Flowcarbon, une start-up spécialisée dans la technologie blockchain, vient de lever 70 millions de dollars. La levée de fonds a été chapeautée par a16z crypto, une firme de capital-risque spécialisée dans les devises numériques. Des investisseurs renommés du secteur de la technologie ont répondu à l’appel. C’est notamment le cas de Samsung Next, une branche du groupe sud-coréen dédiée à l’investissement.
Pour récolter des fonds, la start-up a également émis son propre jeton, le Goddess Nature Token (GNT). Le token de Flowcarbon a été déployé sur la blockchain Celo. Grâce à l’émission de la cryptomonnaie, la firme américaine est parvenue à recueillir 38 millions de dollars. Les 32 millions de dollars restants ont été fournis par les investisseurs.
Révolutionner le marché du crédit carbone
Dans un communiqué, Flowcarbon s’engage à utiliser les millions de dollars récoltés pour mettre au point une plateforme d’échange de crédits carbone qui s’appuie sur la blockchain. Grâce aux atouts de cette technologie, sur laquelle reposent la plupart des cryptomonnaies du marché, la start-up espère « conduire des milliards de dollars directement vers des projets qui réduisent ou éliminent leurs émissions de carbone ».
Pour y parvenir, Flowcarbon va tokéniser les « crédits carbone certifiés » du monde entier. Concrètement, la start-up propose de numériser les crédits carbone et de les inscrire sur le réseau blockchain. Cette approche devrait permettre d’éviter les fraudes en profitant de la résilience de la chaîne de blocs.
La start-up précise que chaque token GNT est adossé à un crédit carbone, de la même manière qu’un stablecoin comme l’USDT s’appuie sur une réserve de dollars américains. Sur la plateforme imaginée par Flowcarbon, les porteurs de projets pourront directement échanger des crédits carbone avec des acheteurs. La start-up assure que les crédits carbone derrière le GNT sont triés sur le volet : « GNT est soutenu par un ensemble de crédits certifiés émis au cours des cinq dernières années à partir de projets basés sur la nature ».
Le retour du couple Neumann
Derrière cette start-up exploitant la technologie blockchain, on trouve notamment Adam Neumann. L’entrepreneur israélo-américain est surtout connu pour avoir co-fondé WeWork. Spécialisée dans les espaces de coworking, la startup valorisée à 47 milliards de dollars a frôlé la faillite. Dos au mur, WeWork a été contrainte de licencier une partie de ses salariés.
Adam Neumann et son épouse Rebekah Neumann sont considérés comme les principaux responsable du naufrage de WeWork. Dans une tentative de se réinventer, le couple s’est investi dans le développement de Flowcarbon. Les Neumann ont apparemment participé à la création de la start-up blockchain, bien que la gestion de l’entreprise soit laissée à Dana Gibber, autre co-fondatrice du projet.
Interrogé par le Financial Times, Adam Neumann explique avoir recruté les autres co-fondateurs avec l’aide de sa femme. Le couple a également eu l’idée d’utiliser le mot anglais « Flow » (qui signifie « état de flux » en français) dans le nom de l’entreprise.
« Quand nous pensons à l’environnement, nous pensons à nous-mêmes, nous pensons à l’harmonie entre nous et les autres, nous voulons nous laisser couler. Et je pense que quelque chose que nous avons tous appris pendant le corona, c’est que nous voulons tous être dans cet état de flux », explique Adam Neumann. Après avoir voulu réinventer l’espace de travail collectif, va-t-il parvenir à révolutionner le secteur des crédits carbone ?
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Existe déjà. Cf: KLIMA DAO.
“d’échange de crédits carbone” n’est que du green-washing.
Faire du crédit carbone avec une chaine de bloc qui est un gouffre énergétique (même en version dite “allégée” en preuve d’enjeu) n’est rien d’autre que du pipeau écolo pour gogos 😉