Les lunettes connectées sont le nouvel objet à la mode. Si Meta s’est déjà bien installé sur le marché, de nombreux constructeurs s’y lancent ou sont supposés s’y lancer prochainement. Cependant, cet essor engendre de nouveaux problèmes juridiques, selon Reuters.
L’agence de presse rapporte en effet que le Parquet de Paris a ouvert une enquête pénale implicant ce type de produit. Une plainte pour harcèlement sexuel avec usage de lunettes connectées (la marque n’est pas précisée), en lien avec une pratique nouvelle sur les réseaux sociaux : filmer les femmes à leur insu grâce à ces terminaux. Plus encore, la CNIL affirme avoir reçu « au moins dix plaintes » sur leur usage non consenti sur le lieu de travail. Plus encore, de plus en plus d’entreprises s’interrogent sur le fait d’interdire ou non les Meta Ray-Ban et consorts.
Un véritable cauchemar pour la vie privée
Meta dit avoir conçu ses lunettes avec une idée en tête : la protection de la vie privée. Un non-sens quand on comprend comment fonctionnent ses produits. Ils sont en effet conçus pour filmer à la volée. Certes, la caméra dispose d’une petite LED pour signaler son fonctionnement, mais cela change-t-il vraiment quelque chose ? Une personne qui ne veut pas être filmée doit tout de même y être contrainte, même si elle est au courant. Plus encore, il est tout à fait possible de masquer ce voyant avec un bout de scotch.
Filmer une personne à son insu est puni d’un an de prison et de 45 000 euros au maximum en France. Mais légiférer est compliqué. Prendre quelqu’un sur le fait en train de filmer avec un téléphone est faisable, mais c’est plus délicat avec des lunettes connectées, terminal qui mise sur la discrétion.
La France n’est pas le seul pays à être confronté à la problématique des lunettes connectées. En Grande-Bretagne, les cinémas ont déjà pris la décision de bannir ce genre de dispositif, pour des raisons évidentes de piratage. En Allemagne, une association de défense des consommateurs a porté plainte contre Meta pour violation de la vie privée. Même chose aux Pays-Bas, où les utilisateurs reprochent à Meta d’envoyer directement les vidéos capturées sur des serveurs distants. L’Australie, pour sa part, veut aller encore plus loin en interdisant purement et simplement les lunettes connectées dans les administrations et les bâtiments gouvernementaux.
Ces terminaux sont de plus en plus populaires auprès des consommateurs et les marques s’engouffrent dans la brèche. Le prochain à vouloir sa part du gâteau est Samsung avec ses lunettes Galaxy. Cet essor représente un véritable enjeu pour nos sociétés. Acceptera-t-on le risque d’être potentiellement filmé par des utilisateurs à chaque fois que nous sortirons dans la rue ?
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