comme l’explique Mario Jurić, scientifique en chef du système solaire à l’observatoire Rubin. Toutefois, 2026 ED138 n’apparaissait que comme une étoile brillante parmi des milliers d’autres sur les images observées, perdu dans une zone encombrée par la luminosité de la Voie Lactée. Mais un logiciel a remarqué que ce petit point lumineux se déplaçait dans le ciel, suivant une orbite précise. En analysant sa trajectoire, les scientifiques se sont alors rendu compte qu’il s’agissait d’un astre situé dans notre système solaire, mais aussi relativement grand. Il était présent sur des images d’archives depuis 2016, personne ne l’avait simplement remarqué.

Il reste encore beaucoup de choses à confirmer, mais la question la plus importante est la suivante : 2026 ED138 est-elle une planète naine ? Pour bénéficier de cette appellation, il faut remplir des critères précis : être sphérique, graviter autour du Soleil et ne pas avoir dégagé son orbite. Pour l’instant, les scientifiques jugent son diamètre entre 600 et 1 500 km. Selon les estimations, un corps glacé de plus de 400 km de diamètre peut en général devenir quasi sphérique, mais seules de nouvelles observations permettront de confirmer que 2026 ED138 est bien en équilibre hydrostatique. Pas besoin de se rendre sur place : les scientifiques vont continuer à étudier sa luminosité. Si elle dispose d’un satellite, ce dernier pourrait aussi les aider à déterminer sa masse. Maintenant qu’ils savent où chercher, l’étude devrait être plus aisée. Attention toutefois, ce classement en planète naine ne serait pas automatique. L’UAI n’a pas de procédure officielle et il existe déjà de nombreux d’objets célestes qui pourraient prétendre à ce statut.
À la recherche de la mystérieuse planète Neuf
Depuis des années, un débat agite le milieu spatial : notre système solaire compte-t-il une neuvième planète cachée ? Un astre de taille intermédiaire, au-delà de Neptune, qui n’aurait jamais été repéré faute d’un angle d’observation ou d’une luminosité favorable. La découverte de 2026 ED138 relance le débat. Si un tel objet a pu passer sous les radars tout en étant bien visible, cela pourrait aussi être le cas de la mystérieuse planète Neuf, comme l’explique l’astronome Matthew Holman (via le New York Times), l’un des auteurs de la découverte, du centre d’astrophysique de Cambridge, dans le Massachusetts :
« Cela montre que nous avons la capacité de trouver des choses et qu’il reste encore des mystères extraordinaires à découvrir (…) Il pourrait très bien y avoir un objet de la taille de Mars qui n’a pas encore été découvert, voire plus gros. »
La découverte de 2026 ED138 est donc exceptionnelle et prouve que le ciel regorge encore de secrets.
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