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Edito : pourquoi nos produits tech préférés vont devenir de plus en plus nuls ?

Beaucoup de produits tech qui sortent en 2026 sont moins bons que leurs prédécesseurs de 2025. Non seulement il y a une raison à cela, mais il va en plus falloir s’y habituer.

La tech est un monde simple. Chaque année, un produit annoncé par une marque, que ce soit un PC, un téléphone ou même une console, est censé être meilleur que le modèle précédent. Meilleur processeur, meilleur écran, meilleures performances… Meilleur ! Meilleur ! Meilleur ! C’est la logique même du marché. Toutefois, ce marché est en train de perdre la boule. Les produits tech qui sortent en 2026 sont parfois moins bons que ceux de 2025, et il va falloir s’y faire.

Prenons un exemple concret : les Xiaomi Redmi Note. Ces smartphones sont un pilier de la stratégie du constructeur chinois. Ce sont des téléphones presque premium, avec un beau design, un appareil photo performant et un processeur relativement puissant, le tout pour un tarif très abordable. Ce sont les best-sellers de la marque, qui doit soigner sa copie pour convaincre. Pourtant, les Xiaomi Redmi Note 17, annoncés il y a quelques jours, sont moins bons que la version 2025, les Xiaomi Redmi Note 15 (il n’y a pas eu de version 16). Performances revues à la baisse, appareil photo médiocre… l’utilisateur a tout intérêt à se procurer un ancien modèle s’il veut le meilleur. Mais que s’est-il passé ?

Des produits tech de moins en moins bons

Xiaomi n’est pas un cas isolé, loin de là, mais il est symptomatique de la crise que traverse actuellement l’industrie. La pénurie de mémoire fait bondir le prix des téléphones et le constructeur a dû faire face à un choix : soit proposer de meilleurs Redmi Note, mais faire exploser la douloureuse, soit rogner sur tout ce qu’il était possible de rogner pour garder le prix en dessous des 500 euros. C’est la deuxième solution qui a été privilégiée.

Xiaomi Redmi Note 17
Le Xiaomi Redmi Note 17© Presse-citron

Xiaomi n’est pas le seul constructeur à faire face à ce dilemme, que ce soit dans la téléphonie ou ailleurs. Du côté des produits haut de gamme, nous ne voyons plus d’innovations majeures. Pixel 11, Galaxy S26, iPhone 18… tous sont plus chers que les modèles 2025, mais restent pratiquement identiques, comme si les fabricants avaient le frein à main tiré. La crise impacte tout le secteur. La mémoire vive est en effet un élément crucial de nombreux objets technologiques, qu’il s’agisse de smartphones, de consoles, de voitures ou de PC.

Les ordinateurs, justement, subissent de plein fouet cette pénurie. Les barrettes de RAM ont vu leur prix exploser, parfois de plus de 300 % ! Résultat ? Nos machines préférées coûtent de plus en plus cher, frisant des prix absurdes. La parade qu’ont trouvée les constructeurs pour tenter de s’en sortir ? Proposer des ordinateurs clairement moins bons, mais habillés d’un vernis premium. Apple a été le premier du secteur à se lancer sur ce segment avec le MacBook Neo : un châssis en alu impeccable, un visuel soigné, mais une fiche technique d’entrée de gamme, avec notamment seulement 8 Go de RAM (alors qu’en 2025, 16 Go représentaient le strict minimum). Le tout est vendu 699 euros, un prix incroyablement bas. Certes, le Neo est un bon produit, mais sa fiche technique reste sacrifiée. La concurrence s’est très vite engouffrée dans la brèche : Asus, Acer, Dell, Lenovo… tous ont sorti leur « MacBook Neo Like », reprenant cette idée de design premium pour habiller une fiche technique d’entrée de gamme. Un segment porteur alors que le moindre ultraportable haut de gamme dépasse allègrement les 2 000 euros.

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Le Macbook Neo © Presse-citron

On peut d’un côté se féliciter de la naissance de ce segment, mais aussi s’inquiéter. Il est en effet le signe d’une paupérisation du monde du PC, qui recule sur les performances. Certes, ces machines sont suffisantes pour de la bureautique simple, mais il ne faut pas se bercer d’illusions : si macOS gère encore bien les 8 Go de RAM, c’est un peu plus compliqué pour Windows 11, qui a été pensé pour être plus gourmand en ressources. La moindre tâche un peu complexe devient difficile. Nous pensions que nos PC allaient devenir plus performants tout en baissant de prix. C’est tout l’inverse.

Enfin, parlons d’un secteur qui ne peut rogner sur les performances : les consoles. Ces dernières disposent de configurations préétablies depuis 2020 et, par souci d’harmonisation, ne peuvent pas faire baisser leur quantité de RAM d’une version à l’autre. La conséquence, c’est l’augmentation drastique de leur prix de vente. La PS5 (Digital Edition), vendue 399 euros à son lancement, est maintenant affichée à 649 euros ! La Xbox Series X est passée de 499 euros à 799 euros ! Et ce n’est pas mieux pour les nouvelles arrivantes, la Steam Machine de Valve dépassant les 1 000 euros à l’achat. Aïe.

Test PS5 Pro
© Robin Sabbadini pour Presse-citron

La coupable de tout ce marasme ? L’intelligence artificielle

Le souci, c’est que le marché est bien parti pour rester un petit moment dans cette dynamique. La cause est évidemment l’essor de l’intelligence artificielle. Les géants du secteur continuent de pousser cette technologie, qui nécessite des ressources considérables en eau, en électricité, mais aussi en mémoire vive ! Par souci de rentabilité, les fabricants historiques (Micron, SK Hynix, Samsung) ont réorienté leur production vers la HBM (High Bandwidth Memory) pour favoriser les géants de l’IA, délaissant ainsi le marché grand public.

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© Presse-citron

Cette situation est bien partie pour durer. Chen Li-Bai, président de la firme taïwanaise ADATA, spécialisée dans les composants informatiques, se veut même très pessimiste, suggérant que la crise pourrait durer dix ans. L’ère des produits tech toujours plus performants et moins chers est donc bel et bien de l’histoire ancienne… pour le moment. Le problème, c’est que dans notre monde actuel, nous avons tous besoin d’un PC ou d’un smartphone. Ce n’est pas un luxe ! Sans eux, impossible de payer des impôts, d’avoir un compte bancaire (avec la double authentification), d’accéder à des soins médicaux, de voyager… Et puis, il faut bien un terminal pour utiliser l’IA qui nous cause tant de soucis, non ?

Pc14 (6)
© Presse-citron

Il va donc falloir faire un choix : dépenser de plus en plus d’argent (pour le peu qu’il nous en reste !) dans des produits absurdement chers, ou opter pour des modèles de plus en plus médiocres. On nous a vendu la tech comme une fuite en avant, mais elle a finalement opéré un demi-tour brutal.

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