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C’est bientôt Halloween : voici 5 jeux vidéos indépendants incontournables pour passer une soirée effrayante

Pas besoin d’aller claquer 70 boules dans le dernier AAA si vous voulez vous faire retourner le cerveau (et l’estomac) pour le soir d’Halloween. On vous a déniché les pépites du jeu d’horreur qui ont secoué la scène indépendante.

Comme nous l’avions fait il y a deux ans, voici une petite sélection de jeux vidéo à dégainer le soir d’Halloween dans le cas où vous ne seriez pas du genre à vous alcooliser en soirée avec un costume ridicule en polyester. Cette année, nous avons toutefois décidé de nous concentrer sur les jeux indépendants, qui mettent un taquet monumental aux productions AAA en matière de créativité et de prise de risque. Si vous êtes PCiste, c’est encore plus le moment d’en profiter puisque Valve célèbre aussi la fête des morts sur Steam avec son rendez-vous annuel incontournable L’épouvantable Halloween de Steam et certains titres sont bradés à des prix quasi indécents.

Voici notre sélection pour l’année qui vient de s’écouler et ne vous inquiétez pas, nous n’avons pas oublié pour autant les consoleux, qui ont tout aussi droit à leur dose de sueurs froides et de sous-vêtements souillés. Chaussez votre meilleur casque, éteignez les lumières et assurez-vous d’avoir le cœur bien accroché : cette cuvée 2026 est particulièrement poisseuse.

Silver Pines : un survival horror qui condense le meilleur de Twin Peaks et de Resident Evil

Petite claque inattendue de cet automne : Silver Pines, sorti le 8 octobre 2026 est le premier jeu du studio scandinave Wych Elm, édité par Team17. Si vous n’en avez rien à faire des graphismes tape-à-l’œil et préférez un gameplay aux petits oignons et une ambiance glauque, ce titre est clairement pour vous. C’est un Metroidvania en 2.5D où vous incarnez Red Walker, un détective privé qui se réveille dans la petite ville de Silver Pines sans le moindre souvenir de comment il a atterri là. Sa mission : retrouver un musicien disparu dans une bourgade paumée remplie de personnages étranges et de créatures terrifiantes.

Son atmosphère suinte littéralement l’influence de la fabuleuse série Twin Peaks et plus largement des thrillers mystiques des années 90 comme The X-Files : une filiation artistique revendiquée par les développeurs. Le système d’inventaire emprunte à Resident Evil 2 Remake ce qu’il avait de mieux (et de plus douloureux), puisque vous ne pouvez pas vous charger comme un bœuf et il faudra faire des concessions.

Quant à l’exploration, le côté Metroidvania pousse au va-et-vient entre les zones, dont certaines ne s’ouvrent qu’après avoir débloqué les bons outils. Les combats sont un chouïa rigides, c’est le seul bémol, mais l’atmosphère, la direction artistique, la bande-son et le level design compensent largement ce point faible. Pour un premier jeu, c’est un coup de maître, et à 24,99 euros sur Steam, difficile de trouver meilleure ode aux grands classiques de l’horreur typique des nineties.

Tenebris Somnia : un hommage au cinéma d’horreur argentin

Très rares sont les jeux qui ont été co-réalisés par un cinéaste dont le dernier projet a fait trembler les festivals d’horreur. Tenebris Somnia, sorti le 16 octobre 2026, est le fruit de la collaboration entre Andrés Borghi, responsable des effets visuels du redoutable Cuando Acecha la Maldad (When Evil Lurks, 2023), Saibot Studios (Buenos Aires), et édité par New Blood Interactive, les mêmes qui ont publié les excellents FPS rétro Dusk en 2018 et Ultrakill en 2020.

Si vous avez grandi à l’ère de la VHS et que l’esthétique de ces années vous manque, ce chef-d’oeuvre saura vous séduire par son originalité ; c’est bien simple, il ne ressemble à aucun autre jeu de la scène horreur actuelle. Vous y incarnez Julia, coincée dans un immeuble où une réalité cauchemardesque baptisée Relicta grignote le monde réel.

Complètement inclassable, le jeu alterne entre des séquences de jeu en 2D type 8 ou 16 bits et des scènes en prise de vue réelle (FMV) tournées avec de vrais acteurs. Un brin kitsch, ce mélange audacieux s’avère redoutablement efficace : les scènes d’horreur réelles sont très stressantes, les puzzles inventifs, l’ambiance suffocante et le bestiaire grotesque profite du savoir-faire cinématographique de Borghi. Certes, les combats restent un peu patauds, comme souvent dans ce type de production mais on pardonne aisément au vu du reste de la proposition.

Le jeu est disponible sur Steam (15, 99 euros au lieu de 19,99 euros) PlayStation 5, Xbox Series, Nintendo Switch et Nintendo Switch 2. Tenebris Somnia est certainement l’un des jeux d’horreur les plus singuliers sur lequels nous avons pu mettre les mains ces dernières années.

Crow Country : une lettre d’amour cauchemardesque à la PlayStation 1

Crow Country n’est pas nouveau puisqu’il est sorti le 9 mai 2024, mais il mérite clairement d’être replacé sous les projecteurs. Aux manettes, on retrouve le studio britannique SFB Games, principalement connu pour le jeu de puzzle tout mignon Snipperclips sorti en 2017 sur Nintendo Switch, alors autant dire qu’on ne les attendait pas sur le terrain du survival horror.

Encore une fois, c’est un jeu à mille lieues des grosses productions, qui s‘adressera principalement aux nostalgiques de l’époque PS1. Si vous ne craignez pas l’aliasing, les textures baveuses, les caméras fixes et que vous trouvez que les jeux d’horreur modernes manquent de ce petit côté artisanal qui faisait leur charme, Crow Country vous rapatriera direct en 1998 pour vous infliger un shoot de mélancolie bien crasseux.

Vous jouez une jeune femme appelée Mara Forest qui explore un parc d’attractions abandonné du même nom, où les manèges rouillés et les mascottes décrépites dissimulent de sinistres secrets. Tout est à l’ancienne : munitions qui se comptent sur les doigts d’une main, sauvegardes limitées, énigmes retorses qui feront chauffer votre cerveau et une progression qui récompense l’exploration avant tout.

La direction artistique en low-poly est tout simplement magnifique et la bande-son colle aux tripes du début à la fin. On boucle l’aventure en six à huit heures, la durée idéale pour une ou deux soirées d’Halloween sans poser la manette. Si le jeu pèche quelque part, c’est peut-être sur sa difficulté un peu trop clémente pour les vétérans du genre, mais un mode plus corsé est disponible pour les puristes. Disponible sur Steam (9,75 euros au lieu de 19,50 euros), Crow Country est également sorti sur PlayStation 4, PlayStation 5, Xbox Series et Nintendo Switch.

Pacific Drive : le roadtrip de l’angoisse

Même si Pacific Drive n’est pas un jeu d’horreur au sens strict, on vous promet qu’il pourra tout de même vous coller quelques sueurs froides. Développé par Ironwood Studios (Seattle) et sorti le 22 février 2024, c’est un jeu de survie qui vous propulse au cœur de la Zone d’Exclusion du Pacifique Nord-Ouest, un territoire ravagé par des expériences scientifiques gouvernementales menées depuis les années 1950.

Infestée de phénomènes paranormaux et d’anomalies, votre seul moyen d’en sortir vivant est d’écraser le champignon à bord d’un vieux break déglingué, votre seul compagnon de route. Si vous avez aimé l’atmosphère oppressante de la Zone dans les jeux Stalker et que l’idée de bichonner une voiture entre deux expéditions vous parle, foncez les yeux fermés.

Vous planifiez vos voyages, et chaque sortie est une course contre la montre où il faut récupérer des ressources, scanner votre environnement, survivre aux anomalies et surtout ramener votre véhicule en un seul morceau au garage, unique refuge où il ne vous arrivera rien. La boucle roguelite est terriblement addictive : revenu d’expédition, on répare les pièces de la voiture une par une, on en bricole de nouvelles pour améliorer sa résistance, puis on retourne parcourir les routes de la Zone, qui changent à chaque run.

La direction artistique est une franche réussite, oscillant entre de magnifiques paysages dégagés baignés d’une lumière dorée et de sombres sous-bois étouffés par la brume, illuminés par les tempêtes radioactives. Le sound design, à lui seul, justifie de classer Pacific Drive dans la catégorie horreur, sans parler des superbes musiques (avec des groupes comme Smokey Brights, King Dude, A Shell in the Pit, Lemolo ou Crooked Mouth) que vous pouvez passer sur votre autoradio pour oublier que vous êtes seul dans un endroit qui veut votre mort.

Doté d’une durée de vie conséquente (comptez au moins 20 h pour faire le tour de l’histoire, mais beaucoup plus si vous êtes un maniaque) le seul reproche qu’on pourrait lui adresser c’est une certaine répétitivité dans les objectifs de mission sur la durée, mais l’atmosphère est si prenante qu’on pardonne volontiers. Le jeu est disponible sur Steam (9,89 euros au lieu de 29,99 euros), PlayStation 5 et Xbox Series.

Still Wakes the Deep : un huis clos déconseillé aux claustrophobes

On termine cette petite sélection par un véritable uppercut, asséné par le studio The Chinese Room, studio indépendant britannique à qui l’on doit Amnesia: A Machine for Pigs (2013) et Everybody’s Gone to the Rapture (2015), deux références du jeu d’horreur narratif. Still Wakes the Deep est leur dernier jeu en date, sorti le 18 juin 2024, et il n’a pas pris une ride depuis.

Fidèle à lui-même, le studio nous a pondu ici un titre où vous êtes la victime : vous y incarnez Caz McLeary, un ouvrier écossais coincé sur la plateforme pétrolière Beira D en 1975, au moment où un forage réveille une entité lovecraftienne dans les profondeurs. Ne cherchez pas d’arme ou d’inventaire, vous n’avez rien en votre possession ; contentez-vous de courir pour traverser des passerelles branlantes et des salles exiguës envahies par une immonde matière organique.

Visuellement à couper le souffle, la force du jeu réside également dans sa narration et l’écriture de son scénario, portés par des personnages au doublage parfait, tous affublés d’un accent écossais à couper au couteau.

La direction artistique est suffocante à souhait : au fil de votre progression, la plateforme pétrolière pourrit de l’intérieur, ses couloirs se couvrent d’excroissances de chair putréfiée et vos collègues se transforment en abominations. Un charnier lovecraftien où la terreur vous tord les boyaux.

L’aventure se boucle peut-être un peu trop rapidement à notre goût puisqu’il ne faudra que six heures pour en voir le bout, mais l’histoire le justifie amplement et les scénaristes de The Chinese Room sont connus pour maîtriser l’art du sprint narratif qui vous laisse totalement vidé.

Son seul bémol : Still Wakes the Deep est comme un train fantôme ; vous êtes sur des rails du début à la fin, embarqué dans un long couloir narratif sans embranchements, aussi brillamment mis en scène soit-il. Le jeu est disponible sur Steam (seulement 8,74 euros au lieu de 34,99 euros hors promo d’Halloween), PlayStation 5 et Xbox Series.

Voilà, vous avez désormais de quoi meubler votre bibliothèque virtuelle pour fêter convenablement Halloween dans quatre jours. Si les gros studios continuent de nous pondre de très bons AAA d’horreur (Silent Hill 2 Remake, Alan Wake 2, Dead Space Remake, Resident Evil 4 Remake), n’oublions pas de célébrer la scène indépendante, car c’est bien elle qui porte le genre à bout de bras. Si vous hésitez, commencez par Crow Country ou Pacific Drive, les deux plus accessibles de notre sélection. Vous pouvez ensuite monter d’un cran avec Silver Pines ou Tenebris Somnia si vous le sentez. Et si vous faites partie de ceux qui prétendent que les jeux vidéo ne font plus peur, lancez Still Wakes the Deep seul dans le noir à deux heures du matin : on en reparlera. Quoi qu’il en soit, prévenez vos potes ou votre famille : votre soirée de samedi est prise, pas la peine de vous déranger pour aller boire des pintes de bière tièdes à dix balles ou pour vous entasser dans un appartement trop petit pour une soirée costumée.

  • Voici notre nouvelle sélection de 5 jeux vidéo indépendants pour Halloween, alliant créativité et frissons.
  • Parmi les titres, Silver Pines et Tenebris Somnia se démarquent par leur atmosphère immersive et leur gameplay unique.
  • Ces jeux, disponibles à des prix réduits sur Steam, offrent une alternative aux productions AAA pour une soirée d’horreur réussie.

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